DIFFORMITÉS DU PHARYNX NASAL
ou par une incisure plus ou moins profonde, et plus ou moins régulière. — Cette portion est amincie, et donne lieu à une cicatrice marginale, linéaire, sous forme d*une bandelette nacrée.
2« Ulcère perforant. — Il occupe fréquemment la ligne médiane : il peut alors affecter le voile ou la voûte ; dans quelques cas rares, il siège au-dessus de Tun des piliers : le contour de la perte de substance est formé par un bord mince et nacré.
La perte de substance forme quelquefois une sorte de canal creusé à travers toute Tépaisseur des parties molles et du squelette osseux, comme si une portion de la voûte avait été détachée à remporte-pièce.
3*» Division en rideaux. — Quand une perforation s'est produite au voisinage du bord libre du voile, ou d'un pilier, et que, par ses progrès, elle s'étend jusqu'à ce bord même et en interrompt la continuité, ou bien lorsqu'une incisure profonde du bord libre va se continuer avec une perforation, le voile du palais se trouve partagé en deux lambeaux flottants, qui tendent à s'écarter l'un de l'autre, à la manière de deux rideaux.
Le voile, partagé par cette division profonde, n'est plus susceptible de reprendre ses caractères de l'état normal : l'écartement que les muscles tendent à produire, ici, comme dans les divisions congénitales, s'exagère sous l'influence du retrait cicatriciel, et l'isthme du gosier présente, au lieu du cintre régulier, qu'on lui connaît, une ogive très aiguë : tout le contour est marqué par une ligne fibreuse, et très souvent des cicatrices plus ou moins profondes couvrent les parties voisines du voile.
II. Adhérences vicieuses. — Les adhérences du pilier ou du voile avec la paroi postérieure du pharynx s'observent fréquemment (lupus, syphilis).
Le pilier adhérent est le plus souvent porté en dedans, étalant ainsi la loge amygdalienne : mais il peut être, au contraire, caché derrière le pilier antérieur : l'excavation est alors complètement masquée.
Dans le cas de fusionnement du voile avec la paroi postérieure du pharynx, le voile forme un rideau transversalement tendu d'avant en arrière : il ne reste, entre lui et la paroi postérieure, qu'un orifice, dont le diamètre peut ne pas dépasser celui d'une plume d'oie, d'une aiguille à tricoter, ou s'effacer m(^me complètement ; les fosses nasales n'ont plus alors de communication avec la gorge. (H. Paul de Breslau, Arch. f. klin. Chir., t. VII, p. 119, et Arch. gén. de méd., 1865. — Isambert, Soc. méd. des hôp., 1871, Mém. p. 107. — Fougères, Thèse de Paris, 1871, n«>37. —G. Homolle, loc. cit.).
Nous n'avons pas à insister sur l'influence fâcheuse que des adhérences aussi étendues exercent sur Y audition, Vol faction, la voix et la respiration.
La staphylorraphie peut remédier à certaines de ces infirmités, de même qu'il sera quelquefois possible de libérer les adhérences du voile à la paroi postérieure du pharynx; mais, malgré ces tentatives opératoires, le timbre de la voix est à jamais perdu.
Ces opérations ne doivent jamais être tentées, avant la cicatrisation complète des ulcérations.
Traité de chirurgie. — IV. 58
914 MALADIfiS DES SINUS.