ANOMALIES CONGÉNITALES
A. — AMAZIK
L'absence des deux mamelles est d'une extrême rareté. Jusqu'ici on ne l'a jamais vue qu'accompagnée d'autres monstruosités très compliquées et le plus souvent incompatibles avec l'existence.
L'absence d'une seule mamelle est un peu moins rare, et elle n'a été jusqu'ici observée que chez la femme. Elle s'accompagne parfois de malformations plus ou moins graves de la moitié correspondante du thorax. Dans un cas de Fœrster, le membre supérieur faisait défaut, et il existait une fente
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par laquelle sortaient les viscères thoraciques et abdominaux. [Dans l'observation de Froriep, les .> et •i*' côtes étaient incomplètement développées, le grand pectoral était réduit à sa portion claviculaire, le petit manquait complètement, et les intercostaux correspondants étaient remplacés par du tissu fibreux. De môme, dans le fait de Ried, la paroi thoracique était incomplètement formée.
L'absence de la mamelle a été également observée chez des femmes d'ailleurs bien conformées. Puech (*) en a réuni une dizaine d'exemples. Chez une vieille mendiante de soixante-quatre ans, qui avait eu un enfant, Scanzoui a observé, avec l'absence complète de la mamelle gauche, celle de l'ovaire correspondant
C'est à ma connaissance le seul cas où pareille constatation ait été faite : aussi est-il impossible de dire s'il existe un rapport constant ou seulement fréquent entre l'amazie et les malformations des organes génitaux internes. Nos connaissances sur les causes de cette anomalie se réduisent à l'hypothèse de Froriep, qui pensp que la pression exercée par le bras du fœtus sur la région de la mamelle peut empêcher son développement.
L'absence isolée du mamelon (athélie) a été observée un certain nombre de fois sur des mamelles normales. Elle n'est point rare sur les mamelles surnuméraires. Les conduits galactophores viennent s'ouvrir au fond dune petite cavité qui occupe le centre de l'aréole. Il s'agit là d'un simple arrêt de développement, du reste extrêmement rare. Velpeau n'en connaissait pas d'exemple. Puech (*) cite ceux de Paullini, de Lentilius, Ledel, Louisier.
Plus fréquemment que l'absence de mamelon, se renconlrent diverses malformations, qui rendent l'allaitement difficile ou impossible. Bien que ces malformations ne méritent pas le nom de congénitales, j'en parlerai cependant ici pour ne pas scinder ce petit sujet. On en peut distinguer trois variétés : l»» brièveté ; 2^ ombilication ; 3** invagination du mamelon.
Quant à l'imperforation, ou absence des conduits excréteurs, elle n'est pas démontrée. Comme le fait remarquer Puech, le fait rapporté par Gérard Blaes, et qui est, je crois unique, n'est pas très démonstratif.
Il n'est pas rare que le mamelon soit trop court pour permettre l'allaitement. Mais on arrive souvent par des moyens très simples à lui rendre une longueur suffisante pour que l'enfant puisse le saisir. Telle l'excitation mécanique qui provoque l'érection, les tractions, la succion, qu'on peut faire pratiquer par un enfant déjà vigoureux, ou même par une femme. C'est dans beaucoup de villes ou de villages une spécialité de commères. On a recours aussi quelquefois à un jeune chien, procédé qui expose à faire contaminer le mamelon par la bouche septique de l'animal. A défaut d'enfant ou de commère, on pourrait avoir recours à l'artifice imaginé, si l'on en croit Amatus Lusitanus, par une dame vénitienne du xvi« siècle. Il consiste à appliquer sur le mamelon le goulot d'une bouteille préalablement chauffée, qui agit à la manière d'une ventouse. Mais il est préférable d'exercer la succion par l'intermédiaire d'une pipe en terre, comme on le fait encore dans les campagnes, ou mieux avec une des innombrables téterelles qui ont été imaginées.
(*) Puech, Les mamelles et leurs anomalies. Paris, 1876. {*) PuECii, Loc. cit., p. 66.