LUXATIONS DES COTES
Les luxations des côtes sont très rares, ce qui se conçoit aisément, si l'on . réfléchit à la solidité de leurs articulations et à la facilité avec laquelle ces os se fracturent.
Négligeant, pour les raisons exposées plus haut, lesluxationschondro-costales, nous avons à signaler seulement : a, les luxations costo-vertébrales ; b, les luxations chondro-stemales ; c, les luxations des cartilages les uns sur les autres.
a. Luxations costo-vertébrales. — On en connaît 7 cas dont un très ancien, de Buttet (*), est douteux.
Dans tous, il s'agissait d'individus jeunes, de traumatismes directs très limités et très violents, portant sur une ou deux articulations. Cinq fois sur sept la mort est survenue par le fait de graves lésions concomitantes.
Les faits observés semblent indiquer surtout les luxations des il' et 10® côtes.
Les symptômes seraient une dépression à la place des côtes luxées et une mobilité anormale sans crépitation, Kennedy (').
b. Luxations chondro-stemales, — Aux 4 cas observés sur le vivant, tous assez anciens et cités par Malgaigne de Ravaton, Manzotti, Monteggia et Ch. Bell, on peut ajouter 2 faits nouveaux indiqués dans le Traité des fractures et des luxations de H. Hamilton : l'un, de Samuel Flagg, rapporté par Tauteur; l'autre, de Wolfenstein, inséré en notes par le traducteur. Rien ne prouve dans les observations qu'il ne s'agissait pas plutôt d'une fracture d'un cartilage costal près de son insertion. Les expériences de Saurel (') semblent pourtant démontrer la possibilité de ces luxations.
c. Luxations des cartilages les U7is sur les autres, — Les 6«, 7«, 8« et 9« cartilages costaux sont seuls unis de façon à permettre cette lésion, qui parait tout aussi rare que les précédentes.
Trois cas seulement sont connus : ceux de Martin (de Bordeaux)^ de Boyer et de Malgaigne ; encore le diagnostic de ce dernier ne fut-il posé exactement que neuf ans après l'accident.
Dans le fait de Beyer, le cartilage luxé était enfoncé; il faisait saillie chez les malades de Malgaigne et de Martin.
Ces trois faits étaient dus à l'action musculaire ; on trouve notée dans tous one gène notable de la respiration.
(*) Buttet, Mémoire $ur la luxation des côtes. Mém. de VAcad, royale de chir, Paris, 1708, t IV, p. 573.
(•) Kexnedy, Luxations des côtes. Dublin med. Presse, février et mars 1841.
0 L. Saurel, Mémoires sur les luxations des cartilages costaux. Mém, de CAcad, des sciences ft lettres de Montpellier. 1854.