ABSENCE TOTALE OU PARTIELLE DE L'URÈTHRE
Uabsence totale de l'urèthre, observée quelquefois chez la femme, est extrêmement rare chez l'homme. On en cite à peine deux cas : l'un de Richardson(') (absence de vessie et d'arèthre, ouverture des uretères dans le rectum) ; l'autre
{') CiiOPART, Voies urinaires, p. U7.
TR.\ITÉ DE CHIRURGIE, 2' CClit. — 'VII. 47
[E. FORBVE.-i
de RéA'olat(') (absence d'anus et de verge, issue du méconium et de l'urine par un orifice situé au-dessous d'une hernie ombilicale). Le fœtus de Révolat était mort-né: le malade de Richardson a vécu dix-sept ans, pissant par l'anus.
L'absence partielle de l'urèthre ne s'appuie que sur des observations contestables.
DILATATIONS CONGENITALES DE L URETHRE
Ce vice de conformation est infiniment rare. Nous nous en tiendrons a description donnée par Guyon dans sa thèse.
Un cas de Delbovier(^) (occlusion siégeant au niveau du ligament pubien, pas de dilatation en arrière d'elle, dilatation considérable au niveau du gland) tendrait à prouver la possibilité d'une dilatation congénitale sans cause mécanique.
Inversement, voici une observation d'Hendriksz (d'Amsterdam) dans laquelle la dilatation paraît être due à la présence de deux plis valvulaires. Il s'agit d'un enfant de huit ans qui portait au-dessous du pénis, une bourse flasque très plissée, occupant toute la portion comprise entre la fosse naviculaire et l'arcade du pubis et capable de contenir toute l'urine d'une miction. Le méat était bien conformé. Pour vider sa bourse, l'enfant était obligé de la comprimer assez fortement avec les deux mains. Par l'exploration à l'aide d'une sonde, on constatait l'intégrité de la paroi supérieure de l'urèthre, mais l'absence de la paroi inférieure sur toute la longueur correspondant à la poche. Hendriksz guérit cette infirmité par l'opération suivante : La tumeur, distendue par une injection d'eau tiède, fut circonscrite par deux incisions semi-elliptiques. La membrane propre de la bourse fut dénudée et incisée. Alors le chirurgien reconnut la présence de deux plis valvulaires de la muqueuse uréthrale situés aux deux orifices de la poche et les détruisit. Après avoir réséqué la portion exubérante des parois, il sutura séparément les lèvres de la muqueuse et les bords cutanés. Une sonde à demeure fut laissée quelque temps et la guérison fut complète.
Voici enfin un fait de dilatation congénitale sans occlusion, il a été recueilli par M. Anger, alors interne du service de Laugier, à l'Hôlel-Dieu. Un enfant de trois ans, chétif, à tous antécédents héréditaires, porte au-dessous de la verge un appendice cutané, en forme de crête, épais, irrégulier, pendant de 4 centimètres 1/2 environ, et constitué par une poche qui, à l'état de vacuité, est aplatie latéralement et sillonnée de plusieurs plis divergents. L'orifice préputial permet d'entrevoir le bout du gland et un méat normal. La verge est un peu plus grosse qu'on ne l'observe à cet âge ; son bord supérieur présente une courbure très accentuée en haut et en arrière. Un stylet glissé le long de la face supérieure de l'urèthre pénètre aisément dans la vessie; si l'on veut suivre la paroi inférieure, on tombe immédiatement dans la poche. Il n'existe de valvule
(') Journal de Séditlot, t. XXVII, p. 370.
^*) Depaul, Gaz. hebd. de méd. et de chit'., 1800, l. VII, p. 52i, et Annales de la méd. belge, mai 1842; 5= cahier, p. 10 et suiv.