A. — ENVELOPPES DE LA HERNIE
^H La distinction pathogénique admise par les auteurs anciens, nettement for- P»fiUe par Ilélîodore, suivant laquelle les hernies se développent lanlÀl [^ar la ï ropiure (k7.tx ^r^h^*), tantôt par l'élongalion (xaxi ètt£xt3l<tiv) du péril oi ne, se retrouve jusque dans les écrits de Roussel; Arnaud, Garengeol, Hichler luimême ont conservé, tout en la considérant eoninie exepHonnelle, la catégorie des hernies par déchirure du péril oine. Niius savons aujourdliui que les organes qui prennent part au déplacement, lorsqu'ils sont pourvus d'un revôtement péritonéal complet, refoulent toujours devant eux la séreuse pariétale, ; qui constitue de la sorte renveloppe la plus prol'onde et la plus constante de la hernie.
La laxilé du tissu cellulaire tjui double le péritoine lui permet de glisser sur I les plans fibreux et musculaires de la paroi abdoruinale dont il tapisse la face interne et de se laisser entraîner ou refouler^ par la pression des viscères, au ^^ravers du trajet herniaire cl jusque dans les régions les plus superficielles* ^H«e sac herniaire, ainsi constitué par la locomotion dit prriloine, représente, F ^dans les hernies ordinaires conqilètes, une sorte de bourse dont le fond est tourné du côté de la peau, et dont rorifice rétréci se continue, au travers des orifices herniaires, avec le péritoine abdominaL Cette continuité du sac berniaire avec le péritoine devient encore plus manifeste quand, par la dissec- (Lion, on sépare la membrane qui le constitue des tissus environnants ; en pourlivant cette dissection au travers du trajet herniaire, on arrive en un point "où le sac se continue avec la séreuse abdominale, Tne traction exercée sur le sac, isolé de la sorte, sulfit alors pour attirer dans le trajet herniaire les portions du péritoine adjacent auxquelles il s attache et dont il se présente alors comme une sorte de diverticule.
Le sac, dans les hernies complètes et présentant une certaine ancienneté, olTre généralement la forme d*une ampoule ou d'une gourde, dont la partie renflée, située à Texlérieur de la paroi abdominale, tantôt globuleuse^ tantôt
hkS
pinforme, tantôt plus ou moins régulièrement cylinilnque, ou stroplemcnl aplatie et étalée sous la peau et sous les enveloppes extérieures de la hemi*», fonslilue ce qu*on nomme le rot^fi du sac herniaire; le fond du sac, qui termine cette partie renflée, en est souvent, mais non pas toujours, la partie la plus superficielle. On donne le nom de troiht, d orifice ou d'embouchure (Arnaud) du sac à la partie rélrécie par laquelle ce dernier se continue, au travers du Irajel et des orifices herniaires, avec le péritoine : c'est la première de ces dénominations qui est actuellement seule employée.
Les henaies récentes ne possèdent pas^ à proprement parler, de collet; Ion qu'on examine, dans les cas de ce genre, la partie du sac qui correspond afl
trajet herniaire, on conslate à niveau un resserrement qui tient!
ce que la résistance des anneau ne permet pas an sac de s'étaJefJ comme il le fait en dehors de ItT paroi abdominale. On observe k la surface interne de celle partie ré* Irécie une série de plis long'itud naux formés par le rroncement di sac, dont Forifice ahdomînal pr sente l'aspect plissé de l'ouvertup d*une bourse dont on aurait ser les cordons (*). Mais si Ton divis les anneaux fibreux, on voit resserrement disparaître et les ptiil en question s'efîacer; la partie du] sac correspondant au pédicule Ji] la hernie reprend alors sensible- J ment les mi^mes dimensions que le corps du sac lui-même. Dans les
hernies incomplètes^ dans les poio* ^
Fie- t!i, — OrilkL* (J'wiït': licriik* ulUitrwtrieu ri^ciMili'. vu par sa fncu përî Uni t'aie. — On voil les plis radium qiip forme lo périloine pour s ifilroduire tj«iis h* Ira jet i4r>y>i pubien^ aundessmia iJe la brauchc liori- ^(irilnlf? fin pnbls, (Demcauji.)
les de hernie surtout, le collet fait le plus souvent défaut, cl la cavité du sac herniaire, en forme de doigldf gant ou de dépression en entonnoir, communique avec le péritoine par un orifice qui en est parfois la partie la plus large.
Dans les hernies anciennes, au contraire, le rétrécissement qui marqu<î cel o ri lice est permanent et ne disparaît pas même lorsqu^on a compléteioeot isolé le sac des parties environnantes; il présente un contour rigide et inrtlensible; c*est dans ces cas seulement qu'il existe, à proprement parler, «f collet.
Structure du sm:. — Le sac herniaire se présente sous la forme d'une m**"' brane, en général assez mince, partout conlînue, mais pouvant présenlcrd?^ épaississcmenls dépendant d'une sorte d'inflammation chronique.
11 est presque toujours entouré d'une enveloppe ceffuh- fibreuse^ beaucoup
(») Un froncis pareil à celui cJ*un tioi|;l de gant que Ton passerait par un ann^a" ^^"^ étroit. (Arnaud,)
CONSTITUTION DE L.V HERNIK.
^ Sis
plus vnsrulîiire et plus épaisse. Celte enveloppe» qui adliorc à sa face externe par de nombreux tractus celluieux et vasculaires, ghI consliluée par une série de couches superposées^ dont la disseclion peut arUflciellemenl mullîplier le nombre et qui sont dues à la distension et au tassement des plans eellulcux et fibreux que la hernie a refoulés devant elle. On Ta considérée à tort comme une seconde couche, couche exfenie ott flbreur^e du sac, par opposition à la couche interne ou séreuse. Cette dernière constitue à elle seule le sac. La couche Obreuse appartient aux enveloppes externes de la hernie; elle peut, ît est vrai, contracter parfois avec le sac propremenl dit des adfiérenccs telles qull est fort difficile de Ten séparer.
La face iniecnc tlu sac présente, dans les hernies récentes, exactement Faspect rie la surfa<*e interne de la séreuse périlonéalc; elle est lisse, égale, blancliAlre ou légèrement rosée. Dans les cas anciens, elle vcmH une colorai ion grisûtre, ardoisée ; elle présente des irrégularités, des éimississe* ments, des adhérences ou iles Irac^s d'adhérences avec les viscères contenus dans la hernie, prîncipalemcnl avec Tcpiploon* On y (*hserve parfois îles taches circonscrites, noires ou brun Ouicé, signalées par Jules (Uo((uet, et qui paraissent l'aire la tractr d'an<'iens épan chemenls sanguins dans le tissu cellulaire sous-séreux.
Les parois du sac |*euvent subir, par places, une sorte de Iransformation fibro-cartilagineuse ou mi^me une infiltration calcaire que cet auteur croyait dues à une omificuiittn eerit(tbh\ Toutes ces modifications dépendent de fanciennelé de la hernie ei des acriilenls inflammatoires, aigus ou chroniques dont elle a été le siège.
Mais les particularités de structure les plus inléressanles sont celles qui s'obsen^ent au niveau du collet : elles ont été bien mises en lumière par les travaux de Scarpa, de Jules CJouuet, de Demeaux, de Gossehn. Tant rpie U\ hernie est récente, le collet est t^^rmé par le plissement du péritoine, resserré dans son passage au travers Jes orifices herniaires; ce plissement s'eiTace lorsque, par fincision des aimeaux, le pédicule se trouve libéré. Au contraire,
TiG. 4*î. — Coli* I . ! . MiiiJiJc VII ftjiir ^11 faro
fi.nliTfie. — T^MiIca les tuu^lirt» oui été efilevét's sauf lo juîri- Inkii* el le tiasit culluïulre sùiis-périliirtèol: elks» lalssie«il \mr \n v4iseulûrÎHntk»fi du colleU sUcmeiîUji.)
550 r.AHACTKUES ANATOMfQUES DES HERNIES.
quand la [nM'iiir piTsenle une ccrlaine ancîennelé, le lissu cellulaire soir séreux subil une Iransformalioii fihreuse et Corme autour rUi pédicule du sai uo anneau rit^ide et inexlousilde. En ce point le collet du sar esl plus adh reuL aux (issus rnvironnaiils; parfois il semido se confondre avec les annea fibreux, donl il esl difficile de le si'^parpr.
La (aee interne du collet présenle drs modifications corrélatives; h la pla^ des replis de la séreuse qu'on observe dans les hernies récentes, on ne voi plus (|u'un rerlain nondire ûv traclus blauehAlres, formant des épaississemeni longitudinaux séparés par des sillons ou des dépressions peu profondes. Jule»' ("loquet et Demeaux ont parfaitement indiqué la nature de ces transformations; elles déj'iveut d'un Iravail adhésif qui s'établit entre les plis que fonui la séreuse herniaire au niveau du eoilet dans les hernies récentes; ce lravaiJ|1 résultat d'une sorte de péritonite plastique, détermine la fusion des surface par lesquelles ces plis se correspondent, el, en romhlant les anfraetuosîlés q les séparent, il s oppose h ce qu'ils puissent s'eflacer désormais et permell ainsi fampliation du collet du sac.
C*est ce même travail de pldesrmasic chronique qui délermine la transformation fibreuse du lissu s<jus-séreux. Il faut en recbereïier la cause dans» les actions mécaniques répétées dont le collet du sac est le siège par le fnil de rentrée et île la sortie des viscères, des frottements extérieurs et notnm-^ ment de la pression des bandages. A l'appui de celle opinion Gosselin fail^ olïserver que ces modîhcalions s'observent surtout dans les petites hernies, habiluelh*menl l>ien contenues. 1) nous semble qu'il faut joindre à cette cause rinlhieuce si manifeste que le déplacement pathologique d'un organe excrci sur !a Irausformalion du tissu cellulaire qui renvironne en tissu fibreux, influence dont lanatoniie pathologique nous montre tant d'exemples.
Vainéiy's (tuatotniqiu^s tfmmd à fa déposition du isnc. — A côté des tUsposilions analomitjues ninimunes que nous venons de signaler^ il en exislc d'autres, rares, qui constituent des anomalies d'une inlerprélation parfois difficile.
\^ Afjfit'tirr du sur Acc/*m//v'; s^/rs hieomp!et,>i. — a. Le sac herniaire pi^tit manquer parce que le péritoine qui le constitue a sul>i lui-même un arrêt li^ i développe m en I : c'est ce (pjc Ton observe dans certaines hernies ombilicales fl congénitales. ]
b. Lorsqu'un viscère» dépourvu de revêtement péritonéal sur une partie plus ou moins grande de la surface, vient, en glissant en quelque sorte sous le péritoine. sVngager dans un orifice herniaire par ta porlion de sa supeHiri^ qui n'esl point recouverte de péritoine» le sac fait défaut : c'est ce qui arrive, par exemple, pour certaines hernies de la vessie* Mais forgane en question peut attirer le péritoine h sa suite; il se forme aloi*s un sac herniairCi s^c incomplet, situé à cdb* ou en arrière de l'organe hernie et dans lex|uel 1**0* testiu, fépjploon, peuvent sintroduirc à leur tour et même s'étranglrr. — ^^^î"' blabie disposition a été signalée dans certaines hernies du gros iatc^liHi Demraux, Riehet el tout récemment \\\ IL Bennett (') en ont publié d^^ exemples remarquables.
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C(H lX,fl
(•) Socîi'ti* rti\nle iiiêdiro-cUirurîtrir*'»le île Londres, 28 janvier 1800.
CONSTITOTION DK [-A HERNIE.
hhl
à coliels 7nuitiples, — Il [ictif nrnver qiron Irouve, sur le corps m^me du sac, au-dessous cl [>lus ciu inains Ir^în du collel, un ou plusieurs points resserrés qui cloisonneuL inconiplèlenieul sa eavilé et y font saflfie sous forme de brides ou de diaphragmes. Lorsqu'il n^xiste qu*un seul rétrécissement vers la partie moyenne du sac herniaire, celui-ci présente deux renflemenls superposés; la hernie est dite m /^Wrr ou fn ^fthiipr. Ouaud II en existe un plus grand nombre^ le sac [iréserde autant de dilatations successives qu*iJ y a de points rétrécis : ces dilatations peuvent être de dimensions et de capacités très difTérentes, de même ipie les |joints rétrécis ijui les séparent son! plus ou moins étroits, plus ou moins étendus en hauteur, constitués tanl(>t
Fio. 17.
Deux MCa inpefMiés ilana tme UiTuic; rrurnkMHttc n < ijMi'I.h rnuUiipIfs^. — Lîii res!»crTemenl sépare lo renflfiment Miperkurdu &ac ûu renflcmcni inférit^iir. jDemcaiti.)
par une simple bride circulaire, lantôL se préseidaid comme un cordon ranali* culé d'une certaine longueur, La hernie prend alors un aspect moniliforme auquel on donne le nom de hernie en chapelet.
L'interprétation quon donne à cette disposition est la suivante : une hcniie étant habiluellement bien contenue, le collet de son sac se resserre et s'oppose à la sortie de rinlestin. Mais, sous Hntluence dVfîorts, il se laisse refouler vers les parties superricielles, entraînant derrière lui dv nouvelles portions fie péritoine qui forment nu sac nouveau séparé du sac primilif par l'ancien collet. Ainsi se trouve constituée la hernie en liissac, Cg même pliênomène, se reproduisant un certain nombre de fois par le même mécanisme» donnera lieu aux sacs à rendements Uiulliples et aux henues en chapeleL Otle explication répond mieux aux laits que cellp qui raftaclie Vexistencc
Km. i8. — Hernie înguiJiole préseiilfl»! \m mh' diujbJc. — l'n III a ùté pûssù dniis J'orHUre qui *'^ comraunknicr les rlcux boc», — Plus profoutlrmfiit on voit ToriRcc de communlcatloo av« le|>^^ Inine, (Bemcaïui.)
Vi'TiLable origine. Nous y reviendrons quand nous décrirons la hernie inguin*''^ .<"on^enilak.
5" Sars à rofit't cloimnwK — Un seul el mf^irie sac herniaire peut prés<*nl<''*' nu nivoau de son eollel, une !»nde ou une cloison plus ou moins *5paj9Sê, V"
p^^ Dcu.K Jiertii(**» it»giiiiinJi:K jiulnjmsêi'îi, ~ Kn doiUuii!». Je hac auvcrt irt contennnl le lC!*lîciiU'. d'une lieniie congénUalc. — En dehors, une homîc îicquî!4f fUml le soc est ouvert. ilK'menuï.)
fouler ilans la cavilé alMloininale pnr l<t partie postérieure tle rorifice icrniaire.
i* Sors bihbés^ sacs dùidfle^^. — Cette variété rom prend des espèces différentes :
I H. Gertiiiiies parliez du sac réî^istt^ut moins à la distension el se laissent
lilater plus que les autres; il se produit des éraillures de la séreuse, iléerites
par Jules Cloquet, puis des bosselures qui, se prononeant davantage^ forment
parfois de véritables diverticules, •*-
554 CAHACTKRES ANATOMIQUES DES HEUNÏES,
b. Le périloine, refoulé par les viscères, rencontre des lissus de résistance (lifTérente. Une bride aponévrolique, placée en travers du chemin de la hernie, peul. déprimer le fond du sac cl lui donner un aspect hilobé. Ou encore le sac, rencontranl plusieurs orifices dans un plan résistant qui rarr(>le, y pousse des prolon^'-cmcnls. C'est ce qui paraît avoir lieu dans cette variété de hernie crurale décrite par Lcgcndrc sous le nom de hernie de Hesselbaeh, et dans la hernie pectinéale.
c. Il arrive que deux licrnies se font jour par le môme orifice, chacune d*elles présentant un sac et un collet distincts. Ainsi on a sig-oalé la coexistence d'une hernie congénitale et d'une hernie acquise occupant le même trajet inguinal (Bourguet). J'ai constaté, sur le cadavre, Texistence simultanée d*une hernie inguinale externe et d'une hernie directe qui s'engageaient Tune et I autre dans Tanneau inguinal profond, les deux collets étant séparés seulement par les vaisseaux épigastriques.
fL Une autre variété de hernie à double sac consiste dans Texistence, entre le périloLne et les couches profondes de la paroi abdominale, d*un sac diverticulaire communiquant avec le sac principal tpa occupe le trajet herniaire. Cette variété de hernie en bissac, signalée et décrite par Froriep, a été,
dans ces derniers temps, sous le nom de f ternie ptopéritonéaic^ T objet de travaux nombreux. Nous ne ferons que la signaler à cette place, car nous aurons occasion do la décrire dans tous ses détails quand nous nous occuperons des fausses réductions et de la hernie inguinale congénitale,
5<^ SacH déi^htihitéii^ inodi/tcatioji^ survenant à !a suite de robiilêralion du collet du sac. — Quand une hernie est habituellement bien contenue et que Tintestin n'y descend qu'à de rares intervalles, son collet devient le siège d*un travail de rétraction qui peut aller jus* qu'à faire disparaître la communication qui existe entre la cavité du sac et le péritoine. En se rétrécissant, l'ouverture du sac herniaire se fronce, se plisse, finit par s'oblitérer; les plis qui se forment de la sorte sont rayonnes, plus ou moins marqués; ils se distinguent du péril oinc environnant par leur coloration blanchâtre. Ces marques, (jui résultent de l'obli* lération du collet du sac herniaire, ressemblent à une véritable cicatrice du ^ péritoine. .1. Cloquet les a désignées sous le nom de stiffmate.^ du sac her- ^| uiairc. On les trouverait, suivant cet auteur, assez fréquemment sur la paroi trauciens sacs herniaires ou au niveau du péritoine voisin des orifices qui donnent passage aux hernies : le fait n'est pas sans importance, puisqu'ilindique qu'un assez grand nombre de hernies arri%'enl à guérir par une sorte*^^'** d'évolution naturelle. En examinant la face externe du péritoine ou du sa au niveau du point oîi Ton observe des sti/pïmtr.^, on trouve un sac her-
Kic. 50. — Siic herniaire Iroiisformé vn kyste sacciilaire pnr J'oblîléra- Hori de wnii collet. — Le pVjriloliic prést'nle lea fttigmaieg rt^sullanl de celle GblilôraUon. j^Cloquel.)
CONSTITUTION DE IJi HERNIE,
verticule tlu sac vide, < fwroliqiie ou Lien qui es
lend
dchc
aiaire, ou un divenicuie tiu sac vide, qui [leno au ucnors en [)aâsanl par
'ou^ertore apouévrolique ou Lien qui est réduit dcrrî<>rc elle. Le sac désha-
bilé peut s oblitérer par adhérence de ses surlaces et disparaître presque
fcomplèleraenl (J. Cloquel); en pareil cas, ses derniers vestiges sont comme
perdus au milieu d'un développement insolite du tissu adipeux eircon*
roisin, sorte de lipome herniaire, dont Beriiutz ('), reprenant dans sa thèse
aaugurale l'iiypoltiése émise par Ambroise Paré, a démontré le rèle dans
guérison et la disparition spontanée do certaines licrnies. Assez souvent
fees sacs, séparés du péritoine par l'ot>lïtération de leur collet, deviennent le
d*une accumulation de sérosité et se transtbrment en kystes. Duplay (■),
a étudié et décrit le mode de production de ces cavités séreuses, leur a
Idonné le nom de ktjstes .^acritlaires. Alors même que la cominunicalion de ces
rsaes déshabités avec la cavité abdominale n'est pas complètement interceptée,
>n peut voir se produire cette accumulation de liquide constituant alors ce
Ique Duplay a désig-né sous le nom p>iett<to-kt/ste i^aectt faire. Le plus souvent
[Tobl itéra lion du collet du sac se fait h la lave tir des adlién^nees qu'une partie
de répiploon, engagée dans le sac et devenue irréductible, a contractées avec
sa surface interne : l'intérieur du sac, en pareil cas, renferme une masse
l(d>ylée, constituée par Tépiploon irréductible.
11 est rare qu'une nouvelle hernie, produite sous rinfluencc des causes qui avaient déterminé la première, ne vienne pas refouler le sac déshabité, lequel présente alors avec elle des rapports variables, soit que, complètement oblitéré, U reste attaché au fond du sac comme un appendice sans importance, soit que,
i transformé en kyste sacculaire, il s'étale en avant de la hernie nouvelle comme une bourse séreuse. Jules Cloquet a décrit, sous le nom de sae à appettdiœ enremèy un sac présentant la disposition habituelle, mais au fond duquel on trouve un orifice communiquant avec un ancien sac déshabilé ; ce dernier est renversé, son fond adhérent est resté en rapport avec l'orifice herniaire, et son collet a été entraîné en bas avec le nouveau sac. Il s'a^çit, en somme, d'une variété de sac à collets multiples.
6* On observe eniin quelquefois une disposition consistant en un sac herniaire très étroit, sorte de diverti cule en doi^t de gant du péritoine, qui ne contient ni intestin ni épiploon. et qui se trouve logé dans une masse graisseuse. Deux interprétations ont été données pour expliquer ces faits : Andjroise Paré concluait à roblitération du sac et à la guérison d'une hernie préexistante par le développement tlu tissu adipeux ambiant; cette opinion fut reprise par
IM, Bigot en 1H21, puis par M. Bernutz. Mais, s'il esl incontestable que certains sacs déshabités peuvent disparaître en quelque sorte au milieu des dépôts adipeux, on ne saurait assigner une semblable origine à tous ces fipfuHf^s herniaires, \ Scarpa avait montré, et Velpeau est revenu sur ce fait, que la graisse souspérîtonéale peut faire hernie à travers un orifice ou une éraillure de la ligne blanche. Ces lierfties fjraisseuM's entralnenûent le péritoine à leur suite et détemiineraient ainsi des divertie ules péritooéaux, sacs pré formés disposés à
(*) BiLBUuTZ, Hecherchtsmir k^ hernies graisMeuêCM, Thèse de PaHâ, 1*140.
(•) S. Duplay, Des cotltctioné âéretMtst ei htfdalique^ de taine. Tht*so de Paris?, 1865.
l^lra ^■un^
recevoir l'inlesLin ou Tépiploan. Depuis que la cure radicale â permis d'éLadier sur le vivauL les caractères aiialomiques de ces sacs rudimcniaircs, ce mode de formalion a été mis hors de doute; les obscrvalions de Terrier (*) y ont puissamment conlribué.
On peut néaDmoiiis assigner à quelques-uns de ces sacs d'autres origines. Rokitansky, Linharl, Bacr, Broca, ont décrit» au voisinage des onfices inguinaux et cruraux, des diverticules congénitaux du péritoine; ceux-ci onl un volume qui varie de celui d'un haricot à eeliii d'une grosse noix, mais ils peuvent en acquérir un beaucoup plus considérable, lorsque l'intestin s'y introduit el les distend. Cette disposition a été invoquée pour expliquer le développement de certaines hernies soit communes, soit exceptionnelles, comme les hernies propéritonéales.
Englisch a admis que la formation d'un certain nombre de ces diverticules pouvait ^tre la conséquence d'une péritonite développée pendant la vie intra* utérine. Mais cette hypolhcse, déjà émise par Rokitansky et Simpson (') et è laquelle s'est rattaché récemment Benno Schmitll^ reste fort douteuse.
Les enrrhppi'S ej-trru'ures de la hernie sont constituées par la peau et les plans anaïomiques qui recouvrent rorifiee herniaire. Mah on se tromperait étrangement en pensant retrouver, à la dissection, chacune des couches eeliuleuscs ou aponévrotiques avec les caractères et dans l'ordre de superposition qu'elles présentent chez les individus sains. Dans les hernies anciennes, elles ont subi des modifications notables ; elles se montrent tantôt épaissies, tiintôt amincies. Leur nombre, leur continuité avec les plans anatomiques qui entrent dans la constitution de la paroi abdominale, dépendent plulùt d'artifices de dissection que d'une disposition anatomique réglée et constante. La considération des couches qu'on traverse, dans Lopéralion de la hernie élranglée ou dans celle de la cure radicale, ne peut donc renseigner en rien sur la proximité où Ton est du sac herniaire. Les connexions mêmes de ce dernier avce les enveloppes sont très variables: il leur adhère parfois d'une manière intime, d autres fois il en est presque indépendant et peul en être séparé avec la plus grande facilité. Gela résulte de la ronstitution du sac lui-UH'^nie, dont Tenveloppe fibreuse est duc au refoulement et à ia distension des plans cellulo-libreux profonds que la hernie rencontre* Là où cette enveloppc iibreuse manque, comme à ta région crurale, et où le sac est isolé des parties superficielles par la graisse sous-péritonéale qui l'a arcompagné dans sa migration, la séparation du sac de ces dernières est en général facile.
Le tissu adipeux qu'on rencontre dans les enveloppes de la hernie se présente souvent sous la forme d'une masse conglomérée comparable à un lipome. Ces fipotnes lternknrei< ne s'observent pas seulement autour des sacs diverticulaires que nous avons mentionnés plus haut, on les trouve aussi dans les hernies volumineuses et anciennes, spécial einenl à la région crurale. On sait le rôle qu'on leur attribue dans le mode de production de ces hernies.
(*) Tehïiïf.r, îffiHie de r/iiV., IH8tK p, m 5. O Bt:>NO Si ïiMiTiT, Lot, rîL, p. ^lî.