PLATES DO CŒUR ET DU PÉRICARDE
tiques ne prouve qu'une chose, la gravité extrême de ces blessures qui entraînent le plus souvent la mort subite. Selon de Santi la proportion des plaies du eceur par armes h feu, sur le champ de bataille, doit être d environ 0,7 pour lOU,
iAnatomie pathologique. — 1" LMÎrûi,'^ de la paroi Ihnraruiue. — Elles aquent naturellement lorsqu'il s'agit d'une plaie produile par un corps étranger de l'œsophage.
Dans les blessures ordinaires, on trouve une lésion de la peau, de dimension souvent minime, en rapport de forme et d'étendue avec rinstrument vulnérani ; elle occupo lo plus souvent la région précordialc^ mais elle peut siéger à une certaine distance.
Parfois, en cas de meurtre et surtout de suicide, les blessures sont multiples, Les aliénés particulièrement se portent de nombï^eux coups dans la niênK» r^ion avec les insiruments qui leur tombent sous la main, souvent <lcs pointons ou des canifs.
Il est inutile d'insister sur les lésions des muscles, du squelette, des vaisseaux de la parcd thoracique. Nous ne pourrions que répéter ce que nous avons indiqué dans les plaies de poitrine* v
2* Léiiioiis dti^pérknrtîe. — Le péricarde est parfois atteint isfdément. On pouvait penser qu'une blessure de re genre doit être rare, étant donnée l'accolement constant de cette membrane h la surface du cœur; il nen est rien (M>urlant. Sur 57(5 cas rassendilés par Mscher de plaies du cœur, par instruments divers, on l'a notée iî2 fois. H s agissait 7 fois dans la statistique de Fischer de coups de feu, Olis et de Santi en ont rassemblé ^ nouveaux exemples avec autopsie. On peut s*expliquer ces lésions du péricarde si I on considère que ce sac fibro-séreux, à cause de ses adhérences en haut avec les aponévroses du cou et les organes du médiaslîn, en bas avec le centre phré* nique, se trouve souvent tendu, résistant et dans tous les cas moins mobile que le cœur.
La blessure du péricarde accompagne dans le plus grand nombre des cas celle du cœur luî-niême. La forme et l'étendue de la solution de continuité 8onl généralement en rapport avec cette dernière.
On a noté quelquefois des blessures multiples du péricarde, et dans un cas (Ponimrr) cette membrane présentait i déchirures distinctes, quoique le blessé ne se fût porté que deux coups de grattoir lïans la région péricardique.
5» Léêiofi» du myocarde, — Il faut citer tout de suite à titre exceptionnel rtques plaies du cœur dans lesquelles le péricarde reste intact. A vrai dire, Pa*agit ici plutôt d'une ruplure par contusion que d'une véritable plaie. Ces lésions sont produites par des balles arrivées au terme de leur course, qui osent ce qui leur reste d'énergie en perforant la paroî thoracifpie, et en contulionnant le cœur h travers le péricarde déprimé en doigt tle gant, mais intaet. Les balles ont été trouvées dans ce cas, dans la plèvre ou sous la peau, ou même hors de la plaie dans les vêtements du blessé. Fischer a réuni trois observations de ce genre, et de Santi en a relevé quatre autres. Comme IransitioD de ces blessures aux véritables contusions du cœur, on peut citer le fait rapporté par les liistoriens du siège d'Anvers, dans lequel le cœur fut trouvé
déchiré avec péricarde et téguments intacts, mais contusion violente des muscles intercostaux.
Les ventricules sont atteints beaucoup plus souvent que les oreillettes, 6 fois contre une, et des ventricules, le droit par le fait de sa position est deux fois plus exposé que le gauche.
Les blessures du myocarde sont pénétrantes ou non.
Les plaies non pénétrantes sont surtout produites par des instruments piquants ou piquants et tranchants, dont la pointe s'arrête dans Tépaisseur môme du muscle cardiaque ; on ne les observe guère qu*au niveau des ventricules. Les oreillettes sont trop minces pour n'être pas traversées d'emblée la plupart du temps. Le fait le plus connu est celui de La Tour d'Auvergne qui fut atteint d'un coup de lance à Neustadt. Le ventricule gauche vers sa pointe présentait une plaie non pénétrante, de deux lignes de profondeur.
Il peut arriver que le péricarde viscéral soit seul atteint; lorsque la paroi musculaire est entamée, elle peut l'être plus ou moins profondément. Quelquefois il reste à peine quelques fibres musculaires avec l'endocarde, si bien qu'une rupture secondaire semble possible. Boyer croit en avoir observé un cas. La cloison interventriculaire peut être atteinte isolément (cas d'Horstius). On a cité quelques cas de plaies non pénétrantes avec lésion d'une artère coronaire. Celte complication donne tout de suite à la blessure un caractère de haute gravité.
Les balles, lorsqu'elles abordent le cœur tangentiellement, peuvent l'effleurer seulement, ou creuser un sillon plus ou moins profond à sa surface, sans l'ouvrir. Une balle de très petit calibre traversera la paroi, vers la pointe du cœur en y faisant un séton. Les faits de ce genre sont encore tout à fait exceptionnels.
Les plaies pénétrantes du cœur sont beaucoup plus communes que les autres. 253 sur 283 (Fischer). Leurs caractères varient nécessairement beaucoup selon les instruments qui les ont produites. Les simples piqûres donnent lieu à d'étroits canaux qu'on trouve toujours remplis d'un caillot fibrineux; les plaies par instruments tranchants peuvent être béantes.
Souvent elles sont beaucoup moins larges, et réduites à une petite fente du côté de l'endocarde. Un caillot d'aspect variable suivant son ancienneté les oblitère plus ou moins complètement. Des piliers, des cordages, des valvules peuvent être atteints. L'instrument vulnérant dépasse parfois la cavité du cœur atteinte la première. Les deux ventricules sont successivement perforés, ou un ventricule et une oreillette. La pointe du cœur a été trouvée détachée tout entière. Des plaies multiples parallèles ou entre-croisées, les unes pénétrantes, les autres non pénétrantes, ont donné lieu aux lésions les plus variées.
Les balles creusent le plus souvent à travers le cœur un canal qu'on trouve à l'autopsie noirâtre, comme brûlé, rempli par un caillot, contenant quelquefois des corps étrangers : fragments de côtes, bourres de papier, débris de vêtements. La balle comme les instruments tranchants peut traverser plusieurs cavités et créer plusieurs orifices. Elle peut aussi s'arrêter après avoir traversé une paroi auriculaire ou venlriculaire et rester dans le cœur ou le péricarde.
Les dégâts produits par les balles sont d'ailleurs bien différents suivant que celles-ci proviennent d'un revolver ou d'un fusil de guerre.