‹ Traite de chirurgie, publie sous la direction de MM. v.8, 1892Chapitre 157 sur 236 · I. — DES DIVERSES ESPECES DE BANDAGES · texte numérisé non relu

I. — DES DIVERSES ESPECES DE BANDAGES

a. Bandage français. — 11 se compose d'un ressort en acier, embrassant la demi-circonférence du corps correspondant à la hernie, s'appuyant par toute sa surface concave sur cette demi-circonférence dont il épouse les contours, et supportant la pelote qu'il maintient appliquée sur l'orifice herniaire par son élasticité. La pelote fait corps avec le ressort et ne jouit d'aucune mobilité. Pelote et ressort sont d'ailleurs enveloppés d'une garniture pour diminuer les inconvénients de leur contact avec la peau. L'extrémité postérieure du ressort se continue avec une courroie qui, contournant le côté opposé du corps, vient se rattacher à la pelote de manière à prévenir se^ déplacements; on cherche également à empêcher ceux-ci par l'adaptation de moyens de contention accessoires, entre autres de sous-cuisses. Telles sont les parties dont se compose un bandage français dont le bandage inguinal simple peut servir de type.

Pto. Ol). — Itniidn^e tnguinù] ilrt»il à pi^lute ovnlatfv. Mécanisme pemicUont de motlilier è volonté Tin* cliitaîson lie lu pelote »ur te ressort.

HANDAGES*

!** La pelote est formée d'une siibslatiee molle, non élastique, supportée par ïécusson, plaque mélallique sur laquelle est rivée rextréniité du ressort; c'est h la lïourre de laine ou de rrin, mieux encore à des rondelles superposées de mol le ton allemanl avec des couches de laine cardée, qu1l faut donner la préférence; le tout est convenablement tassé, piiiué cl entoure d'une enveloppe en loile solide qu on recouvre de peau ehamoisée ou glacée.

Les pelotes eonslituées de la sorte olTrenl une mollesse suflisantc combinée avec la résistance nécessaire; mais avec le letîips elles se délbrmenl et s*altèrenl au contact de la sueur; pour éviler cet inconvénient, on se servait autrefois de pelotes (Jiires^ pelotes en buis, en caoutchouc durci, en ivoire, en aluminium, mais celles-ci exerrent sur la peau une pression difli- * lie à supporter; on n'y a guère rcr*ours eu Finance, et cependant nous voyons, en Angleterre» John Wood préconiser encore F usage de | pelotes en vulcanite. Quoi qu'il en soit, lorsqu on veut se servir de pelotes dures, il faut les façonner tre'*s exactement sur la région* «Je matuére à prévenir la compression douloureuse de certains organes ou des saillies osseuses.

Pour avoir une action élastique, souple et continue, on a eu recours à des pelotes en caoutchouc rempli d*air. Les reproches adressés autrefois au bandage de Cresson et Sanson, peuvent encore s'appliquer aux derniers modèles fabriqués avec ce type de peloti* par un constructeur de Lyon; les pelotes à inHufftatioti sont exposées à se perforer et dés lors le bandage est hors d'usage; irailleui's ta pression qu'elles exercent est trop incertaine pour s'opposer à lissue de bei^nies un peu difficiles à contenir.

Nous menlionnerous à peine les pelotes a (ftspoiiitifs roti}ph\n\^ ou pelotes ii fsoufnet, dans îesqueUes des ressorts courbes, disposés à la façon de ressorts de voiture, entre deux ou plusieurs plaques métalliques dont se compose la (lelole, lui donnent une élasticité propre; ceux uii un ressort en spirale, porté jîar Fécusson, supporte lui-même un bouton métallique qui appuie sur l'orifice herniaire; le bandage rénixigrade, de Jalade Lafond» dont la pelote est formée de lames élastiques convexes; tous ces mécanismes coûteux, fragiles, sont d*une utilité très contestable. A plus forte raison n'y a4-il rien à dire des pelotes soi-disant médicamenleuses, des pelotes dîtes électriques au moyen desquelles certains charlatans prétendent exercer une action curativc sur la hernie.

La fofim* de la pelote varie suivant lespèce de la hernie et suivant les indications de chaque cas en particulier; généralement elles sont elliptiques ou ovalaires, mais il en est de circulaires, de triangulaires. Ces dernières pressentent souvent un prolongement en bec df rorhln^ destiné à arrêter la hernie loi-squ'elle s'est échappée sous le bandage ; d'autres pelotes sont pourvues d'un mécanisme intérieur qui permet, au moyen d'une crémaillère, de couder

plus ou moins leur »^xlrtniiiLé inférieure sur leur partie supérieure, afin d'en asâiirer Tadap talion plus étroite au contour de rorifice herniaire.

Les confinions auxciuelles doivent rt'^pondre la forme et la dimens^ion de pelotes sont les suivanles ; la pelote doit recouvrir la totalité de roritice herniaire et dépasser ses tiords en tous sens; quand la tiernie est oblique, elle doit en mi^nie temps excreer sa pression sur toute Tétendue du trajet herniaire; mais il est faux de dire, avec Malgaignc, qu*il suflîse pour bien contenir une hernie que le trajet herniaire soit comprimé par la pelote, U pression de celte dernière pouvant Otre annulée par la contraction musculairr de la paroi de rahdomeii ; il faut de toute nét'cssîté que rurilice herniaire ^oil aussi recouvert par la polo le.

Certaines pelotes sont échancrées en croissant ou en fer (t rhevai^ prir épargner (jueiquc organe important voisin de la hernie^ le testicule en eclopiCi par exemple, Wood conseille de ci'euser tous les bandages inguinaux d'unô rainure destinée à loger le cordon spermatique,

Enfîn, pour répondre à certains cas de contention difficile, on a poun' parfois la pelote de prolongement.^ digitiformcs ou de pièces distinctes, mmfjinalfjire^^ s^introduisant dans le trajet herniaire et maintenus dans cette situa* lion par la pression du bandage. Cette variété de pelotes, difficile à supporter et qui a Tinconvénient de dilater le trajet herniaire, doit être réservée po^if des cas tout à fait exceptionnels.

Uépaisseur de la pelote doit être telle qu*en s*enfonçant dans les parlie^i molles elle présente encore un relief insuffisant pour que la partie du ressort qui s y rattache (collet) ne repose pas sur les téguments* Une pelote itv^ épaisse augmente la force de pression du ressort, mais elle fait une saillie Irop visible sous les vêtements; d'ailleurs elle se déforme plus rapidement à Tusage qu'une pelote mince. Il ne faut pas non plus que la pelote soit irop convexe, de peur que sa pression n'atropliie les parties qu'elle comprime, qu'elle ne dissocie et ne relâche les plans fibreux.

En général les pelotes un [>eu larges, peu épaisses, peu convexes et bien souples sont d'un meilleur usage et plus efficaces que les pelotes petites, trèr^ saillantes et dures.

2° Le 7THA0H français est formé d'un»" lame d'acier trempé, arrondie en demi-cercle. Son extrémité postérieure ou ipfeitt^, aplatie, prend point d'nppui sur la région rachidienne ; son extrémité antérieure, ou colfet, vient se river sur Técusson de la pelote* Le collet doit être la partie la plus solide du ressort: pour l'inspecter plus aisément on le laisse souvent à découvert; parfois il est constitué par une tige d acier cylindrique (/rssfjr^ à coliel rotid), dispositioD qui lui donne encore plus de résistance. Rien n'est plus difficile d' ailleurs que de connaître le degré de trempe qu'il faut donner à un ressort; si elle csl insuftisanie, le bandage se déforme; si elle est trop dure, il casse.

, Dans la plupart des bandages (inguinaux et cruraux) le point d*appui de la queue sur la région dorsale étant situé dans un plan notablement plus élete que le point d^application de la pelote, le ressort doit présenter une disposition en spirale et olïrir par conséquent non seulement une courbure suivant *p* /'r;ccK, mais une ctnirbitre mdvoiii ses, boixîs; de plus, comme la pression ddb pelote doit s'effectuer normalement par rapport au plan de Torifice heniîaif*''

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BANDAGES. ^^^^^f 641

hre et en haut, iJ faut donner au coliel une courbure de elle le bord inférieur de la pelote soit porté plus en arrière îrieur; c*esl ce qu'on appelle faire pittrrr fa pelaie. Ces courbures seront calculées pour ctiaquc cas particulier, suivant lobliquité du bassin, la tlireetion du trajet, la situation de rorifice herniaire; il en sera de même pour la courbure et lamplitude plus ou moins grandes du ressorl.

En règle générale, la iom/neur du ressort ne doit pas dépasser celle de la demi-circonférence du corps correspondante à la hernie. Pour obtenir une action plus puissante, certains constructeurs ont augmenté hors *]e km te proportion ces dimensions et leur ont assigné les trois quarts, les cinq dixièmes, et jusqu'aux Irenle et un, trente-deuxième de la circonférence totale do corps (bandage Camper); le bandage en devient plus lourd, sans que sa pression en

lien général plus efficace.

On a cherché (Benno Sehmidt) à donner une évaluation mathématique de la pression que le bandage doit exercer; on a même construit des inslruments (Wood) pour la mesurer; ces tentatives ne paraissent pas destinées à entrer dans la pratique, la bonne ronlention d'une Iiernie étant plutôt une aiîaire de bonne adaptation de la ceinture au tronc > de bonne direction et de forme convenable données à la peiute, que de puissance mécanique à développer.

Un point plus important est de décider à quel niveau le ressort doit s'unir à Téeusson de la pelole : il conviendrait de Vy river au niveau du centre de résistance t c'est-à-dire au niveau du point où un seul doigt, apjvliqué sur la pelote, suffit à la maintenir en place (Malgaigne) et à empêcher la hernie de sortir quand le malade fait elïort. Celle règle n esl presque jamais suivie dans la pratique et Ton fixe à tort le collet du ressort beaucoup plus prés du bord supérieur que du bord inférieur de Técusson. Les bandages qui présentent ce défaut ont une certaine tendance à basculer et à laisser fder la hernie au-dessous deux.

û*^ Accessoires. — Le ressort est entouré d'une garniture en peau; il se continue avec une patte percée de trous par lesquels celle-ci vient se fixer à un bouton situé sur la pelole. Cette patte de même que les sous-cuisses qui se portent de la pelote à la partie postérieure du bandage en passant dans le pli génito-crural, ne sont que des moyens de contenlion accessoires, destinés è empêcher le bandage de se déplticer dans les mouvements extrêmes, mais nullement à renforcer sa pression. Le mus-cuisse, nécessaire surtoul pour empêcher le bandage de remonter chez les gens qui ont le ventre plat, peut être parfois supprimé chez les sujets qui ont un ventre saillant, surtout lorsque la pelote a fait son nid, c'est-à-dire lorsqu'elle vient d'elle-même se placer au point où elle s'est creusé une sorte de dépression dans les parties molles. Pour certaines variétés de hernies diflîciles à contenir, on adapte a la pelote, en général de forme triangulaire (pelote à bac de corbin, pelole anatomique), un sous-cuisse fixe, bien rembourré, qui, parlant de la pointe que présente la pelole, croise obliquement la ligne médiane au périnée pour venir se rattacher sur le côté opposé du bandage; nous reviendrons sur cette variété de bandages et sur son eflicacilé en parlant des hernies inguinales.

Chez les gens qui ont les fesses aplalies, le bassin relevé en avant, les Irochanters peu saillants, surtout chez les cyphotiques, pour empêcher le ban-

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TKAITEMENT,

Fie, 67. — Bantïogc ingtiinal double.

dagede tomber, il est souvent nécessaire de !e moinlenir avec des hretei^m

avec une cehUitrr.

il est bon enfin d'entourer la pelote du bandage de housses en toile ou en calicot, qu'on peut changer h volonté; on relarde par ce moyen raliératioD trop rapide de la ^'arnilure par la sueur,

4" Bonilafjeu hftpf'rtnéabk'i:^. — Chez les jeunes enfants qui se mouillent sans cesse, il faut entourer le bandage, pelote et ressort, avec une enveloppe imperméable on talTelas ciré ou eu caoutchouc; on a recouvert également les l>andages avec un lissu imbibé d huile siccative analogue à celui qui sert à construire les instruments dits en gomme; cette sorte de bandages imperméables m*a paru s*aUérer plus vite que les précédents.

5" Banda fji's doifùifs. — Le bandage français pour tes hernies doubles est constitué suivant les mêmes principes que le bandage simple; il se compose de deux pelotes supportées par deux ressorts qui viennent aboutir h un

coussin dorsal sur lequel reposcal leurs exlréraités postérieures r^unit^ par une patte. Dans la conslruclion des bandages doubles on Sre conformera aux règles suivantes :

(I. Jamais les deux pelotes ne doivent être supportées par un même ressort faisant le tour entier du tronc; certains bandagistes pèchent encore contre ce principe;

b. Les pelotes doivent ^tre choisies séparément pour chaque beniie, exactement comme s'il s agissait de hernies appartenant h des sujets différents;

c. Il en sera de même de la force des ressorts, une hernie double étant souvent facile a contenir d'un côté, tlinicile de l'autre;

d. L'action des deux moitiés du bandage devra toujours être indépendaat^; <m ne prendra jamais un point d'appui sur une des pelotes pour tirer» aa moyen de courroies ou autrement, sur la pelote opposée;

e. Les bandages doubles peuvent en général se passer de sous-cuisses plus aisément que les simples; un seul sous-cuisse est presque toujours suffisant pour les deux moitiés du bandage.

b. Bundiu/t^^ nHfjîais. — Dans le bandage anglais le ressort embrasse la demi-circonférence du corps opposée au c6lé où siège la hernie; son extréniil^ antérieure dépasse la ligne médiane du tronc (en avant du pubis) pour supporter la pelote qui rejiose sur rorifice herniaire; son extrémité poslérifun' prend sou point d'appui sur la région vertébrale au moyen d'une autre |m*IoU sur laquelle elle se fixe. Les deux pelotes sont mobiles sur les extrémité* i^ ressort qui, dans l'intervalle, ne prend aucun point d'appui stir la surface <l« corps et qui n'est même pas eu contact avec elle.

Le bandage anglais agit donc à la faf;on d'une pince ou d*un arc métallîcio* dont les deux extrémités seules représentent les points d'applicalion de l« puissance et de la résistance. Le ressort lui-même est absolument libre; coinjsc il est mobile sur les pelotes qui garnissent ses extrémités, il peut se déplact^r dans les intlexions du tronc sans que tes pelotes suivent ce déplacemeal ou

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