‹ Traite de chirurgie, publie sous la direction de MM. v.8, 1892Chapitre 156 sur 236 · A. — TRAITEMENT PALLIATIF. — BANDAGES · texte numérisé non relu

A. — TRAITEMENT PALLIATIF. — BANDAGES

On donne le nom de bandages aux appareils mécaniques destinés à contenir la hernie, c'est-à-dire à l'empêcher de sortir.

Depuis Tépoque de Galien, on se servait, dans ce but, de pelotes maintenues en place par une ceinture en toile ou en cuir; Gordon le premier, en 1506, substitua la ceinture en fer, rigide, aux ceintures molles; Marc Gatc-

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naria, cent ans après, puis Fabrice de Hilden reprirent cette idée ; ce dernier fabriquait lui-même des bandages en fer très doux et flexible qu'il adaptait sur les contours du bassin; il réglait la pression de la pelote que portait ce bandage, au moyen d'une vis. Le bandage de Fabrice de Hilden a été représenté en 1630 dans l'ouvrage de Malachias Geiger.

Ce fut Nicolas Lequin, celui même qui a nommé par son nom rétrangl^nenl herniaire, qui en 1665 proposa de substituer l'action élastique du ressort eo acier à la pression rigide du fer; trente-sept ans de pratique lui permir^tde démontrer la supériorité des bandages à ressort. Cette découverte, Tune des seules que nous ayons à noter dans l'histoire des bandages, et dont le chevalier de Blégny tenta de s'approprier le mérite, fut appliquée par Tiphaine, en 1761. à la construction des bandages doubles pour lesquels, à partir de cette époque, chaque pelote fut fîxée sur un ressort distinct.

Jusqu'alors, dans toutes les variétés de bandages connus, la pelote avait toujours été fixe sur le ressort, celui-ci prenant son point d'appui sur la demicirconférence du corps correspondant à la hernie. Salmon, mécaniciea anglais, imagina : i*" de rendre la pelote mobile sur le ressort, en les rattachtat Tun à l'autre par une articulation mobile, à genou; 2<» de placer le ressort de telle sorte qu'il embrassât la demi-circonférence du bassin opposée à la hernie; S*» de le laisser indépendant du corps sur lequel il ne vint prendre un point d'appui que par ses deux extrémités.

Le bandage anglais de Salmon, importé en France par Wickham, fut adopté et chaleureusement défendu par Malgaigne. Entre le vieux bandage, dit bandage français, et lui, sont venus depuis lors se placer un certain nombre de bandages mixtes qui prétendent réunir les avantages de l'un et de l'autre. Disons, dès à présent, qu'il n'est pas d'art appliqué à la chirurgie qui ait moins fait de progrès que celui de la construction des bandages, et qu'on pourrrait, sans trop d'injustice, appliquer à toutes les innovations qui s'y sont produites le mot cruel de Malgaigne : • En pareille matière, rien de ce qui est nouveau n'est bon, rien de ce qui est bon n'est nouveau. »

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