DES TUMEURS ADÉNOÏDES DU PHARYNX NASAL
Le tissu adénoïde csl réparti dans le pharynx nasal, au niveau de la voûte {amygdale de Lusc/ika), sur la face supérieure du voile palatin, et dans les trompes {amygdale tubaire); enfin, il peut s'étendre dans l'épaisseur de U muqueuse du comel inférieur (voy. fig. 277, p. 763).
L'anatomie normale du pharynx nasal était connue depuis les descriptio» de Lacauchie (1853), de Ch. Robin et surtout de Luschka en J868.
A. Wilhem Meyer {') (de Copenhague) revient le mérite d'avoir reconna l» fréquence extrême de cette affection et de l'avoir étudiée d'une maniire complète. En 1879, Lœwenberg publiait, à Paris, une excellente moQognpliie sur les tumeurs adénoïdes.
1 ier Naten-Raekmhôle. la Arch. fiir Ohr«nA«iUm*,
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masses adénoïdes, et où elles sont situées; il renouvelle les coups de pince, jusqu'à ce qu'il ne sente plus rien avec le doigt.
« L'opération, en elle-même, est alors terminée. On passe aussitôt successivement dans le pharynx nasal quatre ou cinq tampons d'ouate imbibés de solution phéniquée, au 20^, puis exprimés fortement, tampons portés sur des pinces à pression, de courbure convenable. »
Complications de V opération. — Deux complications sont possibles (*), quoique exceptionnelles : ce sont :
4* L'hévwrrhagie;
2* Les accidents infectieux ou infla/mmatoires {pharyngites, amygdalites, otites suppurées).
\^ Hémorrhagie, — La perte du sang est constante après toute opération, en raison de l'extrême vascularité des masses adénoïdes, mais cette hémorrhagie primitive, en nappe, n'a en général inen d'excessif : il n'en est pas de même des liémorrhagies consécutives ou secondaires, signalées par Bryson Delà van {*).
Cartaz a pu réunir une dizaine de cas, dans lesquels une hémorrhagie inquiétante, tenace, a suivi, à quelques heures, ou à quelquesjours (huit jours), une opération, faite dansjes conditions les plus régulières.
Hooper(*) pense que la blessure de la paroi postérieure, du voile, ou une autre partie de la muqueuse saine, peut entraîner une hémorrhagie tenace et gênante : Cartaz admet encore que Vhémophilie, la cofisistance fibroïde des twneurs, la coïncidence fâcheuse de V opération avec la période menslimeile, une inflammation récente de V arrière-gorge favorisent l'hémorrhagie et y prédisposent.
Calmettes pense que ces hémorrhagies sont surtout à craindre lorsque Vopération est incomplète, lorsque les masses adénoïdes ont été fragmentées, et non complètement enlevées.
Pour arrêter V écoulement sanguin, on aura recours aux irrigations des fosses nasales, avec de l'eau très chaude, ou au contraire glacée. Cette eau pourra être chargée d'un astringent (alun, tannin, acide gallique). L'eau de Pagliari est un des meilleurs liquides à employer dans ce cas.
Si ce moyen ne suffit pas, on introduira directement dans r arrière-cavité des fosses nasales, avec une pince pharyngée, un tampon d'ouate antiseptique, chargé d'une solution forte de cocaïne, d'extrait soluble de ratanhia ou de tout autre styptique, non caustique. Ces différents moyens d'hémostase ont suffi, jusqu'à ce jour.
2*» Accidents infectieux et inflammatoires.
Uérysipèle (Wendt, Michel), -la fièvre traumatxque (iMoldenhauer), Votite moyenne, V angine {^), ont été observés après les opérations sur le pharynx nasal : il s'agit le plus souvent A'a^ccidents infectieux, dont on se préservera par une antisepsie pré-opératoire (gargarisme et pulvérisations nasales), opératoire {surveillance des instt^uments) et post-opératoire.
(*) Cartaz, De quelques complications de Vopération des tumeurs adénoïdes du pharynx nasal. Paris, 1890.
(*) Enlargement of adenoid tissue in the pharynx. New-York med. Journ., 12 octobre 1889.
(') Adenoid végétations in Children. Boston med. Journ., 15 mars 1888.
(•) RuAULT, Des angines infectieuses consécutives aux opérations intra-nasales. In Ardi. de laryngol.j 1889.