‹ Traité de chirurgie publié sous la direction de Simon Duplay [et] Paul Reclus (volume 2)Chapitre 55 sur 131 · Pyélite kyslic|ue polypeuse. (Lancereaux · texte numérisé non relu

Pyélite kyslic|ue polypeuse. (Lancereaux

On n'est pas fixé sur la nature et l'éliologie de ces kystes. Dans les cas que j'ai rencontrés, ils coïncidaient avec des infections rénales, mais ce peut n'être là qu'une simple coïncidence.

Anatomie pathologique. — Les kystes se présentent sous forme de petites élevures transparentes, du volume d'un grain de millet, disséminées sur toute la hauteur du canal urétéral, principalement dans son tiers inférieur. En dehors des infections rénales, j'ai rencontré ces kystes chez un malade atteint d'une hématurie profuse et per sisLante. Morris les a vus coïncider avec une né phrite interstitielle et Eve a observé un cas sem hlable chez un malade également hématurique.

Les trois hypothèses émises sur leur pathogénie sont les suivantes : 1° ces kystes se développeraient aux dépens des cryptes et des glandes préformées de la muqueuse urétérale ; 2° ils dériveraient des « nids épithéliaux » de Bumm ; 5° ils seraient d'origine parasitaire.

1° J'écarterai de suite la première hypothèse; car l'existence des glandes urétérales est loin d'être démontrée, et me semble douteuse.

2° La seconde hypothèse a été défendue tout récemment par Markwald ('). Cet auteur, qui a pratiqué l'examen des uretères sur 700 cadavres et les a soumis à des milliers de coupes, arrive à ces conclusions que les kystes qui se présentent dans l'uretère se forment, dans l'immense majorité des cas, par dégénérescence des cellules composant ce que Bumm a appelé les « nids épithéliaux » ; ce sont donc des kystes par fonte cellulaire. Ces nids et les kystes auxquels ils donnent naissance sont congénitaux ; ils se développent pour la plupart pendant la vie extra-utérine; leur nombre, dans certains cas, est proportionnel, mais dans de larges limites, à l'âge du malade. Les kystes acquerraient une valeur pathologique lorsque leur développement devient excessif. Les inflammations et les infections du canal ne joueraient aucun rôle dans la pathogénie et le développement de ces kystes, ainsi que le voulait Risenti.

5° Kahlden (^) a trouvé au centre d'un kyste un pigment jaune doré et des granulations se colorant au picro-carmin. Cet auteur regarde ces kystes comme des kystes parasitaires sporospermiques

•'iG. 1Ô-2. — Urélèrite kystique polypeuse.

(Lancereaux.)

(') Markwald, Miinch. med. Woch., 1898, n° ô3, p. 1051. (-) Kahlden', Soc. de méd. de Fribourg, 1896.

ressemblant aux myosporidies qu'on trouve dans la vessie du brochet et qui contiennent le même pigment brun.

L'affection est généralement bilatérale. Nous ne savons rien de la clinique de cette curieuse affection qui est, jusqu'à présent, du domaine anatomopathologiquc.

Nattan-Larrier (') a vu. à l'autopsie d'une femme de soixante-dix-sept ans, une véritable généralisation de petits kystes à tout l'appareil urinaire : dans le rein droit qui présentait de la néphrite chronique, à la surface du bassinet, sur les uretères, au niveau de la muqueuse vésicale où l'on en comptait six à huit. L'examen de ces kystes montra qu'ils étaient situés sous l'épithélium, qu'ils renfermaient un liquide clair, jaune citrin, et que la paroi de leur cavité était lisse. Exceptionnellement ils présentaient des ramiflcations microscopiques. Leur paroi externe était hyaline. — Dans un cas que j'ai vu, la structure était tout à fait simple. La muqueuse urétérale présentait ses cellules normales; le kyste, au contraire, une seule couche de cellules aplaties (Brault).

ANOMALIES DES URETÈRES

Nous avons dit plus haut que les anomalies des reins (voy. ce chap. p. 586) n'entraînaient pas forcément des anomalies des uretères. Inversement, les anomalies des uretères peuvent exister sans malformation aucune du côté des reins. Cependant les anomalies des uretères sont beaucoup plus liées à celles des reins que ces dernières à celles de l'uretère. C'est ainsi que l'absence de l'un ou des deux reins entraîne l'absence de lun ou des deux uretèi'es et que nous voyons des anomalies de l'uretère se produire lorsque les reins sont congénitalement déplacés ou soudés entre eux par une de leurs extrémités, ou simplement multilobés. Enfin ceux qui ont signalé l'existence de 5 reins ont trouvé en môme temps trois uretères.

Les anomalies de l'uretère peuvent être divisées en 2 grandes classes : anomalies de nombre, et anomalies d'abouchement.

A. Absence des 1 uretères. — Ces cas ont été observés chez des nouveau-nés mal conformés. Cette absence est toujours liée à celle des reins et des vaisseaux rénaux. 5 cas ont été rapportés par Pigné, Mayer (de Bonn) et Debierre (de Lille) (^). Il suffit de les signaler sans plus de détails, car, étant incompatibles avec la vie, ils n'offrent aucun intérêt pour le chirurgien.

B. Absence d'un uretère. — ■ Cette anomalie, comme la précédente, est liée à l'absence du reste de l'appareil rénal du même côté ; on le rencontre surtout du côté gauche. Elle a été constatée à tous les âges; elle est donc parfaitement com-

(•) Nattan-Larrier, Soc. anat., mai 1897. ]^) Cités par Spaletta, Thèse de Paris, 1895.

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patible avec la vie. Bien que moins rare que la précédente, elle est cependant loin d'être fréquente, et nous n'avons pu en réunir qu'une vingtaine de cas recueillis en grande partie dans les Bulletins de la Société anatomique de ces 20 dernières années.

C. Duplicité de rurelère. — D'après M. Poirier (') cette anomalie se présenterait 5 fois sur 100, c'est-à-dire beaucoup plus fréquemment qu'on ne le croit communément. Nous avons pu en rassembler une quarantaine de cas; mais nous ne doutons pas que ce chiffre s'élèverait rapidement, si, dans les autopsies, on prenait soin d'examiner systématiquement à ce point de vue tous les uretères. La duplicité des uretères peut être incomplète ou complète c'est-à-dire que les 1 conduits qui partent du même rein peuvent ou non se réunir avant d'atteindre

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