‹ Traite de chirurgie, publie sous la direction de MM. v.8, 1892 (volume 3)Chapitre 79 sur 108 · ENCHONDROHES DIS FOSSES NASALES · texte numérisé non relu

ENCHONDROHES DIS FOSSES NASALES

Ces tumeurs sont fort rares, et les deux observations que nous avons sous les yeux ne suffisent pas pour tracer un tableau clinique de cette affection.

Moldenhauer [toc, cit., p. 166) a observé une fois et opéré un enchondrome des fosses nasales. Son point de départ était sur la portion cctrtiltigineuse ; il s*était accru des deux côtés, gagnant le plancher des fosses nasales, et formait une tumeur considérable. Il s'agissait d*un garçon de café, de vingt-cinq ans, qui avait remarqué que l'aile gauche de son nez et la partie avoisinante de la lèvre supérieure grossissaient peu à peu ; il respirait difficilement par le nez, et cette grosseur le gênait beaucoup pour son métier, parce qu'elle le défigurait. La tumeur reposait, par sa base à limites plutôt diffuses, sur le plancher de la fosse nasale gauche, et sur la partie antérieure et inférieure de la cloison : elle était dure, insensible, bosselée. Pour l'enlever, Moldenhauer dut fendre la lèvre supérieure, et élargir l'orifice nasal gauche en détachant l'aile gauche du nez par une incision dans le pli naso-labial. Avec les ciseaux et le bistouri il détacha la tumeur, qui se laissa séparer difficilement de la couche sous-jacente. L'hémorrhagie fut abondante. La tumeur était formée dans sa totalité par du tissu cartilagineux.

Récidive six mois après, du côté de la fosse nasale droite. Moldenhauer en pratiqua l'ablation de la même façon.

Morestin a communiqué à la Société de chirurgie, dans sa séance du 13 juillet 1888, un fait intéressant d'enchondrome des fosses nasales. Une jeune fille de quinze ans entre à la Pitié le 15 juillet 1888, dans le service de Vemeuil, pour une tumeur de la région du sinus maxillaire gauche, grosse comme le poing d'un adulte, et s'étendant de la crête nasale jusqu'à 3 centimètres au-devant du conduit auditif externe, et dans le sens vertical, depuis la racine du nez jusqu'à l'arcade dentaire, qu'elle déprime. En haut, l'orbite est comblé, l'œil gauche est repoussé en haut, en dehors et en avant ; il y a de l'exorbitisme. La vision est peu troublée.

La fosse nasale gauche est complètement obstruée. La peau est saine; la sensibilité normale.

Pas de douleurs, pas d'hémorrhagies, pas de vertiges, ni de céphalalgie.

L'ablation de la tumeur fut pratiquée le 23 juillet : les suites en furent très simples : la tumeur s'implante sur la lams criblée de Vethmoïde, Histologiquement c'est du chondrome pur dont les cellules sont en voie de prolifération extrêmement active. Il faut également remarquer ici la persistance de la vision malgré l'élongation du nerf optique, et la persistance de la sensibilité des téguments au niveau de la tumeur, malgré la disparition du nerf sous-orbi taire, ce que Tauteur attribue à la sensibilité récurrente?

SaO MALADIES 0S8 F063B8 JHàBAUB».

PâPILLOMES BBS PUSSES HASAUtt IBTPEIlfEfiraiV ^APIUOHâTI^

On éprouve on grand emli^rras à grouper lou» les . fidto de papOkHnette fosses nasales. Faut-il. les décrire comme de véritables iuineim, des p^llomes vrais, et. les considérer comme. des fUkrmneê avec Virchovf, ou ae.wr dans cette lésion qu'une hyperêrcphie^qu*nae végéUMon populaire le- résultat d'une imlaUon de la moqueuse, mtrvmemi pendani la au danslapériode des aft^*aliotisséiiîte(Th06t, DetOé, med* Wock.^ nf SI, IM).

Cette manière de voir, que nous adoptons, est conforme aux oonei^lifNS artuelles de l'histologie (■), et concorde avec les. résultats des exanMOS ■bos* scopques pratiqués par Moure, Ruault et Ç^atellier (*}. . iJnsi s'ex{^quent les aspects divers de ces producUons, leur siège variaUii leur disparition spontanée, ou leur repullulati<m, leur bénignité, puisqu'clBi ne, se généralisent jamais.

Les hypertrophies papiUomateuses assez comparables aux papille chou-fleur (crête d€f coq) des organes génitaux, sont isolés, le plus multiples ; elles ont un autre siège que les polypes muqueux : on les surtout sur la muqueuse qm tapisse le méai inférieur; <m les voit anan srit isolés, soit en groupe sur la face inférieure du cornet inférieur^ là où son eaimh lement commence : en s'accroissent, ils s'étalent dans le méat inférieur. La po^ tion opposée de la cloison, le cornet moyen dans sa portion antérieure (Ruaolt} ou postérieure (Moldenhauer), peuvent également être le siège d*un nid de végétations papillaires.

Leur localisation dans une des fosses nasales est assez fréquente, coDl^aif^ ment à ce qui existe pour les polypes muqueux.

Ces végélalions sont petites, et leur volume n'égale pas celui des j)olypf« muqueux; cependant elles peuvent être de très belle taille (Moldenhauer'. avoir le volume d'un œuf de poule (Gompez [de Vienne], in Monalschr. f Ohrenheilk^ 1889, n° 2, p. 25), avoir les dimensions d'une grosse mûre (Noquel [de Lille], Société française d'olologie et de laryngologie. Session annuelle. 10 mai 1889), etc.

Ces hypertrophies papiUomateuses donnent lieu à trois sortes A'accidenU: des hémorrhagies, du suintement séro-purulenty des phénomènes de gêne ei d'obstruction des fosses nasales, pour lesquels les malades viennent réclamer les soins du chirurgien. A l'examen, on constate que l'une des fosses nasales

(*) Quénu dans son remarquable article sur les tumeurs (voy. t. I, p. 352) ne range p*» les p ipillomes parmi les néoplasmes. L'hypertrophie papillaire n*est qu*unc lésion banale occasionnée par une irritation du derme, tantôt simple, tantôt de nature sepiique, unilente, parasitaire ou non...; ce qui a pu donner le change sur leur nature véritable, c'est que parfois sur un papillomc il se développe un épithélioma, mais la même transformaUoo ne s'opèrc-l-elle pas au niveau des cicatrices, et de tous les points de la peau qui soot irrités chronicjuemcnt?

{*) Ces autours rattachent ces masses papiUomateuses à des rhinitet hyperlrophiqua circonscrites, à des hypertrophies myxomateuses (Société française d*otologîc et de lanigologie, session annuelle, 10 mai 1889).

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