‹ Traite de chirurgie, publie sous la direction de MM. v.8, 1892Chapitre 11 sur 236 · CONTUSION SUPERFICIELLE · texte numérisé non relu

CONTUSION SUPERFICIELLE

Elle mérite à peine une description spéciale. Nous retrouvons ici les lésions de la contusion telles qu'on les observe partout. On peut seulement signaler l'existence, particulièrement au niveau des parties inféro-latérales du thorax, des grands épanchements séro-sanguins décrits par Morel-Lavallée, plus communs à la région lombaire et à la partie externe et supérieure de la cuisse.

Dans le premier moment on observe quelquefois, en dehors de toute lésion appréciable soit du côté des parties profondes, soit même dans la paroi, un véritable collapsus avec tendance à la syncope, pâleur du visage, affaiblissement du pouls. Meola Felice a bien décrit ces accidents sous le nom de commotion thoracique (Virchoivs JaJiresbericht 1879, Bd. II, p. 405). Une observation jusqu'ici unique de Nélaton (Éiéments de pathoL chir., l'« édition, t. III, p. 495), nous montre un homme succombant immédiatement après une contusion simple

qu'il se fit en tombant violemment sur le sol de sa hauteur. Ce que nous

savons des morts subites produites par des coups reçus dans Tabdomen et surtout au niveau de Tépigastre nous permet de croire à la possibilité d'un pareil accident. Nous n'admettrions cependant le fait comme démontré qu'après une autopsie minutieuse dans laquelle les centres nerveux, en particulier, auraient été l'objet d'un examen complet.

La symptomatologie offre un phénomène spécial que l'on pouvait prévoir, étant données la fréquence et l'importance des mouvements respiratoires du thorax : c'est une douleur qu'exaspèrent tous ces mouvements. Le blessé, par suite, respire avec peine, à petits coups. Cette dyspnée persiste un temps variable ; elle diminue avec la douleur qui Ta provoquée à mesure que disparaissent profondément les traces de la contusion. Vers la fin, on ne la constate plus que pendant les mouvements brusques et rapides de la toux et de l'éternuement.

Le diagnostic de la contusion superficielle de la poitrine est surtout un diagnostic d'exclusion. Il s'agit avant tout de voir si le squelette du thorax n'est pas atteint, ou s'il n'existe pas une contusion des organes intrathoraciques. Ce dernier point n'est pas toujours facile à établir dès les premiers moments, ainsi que nous le montrerons dans les chapitres suivants.

La rupture des muscles thoraciques, et particulièrement celle du grand pectoral qui est presque uniquement observée, se caractérise par des signes propres : épanchement sanguin entre les extrémités rompues, écartement et augmentation de volume de ces parties pendant la contraction musculaire.

Le traitement ne comporte aucune indication particulière; mettre le malade au repos pour lui éviter tout mouvement inutile, calmer la douleur et la dyspnée au moyen de quelques ventouses scarifiées et surtout par quelques injections de morphine, surveiller étroitement le blessé pour reconnaître de bonne heure une contusion profonde qui aurait passé tout d'abord inaperçue; c'est à cela que se borne le rôle du chirurgien.

Les organes contenus dans les diverses cavités du corps peuvent, on le sait, subir à travers les parois de ces cavités des violences plus ou moins considérables.

La masse encéphalique est sujette aux contusions par contre-coup. Elle vient, en vertu de son propre poids, s'écraser elle-même sur un des points de sa boîte osseuse.

Les viscères de l'abdomen nous montrent des lésions d'origine plus variée.

Relativement mous et friables, le foie, la rate, le rein, peuvent se trouver écrasés par la pression directe d'un corps contondant. Une anse intestinale peut être sectionnée entre la colonne vertébrale et un objet vulnérant comme le sabot d'un cheval; la vessie, la vésicule biliaire, l'intestin distendu, peuvent éclater sous' une poussée violente; une traction exercée sur les deux extrémités d'un viscère allongé peut le déchirer.

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Dans ]a cavité Ihoraciiiiic presque aucun organe n'échappe aux lésions de la eontiisiou. Le poumon el la plèvre sont le plus souvent atteints; mais la tra* vhée et les bronches, le péricarde et le cœur, Taorte, rœsopliage lui-nir^me ont été trouvés plus ou moins rompus. I>e mécanisme de ces diverses lésions nest pas toujours facile à élahlir. Assurément on ne peut pas parler ici de ces contrecoups qui cxpliqueul si bien les contusions encéphaliques ; mais Fécrasement direct, la section, réclaiement, la déchirure pnr Iraclion y jouent chacun leur riMe et sans doule combinent leurs efVels.

L action des corps conlondanis sur les parties profondes s'exeree parfois €isnB que la paroi thoracitpie subiî?se la moindre lesioiK Mais souvent la ciige thoracique présente des fractures plus ou moins nombreuses. Au fond, le pliénoméne est le même, en ce qui concerne les orj^anes profonds. On comprend que le premier cas ait frappé davantage l'esprit des observateurs.

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