ACCIDENTS TERTIAIRES
dTTvaren (*). de Maisonneuve (*)> de Vemeuil (*), d'Ambrosoli (^), dlcard (*), dUenaig ('), d'Horteloup('), elles deux thèses forlintéressanlesde Landreau (') et de Claude (•).
Il est difficile d'apprécier la fréquence de la syphilis terliaire du seio, car il il est possible, comme le dit Landreau, que bien des cas aient élé méconnus. Toujours est-il que Claude n*a pu recueillir que 2a observations authenliques, auxquels on pourrait ajouter les trois cas d'Ambrosoli.
L'étiologie en est fort obscure. Assurément les femmes y sont prédisposées, mais, sur 23 cas, ^ s^ ^cmt rencontrés chez des hommes. La proportion de 4 sUTi 25 est 1res considérable; et il n'est pas une alTeetion du sein où elle !5oit aussi élevée. Les causes qui déterminent la localisation de la syphilis tertiaire sur la mamelle nous échappent absolument. Il est possible que les modifications anatomiques qui se produisent pendant la grossesse et lallaitement jouent un certain rôle, mais la fréquence relative de l'aiTeelion chez l'homme empêche d attribuer à ces causes une importance considérable. Troncîn a émis Fhypothèse que les gommes de la mamelle se développaient surtout quand l'inoculation avait eu lieu par le sein. Les faits nejusiifient pas cette hypothèse. Quant au traumatisme, il n'est nettement indiqué <|uc dans un seul cas, celui de Segond(''), où la malade s était enfoncé une aig^uille dans le sein.
Lancereaux (^') divise les gommes du sein en deux variétés : les gommes diffuses, constituant la mastitite syphilitique rliltusc^ et les gommes circons<*rites, ou mastite gommeuse, La maslile dilîiisc se manifesterait par une tuméfaction générale de Torgane s*accoinpagnant d'engorgement ganglion* naire, D'après Julien, elle serait précoce et débuterait dès la fin de la période secondaire. L'existence de cette maslite syphilitique dilTuse nest pas encore prouvée* Les observations d'Arabrosoli que cite Lance reaux ne sont pas très probantes. Il faut attendre de nouveaux faits pour se prononcer à son sujet.
L'existence des gommes est au contraire bien démontrée. Au point de vue anatomo-palhologique, la tumeur gommeuse ne diffère pas de celles qu'on observe dans les autres régions. Ses rapports avec les canaux galactophores ne sont pas bien connus. Dans les deux seuls examens histologiques qui aient été pratiqués, celui de Verneuil et celui de ïlennig, on ne trouve pas de renseignements très précis sur ce point. Il est dit seulement, dans robservatîon dllemiig, qu'une gomme située au milieu des canaux galactophores les comprimail un peu. Le plus souvent la tumeur se développe vers le centre de la mamelle, dans la région aréolaire, tantôt dans le tissu cellulaire sous*culanéj lantôt dans l'épaisseur même de la glande. 11 n*est pas extrêmement rare de
(*) YvAREN, l>€4 tnétamorpfujscs tk ta syphitis^ 1851.
(•) MAîsoN?iECVE, Clin, f/ur., IKôk
0 VEWNEtriL, Bt4tl de la Socanat,, IK55, p. tt7.
(*) AMtmosoLi, Gas, méd, lombard, y 1855, n' 5tK
(*) IcAR». Mém, de la So€, des se, méd, de Li/on, 1867, l. VI, p, 70.
{^ Hexmg, Arch.fur Gynâk., 1871, l. Il, p. 350.
l') UoBTELOUP, Thèse d*agrég., 1872.
(•) l-AîïUREAU, Tticse de Paris, 1874.
ri Claciïe. Thèse de Paris, 1886.
{^ GnoMo, Thèse de Paris, 1878.
<^H Ljikccheaux, Traité hiMQfique et pratique de lasyphiîiê^ 186G.
trouver plusieurs gommes tlaus la même mamelle ou bien dans les di L*envahifiseinen(. des deux seins n*esl pas toujours simultané. Dans une ol vallon (') de la ih<.^sc de Landrcau, on voit que la malade qui venail ronsulter pour une gomme du sein droit avait eu antérieurement une alTcction semblable du côlé opposé, Quelquefois e'esl dans une région du corps plus ou moins éloignée qu'apparaît une aulre nianireslation du m*^me ordre. Riehcl, croyant à un cancer, allait amputer un sein, quand rappariliou d'une tumeur du m<^me genre dans le mtdiet de la malade Tarn^ta.
Le début do Fatîection passe dordinaîre complètement inaperru. La gomme se forme h froid, insidieusement, sans déterminer la moindre douleur, et c'est par hasard qu'on constate son existence. Tantôt elle forme d'emblée une tumeur ronde, dore, Lien circonscrite; tantôt elle commence par une sorte d'empâtement discoïde mal limitée. Ce n*est que peu à peu que l'induration se circonscrit et s'isole de manière à former une tumeur. Un caractère in^portant de ces tumeurs gommeuses, c'est leur mobilité. Elles sont mobiles sur les parties profondes et la peau est mobile sur elles. Spontanément indolentes, elles le sont également à la pression. Habituellement les ganglions axiîlaires ne sont pas engorgés.
/VJjandonuéc 6 elle-même, la gomme progresse et tend à se faire jour à rextérieur. Lorsque la tumeur siège au niveau du mamelon, elle peut entraîner sa rétraction. Le fait est parfaitement spécifié dans Tobservatiou de Richel. « Le mamelon situé au cenlre de la tumeur rentre et se rétracte, tandis que celui du côté opposé est au contraire très saillant. Lui-même, au dire de la malade, l'était tout autant avant Tinduration. » Le volume varie de celui d'une I m^isclte li celui d'un œuf ou d'une petite pomme. Dans un cas de Sauvages, les dimensions dépassaient celles de la tête d'un enfant; mais ce fait est sujet à caution. A mesure que la tumeur grossit, la peau devient adhérente et prend une coloration bronzée. La flucluatitui apparaît, les ganglions s'engorgent, la peau s'ulcère et la collection se vide à l'extérieur. Celte terminaison par ulcération survient en moyenne du deuxième au quatrième mois. A partir de ce moment la gomme du sein ne diffère' en rien de celles des autres régions.
Le diagnostic de cette aitcction [est fort dinicile. Au débul, pendant la période de crudité, la petite tumeur arrondie, mobile, sans adhérences, sans engorgement ganglionnaire, ressemble singulièrement à une tumeur bénigne. Plus tard, lorsque la peau est devenue adhérente et que les ganglions sont tumétlés. elle peut facilement en imposer pour une tumeur maligne. Plus tard encore, à la troisième période, lorsque l'ulcération est survenue, le diagnostic ■ s'impose. Mais dans les deux premières périodes, la période de crudité et la f période d'adhérence avec engorgement ganglionnaire, je ne crois pas qu'on puisse trouver dans la tumeur elle-même des signes objectifs qui permettent de la reconnaître sûrement. Il lïy a que deux choses qui puissent conduire au diagnostic, l'évolution et les antécédents syphilitiques. Les antécédents ont J certes une grande valeur, et nous voyons dans plusieurs observations que " c'est Tapparition d autres lésions syphilitiques^ ulcérations serpigineuses de ravant-Lras, gomme du mollet, qui a éveillé l'attention du chirurgien. Mais