‹ Traite de chirurgie, publie sous la direction de MM. v.8, 1892Chapitre 70 sur 236 · ACCIDENTS SECONDAIRES · texte numérisé non relu

ACCIDENTS SECONDAIRES

\àe mi*pris€. Mais il n'en est pas toujours ainsi. J'ai déjà insisté sur la muUipli-

lé de formes des chancres mammaires; et de toutes, c'est la forme fissu-

faire qui passe le plus souvent inaperçue. Tanl6t la malade ne se preoeenpc pas

It* eelle fissure, d autant qu'elle est souvent indolente; taulôt le médecin con-

lié, trompé par Taspect, se borne à rcxamen par la vue, et passe à c6té des leux signes Ibndameniaux qui ne manquent jamais el qui rauraient coudnît «u diagnostic, l'induration el l'adénupathie. Ces deux si^^nes » peuvent, non

ulement confirmer un jugement hésitant, mais encore établir de toutes pièces un diagnostic rétrospecUf ■, car ils persistent en général longtemps après la cicatrisation de ruicère.

Le chancre simple de la mamelle est si rare qu*il est inutile d'en parler, ,L eczéma, les excoriations, fissures, gerçures, les furoncles, priaient davantage

la confusion. Dans tous ces cas, ce sont les mêmes signes cardinaux, induration et adénopathie, qui doivent faire le diagnostic; ce sont eux qu'il faut rechercher.

On ne doit pas oublier que les chancres mammaires sont fréquemment mul- . C'est là un fait important pour le diagnoslic, car la mulUplicité de ns semblables éloigne toujours de F esprit Tidée d'une lésion primitive. Kcyes (irésenta à la Société dermatologique de New- York une femme de quan>nle et un ans qui avait douze chancres mammaii^es, huit à droite el quatre à<raii<die. Son diagnystie fut contesté; les membres de la Société soutinrent qu'il s agissait do lésions secondaires, mais force leur fut de faire amende honorable quand ^ sept semaines après, Keyes ramena sa malade couverte d'uue roséole typique.

Claude rapporte un cas où un chancre faillit être confondu avec un épi théliomn du mamelon. Bien qu*on puisse trouver dans les deux aÛ'ecliûns l'induratioii et rengorgemeni ganglionnaire, je crois cependant (|u'il suffit d'un examen sérieux pour faire le diagnoslic.

Au point de vue médicodégal, la question qui se pose est toujours la même. Il s'agit de savoir i[uî, de la nourrice ou do nourrisson, a contaminé l'autre. Pour ce sujet, que je ne puis traiter ici, je renvoie aux ouvrages spéciaux.

Le traitement du chancre mamuiaire ne ditVére en rien de celui des chancres des autres régions. Mais le vérilabïe traitement doit être prophylactique, et il consiste uniquement en ceci : interdire absolument T allaitement d'un nourrisson malade par une femme saine, à moins que celte femme ne soit la mère.

ACCIDENTS SEGONDÂIHES

Il va sans dire qu'on peut rencontrer sur la mamelle toutes les variétés de *yphilides, roséoles, papules, taches» tubercules, qu'on rencontre sur les autres |>arties du tégument. Je les laisse de cùlé, car elles n*ont rien de spécial. Les 9€des lésions secondaires un peu particulières à la mamelle sont les syphihdes muqueuses. On les rencontre en deux régions de Torgane : au voisinage du

uiamdon et dans le pli pectoro-mammaire. Au pourtour du mamelon, on ne

les observe guère que chez les nourrices. La succion, les lavages, Fétat d'humidité presque permanent de cette région, altèrent Tépiderme et créent chez elles une véritable prédisposition aux syphilides muqueuses. C'est pour cela, et Foumier insiste sur ce point, qu'il y a danger à prendre comme nourrice une femme en puissance de syphilis secondaire, d'autant plus que les lésions spécifiques prennent souvent en cette région l'aspect d'érosions fissuraires, de gerçures allongées, difficiles à distinguer des simples crevasses.

Claude a observé une syphilide papulo-muqueuse de l'aréole chez une femme qui n'était pas nourrice. Mais les lésions < étaient consécutives à un chancre du mamelon, méconnu tout d'abord, et traité pendant un mois au moyen de cataplasmes et de lotions émollientes >. Les conditions réalisées d'ordinaire par le succion l'avaient été dans ce cas par les divers topiques employés.

Les syphilides muqueuses de l'hémisphère inférieur s'observent chez les femmes à mamelles volumineuses et pendantes, c La finesse de la peau et le contact permanent des surfaces, réalisent, comme dans l'aisselle et aux organes génitaux, les conditions les plus propices au développement de ces lésions (*). > Elles prennent ordinairement la forme de papules et constituent parfois d'énormes masses hypertrophiques. Fournier(*) a vu une de ces nappes hypertrophiques qui s'étendait du sternum à l'aisselle, et couvrait le thorax de bourgeons végétants sur une hauteur de 10 à 15 centimètres. On aurait pu croire à un cancer en cuirasse.

Foumier a décrit une autre variété d'accidents secondaires de la mamelle, c'est Yanalgésie syphilitique. Cette analgésie frappe d'une manière spéciale le sein et le dos de la main. « Rendu f) a tenté de classer ces curieux phénomènes au nombre des manifestations de l'hystérie ; il résulte cependant des centaines de cas étudiés jusqu'à ce jour, que ces troubles de la sensibilité ont bien réellement la syphilis pour cause et pour cause exclusive » (Claude).

Page 1