KYSTES DES SINUS FRONTAUX. — HYDROPISIE ENKYSTÉE
Sous ce nom, il faut entendre une accumulation de liquide nonpunUeni^ dans l'intérieur de la cavité du sinus.
Ge liquide est tantôt le produit de la sécrétion glandulaire, parfois il' est constitué par du sang; dans des cas exceptionnels^ c'est du liquide hydatique; aussi pourrait*on distinger des kystes glandulaires, des kystes hématiques et deê kystes hydatiques,
La collection liquide glandulaire, se forme dansdeux conditions différentes : tantôt il y a amoncellement de mucosités, comme disent les Allemands, par suite du produit de sécrétion : il suffit pour cela que le conduit du sinus frontal soit bouché par une sécrétion visqueuse {coryza, ozène, néoplasme), ou oblitéré par un tissu de cicatrice (plaie, guérison d'un abcès) ; tantôt il s'agit d'un véritable kyste, développé aux dépens d'une des nombreuses glandes du sinus, dont le conduit d'excrétion est oblitéré.
Les kystes glandulaires ne sont pçs fréquents, et Martin, dans sa thèse, n'a pu en réunir que 10 observations.
Les hématomes du sinus ou kystes hématiques, succèdent à des traumatismes. Steiner, Larrey en ont cité des exemples incontestables.
Les kystes hydatiques observés par Langenbeck, Robert Keate, etc., ont déjà été étudiés avec les tumeurs crâniennes (voy. vol. III, p. 592); nous n'y reviendrons pas.
Les différentes variétés de tumeurs liquides ont une symptomatologie à peu près identique, et qui ne diffère de celle de l'empyème que par Yabsence des phénomènes inflammatoires, au début, par la moindre intensité de la douleur, par la marche plus lente.
Il nous semble impossible de pousser le diagnostic plus loin; tout au plus pourrait-on rappeler que, dans les kystes par rétention, il y a au début d'une issue par le nez une assez grande quantité de mucus; rappelons aussi que les kystes hématiques connus ont succédé à un traumatisme,
La ponction exploratrice est ici autorisée pour arriver au diagnostic.
Traitement des collections liquides. — Qu'il s'agisse d'un cmpyème du sinus ou d'une hydropisie enkystée, le traitement est le môme : il faut donner issue à la collection liquide.
L'ouverture du sinus peut se faire : a. par les voies naturelles; b. par la région frontale, médiane.
Nous avons déjà exposé le cathétérisme du sinus frontal et, par un. stylet
(') Panas, Considératiom cliniques sur les abcès des sinus fronlaux, pouvant simulev de» lésions indépendanles de la cavité orbilaire (Soc, opth., 8 mai 1800).
pointu, suffisamment résistant, il sera possible, en s'aidant de la rhinoscopie, de perforer le sinus frontal. Cette voie ntisale convient aux hydropisies du sinus, aux collections suppurées diagnostiquées dés le début, et qui ne s'accompagnent encore que d*une légère dilatation du sinus frontal (voy. p. 763).
Uouverture du sinus par la voie frontale médiane, avec le trépan ou le bistouri, convient aux cas où sa cavité est dilatée, perforée, et t abcès extérieur : l'ouverture doit être large, pour permettre Taccès, dans la cavité, d*une curette destinée à modifier la surface, et l'introduction facile de mèches qui seront utilisées jusqu'à la guérison, car rien n'est aussi fréquent que la récidive.
Les cas particuliers doivent dicter la conduite opératoire : c'est ainsi que Sœlberg Wels, après l'ouverture de l'abcès, introduisit un doigt dans le sinus, un autre dans la narine correspondante, et constata qu'ils n'étaient séparés que par une mince lamelle osseuse. Celle-ci fut ponctionnée à sa partie la plus déclive avec un trocart ; un tube à drainage put être conduit à travers la foss^" nasale correspondante, et servit à pousser des injections détersives, qui ne tardèrent pas à amener une guérison complète (Duplay).
Duplay nous apprend encore que Riberi, pour faciliter l'écoulement d'un
abcès orbitaire, enfonça la lame carrée de l'ethmoïde dans sa partie la plus
éclive, de manière à donner issue dans les fosses nasales au liquide de l'abcès.
M. Panas, dans un cas d'empyème du sinus frontal qu'une ouverture orbitaire ne guérissait pas, a trépané la paroi antérieure frontale du sinus, et cathétérisé le sinus par l'infundibulum, par un cathétérisme de haut en boi^ rétrograde, dans les fosses nasales, avec un cathéter recourbé spécial de Collin. Drain par l'orifice frontal et la narine (^).