FISTULES DU SINUS FRONTAL
Elles sont distinguées en fistules traumatiques et fistules spontanées.
Les fistules traumatiques peuvent succéder aux plaies, fractures, corps étrangers de la région frontale.
Les fistules spontanées se développent à la suite d'une lésion osseuse, d'origine tuberculeuse ou syphilitique; elles peuvent aussi éire symptoma tiques d'wwe tumeur, primitivement développée dans le sinus et qui, après avoir perforé une de ses parois, apparaît à l'extérieur.
Une variété très rare de fistule est celle qui succède à la déchirure spontanée du sinus, et peut accompagner la variété frontale de pneumatocèle du crâne [cas de Jarjavay], (voy. t. III, p. 598).
Le siège de ces fistules esi médian ou latéral, répondant dans ce dernier cas à la paroi interne ou au rebord supérieur de Vorbite. Ce siège, au niveau de Vangle supéro-exlerne de Vovbile, différencie les fistules du sinus, des fistules dues à une affection de l'orbite, qui sont orbito -malaires (Panas).
(•) A. GuiLLEMAiN, Arch, d'ojo/i/A., janvier 1891 (en cours de publicaUon) : Abcèi desiinus frontaux etc.
fistuij:s des sinus frontaux. 9S1
Symptômes. — La plaie qui représente Torifice extérieur de la fistule est déprimée en cul de poule, adhère à los par ses bords et laisse écouler un liquide muco-purulent plus ou moins abondant.
Uédiappement de gaz par la fistule en est le signe pathognomonique ; cette issue de Tair atteste, en effet, la communication de la plaie avec les fosses nasales. Si la communication est large, Tair sort à chaque mouvement d'expiration forcée, et surtout lorsque le malade se mouche ; dans d'autres cas où l'air ne s'échappe pas facilement, on voit sortir de la fistule un liquide mélangé de bulles d'air.
Mais il ne faut pas compter absolument sur ce signe, car Yélroitesse du trajet fistuleux, son parcours tortueux, et enfin V oblitération de l'infundibulum, peuvent s'opposer à l'issue de l'air nasal.
Dans ces cas, le siège régional de la fistule, son cathétérisme avec un stylet qui conduit dans le sinus, permettent d'arriver au diagnostic.
Toute fistule étant symplomaiique, il faut toujours en rechercher la cause première; ce que nous avons déjà dit de l'origine de ces fistules nous dispense de plus longs détails.
Traitement. — M. Duplay a bien posé toutes les indications du traitement : c On préviendra, dit-il, la formation d'une fistule traumatique du sinus frontal en enlevant les corps étrangers, les esquilles, puis en pressant avec soin la plaie, dont on rapprochera les bords en les comprimant. Si, malgré ces moyens, il s'établissait une fistule, il n'y aurait pas d'autre moyen que de pratiquer une opération auto plastique pour en amener l'oblitération.
c Pour les fistules spontanées, le traitement comporte plusieurs indications. Il faut d'abord obtenir la guérison de la maladie qui a déterminé la fistule. S'agit-il d'une perforation résultant de la nécrose syphilitique de la paroi du sinus, un traitement spécifique devra être prescrit, et il suffira quelquefois de l'emploi de ce moyen, joint à l'usage répété d'injections nasales, pour amener la guérison : c'est ainsi que j'ai pu l'obtenir dans un cas de fistule du sinus frontal d'origine syphilitique.
« Si la persistance de l'ouverture anormale est entretenue par l'oblitération de l'orifice qui fait communiquer le sinus frontal avec les fosses nasales, on devra ne pas hésitera créer une voie artificielle aux produits accumulés dans le sinus et leur donner issue dans le nez en perforant la lame criblée de l'ethmoïde. Ce moyen suffira souvent encore pour amener graduellement le resserrement et la cicatrisation de la fistule extérieure.
« Enfin, après avoir constaté que la persistance de cette dernière ne tient ni à une altération de l'os, ni à la présence d'un corps étranger, ni à une rétention du liquide par suite du défaut de communication avec les cavités nasales, le chirurgien n'aura plus d'autre moyen, pour oblitérer la fistule, que de pratiquer l'avivcment de ses bords pour les réunir ensuite, ou, si elle est trop large, de combler la perte de substance avec un lambeau autoplastique » (*).
(*) Duplay, Pathologie externe, l. III, p. 885 el 886.