FIBROMES DES PAROIS ABDOMINALES
elle est dure au toucher, légèrement élastique comme les fibromes; elle est mate à la percussion, mobile sous la peau, en connexion étroite avec les muscles qui se tendent quand on les soulève.
Si elle n'est pas éloignée du squelette, dit Labbé, on voit les tendons et les
fibres musculaires former une corde qu'on a si souvent prise pour un pédicule.
L'étude des connexions de la tumeur et des muscles conduit à des constatalions plus importantes encore. Si le ventre est flasque, comme après une grossesse, on peut palper la tumeur, la saisir pour ainsi dire entre les doigts ; si la paroi musculaire est un peu distendue, elle s'oppose à cette palpation complète et le diagnostic devient plus difficile.
Cependant il est un signe, pour ainsi dire pathognomonique des tumeurs de la paroi antérieure de l'abdomen, c'est leur vnmobiHsatioi quand on fait contracter la paroi abdominale. Dites au malade de « serrer le ventre » et vous verrez sous vos doigts la tumeur se fixer, s'immobiliser, pour reprendre toute sa mobilité dès que l'eflbrt musculaire aura pris fin sur votre commandement.
Les //ros fibromes sont plus inégaux, les connexions de leur face profonde sont plus difficiles à préciser; parfois la tumeur devient sensible, douloureuse; la peau du ventre se laisse distendre., le ventre devient pendant, comme dans les cas de Rokitansky et de Labbé.
A la longue, les téguments s'œdématient, la peau s'ulcère au contact des vêtements ; on a môme vu les malades maigrir et se cachexier.
Fie. 43. — Fibrome de In paroi abdoiuinnlo. Venlrc pendant. (D'après Thèse de Cornils.)
Marche et terminaison. — Les fibromes de la paroi abdominale présentent souvent dans leur évolution deux périodes distinctes : une première, lente, où la tumeur reste longtemps stationnaire; on l'a vue se prolonger pendant quatorze ans. Dans la seconde phase, l'évolution est plus rapide, l'indication opératoire plus urgente. Les tumeurs s'infiltrent, grossissent parfois sous l'influence d'une nouvelle grossesse. On n'a pas observé de généralisation ni de récidive dans les cas où l'ablation a été complète.
Pronostic. — Le pronostic est des plus favorables. Les tumeurs fibreuses de l'abdomen sont des tumeurs essentiellement bénignes, qui ne sont jamais inopérables.
Si les désordres péritonéaux qu'entraîne parfois leur extirpation ont fait
FIDUÛMKS DES PAROIS ABDUMIXALES.
faire des réserves h tles ehiriiri^firns «le la valeur de Trèlal (Th* Damalix),
il csl cepcntlanl permis tlespL^'er que les progrès de rcinlisepsic arriveront à faire ilii^paraîtrc des shilisliques ces cas de morts qui les entaebent enrcire de loin en loin malgré toutes les préeautions prises»
Diagnostic. — La rarclé relative des tumcurii qui nous occupent explique l«» norabre considérable d'erreurs qui ont éié commises h leur propos. On a vu des chirurjjî-iens couvaim^us qu'ils avaient aiïaire h des kystes ovnrifjues éttucléer péniblement toutes les enveloppes celluleuses du iibrome coniïnc &"ils décollaient desadliérencespéritonéales; rerreiu- est ordinairement reconnue plus tôt.
Les affections avec lesquelles on peut confondre les fibromes de la paroi antérieure de labdomen sont :
h Des tumeurs de la paroi elle-m4^me :
t2^ Des tumeurs de la cavité de l'abilouien.
Panni les tumeurs de la paroi» nous citerons quelques tumeurs herniaires de consistance anormab^, des hématomes, des hernies musculaires, des lipomes profonds, des tumeurs malignes du lif^ament romlT des bord du bassin, cjitîn les tumeurs syphilitiques tertiaires.
Ce diagnostic est en ^^^énéral facile: les autres tumeurs de la paroi, à part les tiuneurs malignes, ont rarement la nu'^me consistance, la même évolution lente, les mêmes limites nettes. Les tumeurs malignes sont aussi dures, elles sont plus ditTuses; leur marche est plus rapide, il y a des douleurs généralement vives. Quant aux {^fournies, à défaut d'antécédents et de caractères locaux, ou n encore pour jui^er la question les résultats d'un traitement spécilique.
Les tumeurs de la cavité abdominale, notamment les kystes de lovaire, les tumeurs de Tépiploon, du foie et surtout les corps fibreux de la matrice sont en général d un dia^j^^nostic plus difficile.
Mais si l'on songe à exjïlorer les connexions de la tumeur avec les muscles, il n'y a plus d'erreur possible^. Le fibrome de la paroi s'immobilise par la contraction musculaire, il devient plus saillant: jamais le fibrome utérin ne présente la même immobilisation. Ajoutons encore tous les caractères particuliers des myonies, et surtout les métrorrhagies.
Traitement. — il est grand temps de vouer à l'oubli qu'ils méritent le Kê/aiti la tiyalure et la section som-cKtanée du pédiaiîe, lextirpation iacomphic^ préconisés en t^rance il y a vingt ou trente ans.
U n'y a pas d'autre traitement à jiro poser actuellement à ces tumeurs que Vea*tiriMitiun faite avec toutes les précautions d'asepsie ou d'antisepsie qui sont aujourd'hui d'un usage courant.
Otle extirpation doit être faite le plus tôt possible ; suivant la juste expression de Labbé, c'est une opéralfon de jnyvmjuuvL' pour les petites tumeurs, ttKf'ip'nce pour les grosses.
A ceux t|ui voudraieid trop attendre, on ne saurait trop rappeler les dangers iaconteslables des grosses opérations et les énormes désordres péritonèaux qu'elles nécessitent parfois, (juaat aux craintes et aux réserves formulées par Trélîil relativement aux fibromes moyens, nous ne croyons pas devoir nous