FRACTURES DES CABTTLAGES COSTAUX
Au commencement du siècle,, presque en même temps, Lobsteîn h Strasbourg, Magendie à Paris, publièrent les premiers travaux sur les fractures (les cartilages costaux. Depuis cette époque il faut citer principalement un mémoire de Malgaigne en lK4l, Fartiele de Paulet dans le Dictionnaire encycUfpéâique des scitmcea itmiiraft's et un mémoire de G. Puel, en 1^76.
ÎAmBTZîTif Compte rendu dr la Far ut té de médecine de Strasboiirfj, 1805, p. 24. — Magenivifi, Hèmoire sur les fractures des cartilageB «les rùles. Bibliolh. rnéd.^ t. XI V, p. 81, — Mai.fIL\Kî^F. Rrchoif hcs hur les fracLuiTîs des cartilages sterno-cosUiux. BuiL de thérap.^ avril tS41, *l TraU»> def» fraeluresi p. 443, '— pAi/LEXt art. Côtes du Dielionnairf. em^yciopèdùitie dr:t tt'inires médicales, — G. PuEL, Des fractures des cartilages costaux cl de leur m<icafiiMiio. Anvers, 187U.
Les fractures des cartilages costaux se produisent dans les mêmes conilitions que celles des côtes elles-mêmes. La plupart du temps, ainsi que rftfltrmait Boyer, elles sont le résultat de violences directes. Elles se font cependant aussi indirectement. Dans un assez grand nombre de cas, la cause vulnéraiiie agissait avec une extrême violence; aussi les fractures de plusieurs cartilages, ou d'un cartilage et tle plusieurs eûtes, sont-elles loin d'être rares.
Paulet a fait voir que les fractures par action musculaire qu'il a signalées le premier étaient relativement assez communes, contrairement à ce qu*on pouvait croire. Sur li cas nouveaux qu'il avait rassemblés, cette cause inter- Tenail I fois; dans 6 cas, le mode de production n'était pas indiqué, ce qui perforl de croire à une fréquence encore plus grande. L'ûge a ici la même mfltimce que dans les fractures de côtes.
La fracture peut ne porter que sur un seul cartilage; elle en atteint parfois |iliisieun^. ordinairement du même côté, exceptionnellement des deux côtés ;
mais il s*agit dans ce cas de ces fractures du thorax à grand fracas qui s'accompagnent de ruptures des viscères et des vaisseaux intrathoraciques. Deux faits établissent Texistence incontestable de fractures doubles d'un même cartilage.
Les cartilages le plus souvent atteints sont, par ordre de fréquence, les 8«, ?•, 9«, 10*. Les supérieurs, très courts, sont rarement en cause.
La fracture siège sur un point quelconque du cartilage ; mais la plupart du temps elle se trouve à une certaine distance du sternum, variable suivant la côte considérée, et au voisinage de Tunion de la côte avec son cartilage. C'est môme, selon Puel, qui est arrivé à cette conclusion à la suite d'expériences cadavériques, au niveau de la ligne d'union que la fracture a le plus de tendance à se faire. Le caractère essentiel de cette fracture, dit Malgaigne — et Texamen de tous les faits publiés depuis lui confirme cette assertion — c'est qu'elle est constamment nette et perpendiculaire (transversale), jamais oblique et inégale. Aussi le déplacement est-il facile. Il se fait dans le sens de l'épais* seur, et presque toujours c'est le court fragment sternal qui déborde le long fragment spinal. Le cas contraire s'observe, sans qu'on puisse formuler aucune règle à ce sujet. Étant donnés le siège de prédilection de la fracture, le mode de continuité de la côte avec son cartilage qui exclut l'idée d'une véritable articulation, la difficulté qu'il y a à reconnaître sur le vivant le siège exact de la solution de continuité, la fréquence du déplacement, on ne peut véritablement pas continuer à décrire une luxation des côtes sur leurs cartilages. Les quelques faits connus de séparation bien nette au niveau de la ligne d'union ostéo-cartilagineuse méritent d'être considérés comme de simples fractures.
La symptomatologie est celle des fractures de côtes. La crépitation seulement manquerait (Paulet). La consolidation s'obtient en vingt-cinq ou trente jours. Longtemps on a cru qu'elle se faisait uniquement au moyen d'une virole osseuse produite par le périchondre, engainant les extrémités cartilagineuses, s'interposant entre elles, mais ne s'unissant pas avec elles par continuité de tissu. C'est l'opinion qu'Ollier professait encore en 1867. 11 est probable que ce mode de réparation est le plus commun. Cependant quelques faits démontrent que les extrémités sectionnées peuvent même à distance s'unir au moyen d'un cal fibreux (Mondière, Broca, Legros). Enfin la restauration par un cal cartilagineux n'est pas impossible. Peyraud l'a obtenue chez les animaux, et elle a été vue en partie par Malassez (observation de Bassereau) puisque les extrémités roçjpues étaient dans ce cas réunies par un cal fibro-cartilagi neux (').
Le pronostic serait tout à fait bénin, si des désordres sérieux ne compliquaient quelquefois ces fractures comme toutes les autres fractures de côtes.
La réduction doit toujours être cherchée. Elle sera souvent obtenue par des pressions exercées sur le fragment déplacé au moment d'une forte inspiration. Mais le déplacement se reproduit aisément. On s'efforce de maintenir la réduction au moyen d'un bandage de corps. Le conseil de Malgaigne : appliquer un
(') Bassereau, Fracture d'un cartilage costal^ consolidation, régénération du cartilage, points osseux, Bull, de la Soc. anat,, p. 451, 1860.
tMindage anglais dont la pelote antérieure presse sur le fragment externe, ne mérite guère d'être suivi. Un léger chevauchement ne paraît pas avoir de sérieux inconvénients.