EMBOUCHURES ANOMALES DES ORIFICES DE L'URÈTHRE
en aucun point de FurèUire. PendanL la miction, la poche se distend peu à peu et acquiert le volume d'un gros œuf de poule. Ses parois, déplissées, sont tendues et transparentes. La poche prend la forme d'un estomac dont le méat serait le pylore et la partie postérieure de la verge, l'œsophage. Le jet, unique, a la forme et les dimensions ordinaires. Les efforts de la miction terminés, il dure encore un instant, puis s'arrête. La poche, restée pleine, ne peut être vidée que par la pression entre les doigts.
De ces trois observations, ressort nettement la conclusion suivante : les dilatations congénitales de l'urèthre ne dé pendent pas d'une cause mécanique analogue à celle qui produit les dilata
FiG. 186. — Poche urineuse congénitale à l'état de vacuité et au moment de la miction, lorsqu'elle est distendue par l'urine. (Anger.)
tions accidentelles, en arrière d'un rétrécissement par exemple. L'absence de toute trace du corps spongieux dans la texture des poches urineuses congénitales tendrait plutôt à incriminer un arrêt de développement du squelette spongieux qui faciliterait la distension de la paroi uréthrale réduite à la muqueuse seule. La gravité du pronostic dépend du degré de la gêne apportée à l'exercice des fonctions urinaires et génératrices, et de la nature des malformations concomitantes. Quant au traitement, nous ne pouvons que nous en rapporter à l'observation d'Hendriksz.
EMBOUCHURES .ANOMALES DES ORIFICES DE L'URÈTHRE ET D'ORGANES VOISINS DANS L'URÈTHRE
On n'a jamais observé d'embouchure anomale de l'orifice postérieur ou vésiccU de l'urèthre.
On a noté au contraire plusieurs variétés iV embouchure anomale du méat.
Malgaigne {'■) les a indiquées sommairement dans son Anatomie chirurgicale, et, en 1843, Guillon a présenté à l'Académie des sciences un sujet chez lequel le méat urinaire formait une sorte de poche à parois assez minces, qui s'ouvrait sur le côté droit du gland; le jet d'urine décrivait un angle presque droit avec le pénis et se divisait comme l'eau qui sort d'une pomme d'arrosoir. Dans des
(') T. II, p. '244, 2= édition.
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cas de ce genre, il suffit de créer un nouveau méat ^à sa place normale. S'il existe une poche voisine du méat, on n'aura qu'à exciser ses parois.
Les seuls faits à' embouchure anomale de l'un des segments de Vurèthre qu'on ait observés, se rapportent à des cas d'ouverture dans le rectum, accompagnée d'autres malformations de la verge que nous avons déjà étudiées.
'L'embouchure anomale du rectum dans Vurèthre s'accompagne toujours d'une oblitération de l'anus. Elle doit donc être étudiée avec les vices de conformation de l'anus et du rectum.
V11I| DUPLICITÉ DE L'URETHRE
La plupart des auteurs nient la vraie duplicité, c"esl-à dire la bifurcation ou le cloisonnement de l'urèthre.
Méats doubles. — Cependant le gland peut présenter plusieurs ouvertures, mais le cathétérisme démontre généralement qu'une seule d'entre elles conduit dans l'urèthre et que les autres se terminent en cul-de-sac. L'apparence d'ouverture double dépend d'anomalies du méat, signalées à propos de Thypospadias.
Fistules dorsales du pénis. — • 11 existe un certain nombre de faits, bien observés, de canaux accessoires du pénis situés à la face dorsale de l'organe : Englisch et R. Le Fort les ont coUigés. Cette malformation reste souvent inaperçue jusqu'à l'époque où une blennorragie appelle l'attention. L'ouverture extérieure du canal anormal siège à une distance variable de la pointe du gland, mais toujours sur la ligne médiane. Les dimensions en sont généralement très restreintes. Le canal, dirigé en arrière sur la ligne médiane, occupe en général toute la longueur de la verge; il mesurait 78 millimètres (llarchal), 12 centimètres (Englisch), 14 centimètres 1/2 (Posner et Schwyzer). II ne se termine pas toujours en cul-de-sac au niveau du pubis. « Kauffmann, nous dit Le Fort, avail déjà attiré l'attention sur le filament qui part de là partie postérieure du lobule prostatique ectopié dans l'observation de Luschka et qui relie le cul-de-sac du canal à la vessie ; dans l'observation de Pribram, le canal semblait se terminer en cul-de-sac et, pourtant, les recherches ultérieures de Klebs et Eppinger ont montré qu'au delà du cul-de-sac et séparé de lui par une mince membrane il y avait un canal de 2 centimètres, tapissé par une muqueuse et débouchant dans la vessie ; dans l'observatien de Meisels, les injections ont démontré la communication du canal anormal avec la vessie. » Ces faits sont d'interprétation malaisée : pour expliquer 15 cas, 12 théories ont été proposées. Il est vraisemblable de les rattacher à une ectopie de la lame uréthrale, comme nous le faisons pour l'épispadias.
Uréthre double avec pénis double. — Enfin, on a observé des cas de pénis doubles juxtaposés et pourvus chacun de leur uréthre. Velpeau a présenté, on 1844, à l'Académie des sciences, un enfant porteur de deux pénis; les deux urètlires paraissaient communiquer tous les deux avec la vessie.
TRAUMATISMES DE L'URÈTHRE.