ACCIDENT PRIMITIF. - CHANCRES DE LA MAMELLE
Dès le xvi« siècle, Torella, Fracastor, Paracelse, A. Paré, savaient que la contagion syphilitique peut se faire par l'allaitement. Avec les doctrines de Hun ter, qui niait la virulence des accidents secondaires, la question des
(') Rivington, Med, Times, 19 oct. 1872, p. 453.
(*) Fournier, Leçons sur la syphilis héréditaire tardive, 1886.
(') Claude, Thèse de Paris, 1886. Je ferai à cette thèse de nombreux emprunts.
sur i8 faits. Le nombre des chancres bilatéraux esl donc très considérable. Non seulement on trouve souvent des chancres sur les deux seins, niais encore
on peut en Irouver plusieurs sur chaque sein. Keyes{*) en a observé l'i : 8 sur le sein ilroit, i sur le sein tranche. Fournier (') a vu une femme qui en avait "23 ; 7 à gauche, 16 à droite.
La forme est également très variable. Tan lot il s agit d*une simple fissure indurée, c'est le chancre lissurairCj qui occupe un ou plusieurs plis de Faix^ole, « Tantôt, dit Claude, c esf une papule aplatie et rougedire qui, peu à peu, s'élargit et s*érode. » En général, les lavages, la succion, enlèvent incessamment la sécrétion, ne lui permettent pas de se concréter, et le chancre se présente avec un fond vernissé, d'une teinte tantôt grisiUre, tantôt rouge sombre. Quelquefois, comme l'a signalé Mauriac, le chancre esl circolaire ou demi-circulaire, et circonscrit en partie ou en totalité la base du mamelon. L*ulcéralion peut m<^me devenir assez proronde pour amener la chute du mamelon.
» La [daque d'induration du chancre mammaire est toujours très sensible, RoUet a pu dire que le sein est une des régions où rinduration se formule le mieux; mais cette induration, si constante, est rarement épaisse et noueuse; elle est bien plus souvent parcheminée et lamelleuse, »
L'adénopalhie est constante, et il faut la chercher, non seulement dans le fond de rarsselle, mais encore, comme toujours, lorsqu il s*agit de lésion.s du sein, sous le bord du grand pectoral.
Les complications du chancre lui-même sont exceptionnelles* Il est rare qu'il s'enflamme, plus rare encore qu'il devienne phagédénique. Fournier n en a jvublié, Je crois, qu'un seul exemple f)^ et le phagédénisme n'a pas étendu bien loin ses ravages. La malade portait deux chancres, un sur chaque sein. Au bout de quinze joui's, le chancre droit présentait une excavation capable de — r
loger une fève; celui de gauche, une dépression de 1 centimètre i/2 à 2 cenh
métrés. La guérison a été rapide. Claude (^) dit n'avoir relevé qu'un seul cii.
de chancre mammaire phagédénique sur les registres de la clinique de Saint
Louis. Il est probable que c'est le même.
Si le pronostic du chancre de la mamelle ne présente en lui-même aucuii^=^^«*
gravité, il n*en est pas de même de la syphilis dont il est le signe. Les syplii *
liographes s'accordent à reconnaître que la syphilis contractée par le sein chci^B i les nourrices est très souvent maligne, qu'elle présente une gravité exceptioa— ^' nellcj • tant par la forme et retendue des lésions, que par la résistance au— ^ trail^menl ». Chez une nourrice, le chancre mammaire est très grave, à ui -^'n autre point de vue, puisqu'il rend presque inévitable la contamination dea^ ^^ enfants sains qu'elle allaitera.
Le diagnostic nVst pas toujours facile; et il est certain qu'un grancl nombr de chancres mammaires sont mécoimus. Lorsque le chancre revêt sa physio nomie classique, qu'il devient papuleux ou papulo-érosif, proéminent, avec sor fond vernissé, sa teinte grisAtre ou rouge sombre, il ne saurait guère y avoij
(') Keyes, Arrfu ofdermnL, 1K78, l. IV, p, 120.
(*) FounMEn, Soc. niéd, des IrH*-» '^'> "ov. tH77. Gai, hebd,^ SO nov, 1877, p. 707
(*) FouiiMEB, Soc. aièd. de^s Uùp.^ '23 nov. lîS77.
(•) Claude, Tlièae de Parb, ism, p. 15,