‹ Traité de chirurgie publié sous la direction de Simon Duplay [et] Paul Reclus (volume 2)Chapitre 42 sur 131 · URO-HEMATOXEPHROSE · texte numérisé non relu

URO-HEMATOXEPHROSE

lombaire, avec fixation exacte de la capsule du rein à la peau. Je ne signale que pour mémoire la méthode des ponctions multiples qui détermineraient des adhérences. L'incision pourrait porter aussi sur Turetère qu'on amènerait à la peau (Le Dentu) ('). Pendant l'opération on a cherché la perméabilité de ce conduit par le cathétérisme. Il n'est pas rare de voir, après la néphrotomie, une sécrétion d'une urine abondante et riche en principes excrémentiliels, alors que le parenchyme rénal paraissait détruit; mais le plus souvent cette poche ainsi drainée s'infecte, suppure et la néphrectomie secondaire, portant alors sur une cavité suppurante, deviendra plus grave. Aussi conseillerons-nous une asepsie minutieuse du foyer après l'incision et une intervention secondaire précoce, dès que l'état physiologique du rein du côté opposé sera établi. Cette intervention consistera dans l'extraction des calculs de l'uretère, ou la résection de la poche ou son extirpation.

Entre ces deux procédés vient prendre place le retournement de la poche. Je n'ai aucune expérience de ce procédé, mais après avoir lu l'article de Gayet(-), je ne suis pas convaincu de sa supériorité ou mieux de son utilité dans le traitement des grosses hydronéphroses.

Si l'hydronéphrose est fermée, à volume fixe, il faut d'abord chercher, par le cathétérisme rétrograde ou la ponction, à en faire une hydronéphrose ouverte et si ce résultat est obtenu, on la traitera comme telle. Si au contraire l'obstacle resle infranchissable et si le liquide se reproduit, l'intervention opératoire s'impose. La recherche de l'obstacle et les moyens à lui opposer rentrent dans le cadre des faits que nous venons d'étudier avec le même but conservateur; la néphrotomie, la néphrectomie reconnaissent les mêmes indications.

Pendant toutes ces manœuvres, la grosse pierre d'achoppement consiste dans l'infection possible de la poche hydronéphrotique. Celte infection, qu'elle soit primitive ou secondaire, n'est pas une contre-indication absolue au traitement conservateur; nous savons que les infections pyéliques légères et qui se drainent bien par un uretère suffisant peuvent guérir; toute la question est donc d'obtenir celte perméabilité. Son échec reconnu et l'apparition de phénomènes toxiinfectieux graves sont les seules indications à la néphrectomie.

URO-HÉMATONÉPHROSE

Cette variété que j'ai cherché à établir est essentiellement caractérisée par la rétention inlra-rénale d'urine et de sang('); je décrirai ses formes et ses rapports avec les tumeurs du bassinet, p. 4-44.

Elle se rencontre dans deux circonstances. Survenant à la suite d\in traumatisme, l'épanchement est en général péri-rénal: lorsqu'il est intra-rénal il est dû à Yoblitération temporaire ou définitive de Vuretère et se caractérise uniquement par une augmentation de A^olume du rein. La localisation de l'uro-hémaLonéphrose était particulièrement intéressante dans un cas de Nelsen(')où l'hémorragie s'était faite entre la capsule propre du rein et le parenchyme (hématome

(') Le Dentu, loc. cit.

(-) Gayet, Gazelle méd. de Paris, 1807, p. lOô.

{') TuFFiER, Soc. de chir., 28 nov. 189i.

(') Nelsex, Ziegler's Beilr. zur. path. Anal, und Physiol., 1888, t. III, p. 270-'284.

sous-capsulaire). Je crois que Nelsen Finlilule à tort « périnéphrite hémorrao-ique » ; il s'agit, autant que la description permet de s'en rendre compte d'une hématonéphrose. — Pantaloni(') cite un cas où il existait 24 litres do liquide uro-héma tique.

Quand l'uro-hématonéphrose est spontanée, elle se rencontre : 1" comme un épiphénomène d'une hydronéphrose banale ; 2" comme une hémorragie symptomatique d'une tumeur du bassinet.

Uépanchement scmguin dans une hydronéphrose déjà volumineuse donne lieu à la présence d'un liquide brunâtre ou noirâtre, que nous avons signalé. Lorsqu'il est symptomatique d'une tumeur du bassinet, les lésions suivent l'évolulion suivante : le néoplasme oblitère partiellement l'uretère et distend le bassinet, puis les hémorragies se font du côté du bassinet distendu; lorsque la poche atteint une certaine tension, elle se vide, d'où hématurie intermittente de couleur généralement noirâtre. Lorsque l'hydronéphrose est ouverte, l'hématurie est continue et coïncide avec la tuméfaction du rein : aussi avais-je cru, dans mon observation, à l'existence d'un néoplasme rénal. Au contraire, si l'hydronéphrose est fermée, avant que l'hémorragie intrapyélique se produise, il se fait une tuméfaction rénale s'accompagnant de l'émission d'urines normales. Cinq ans après ma publication, Pantaloni('') a repris ces faits. — Pendant l'intervention en pareil cas, on tombe sur une poche qui, incisée, donne un flot de sang, à tel point que chez un de mes malades je crus à une blessure d'une veine volumineuse pendant l'opération.

Page 1