CORPS KTRANGERS DE L'INTESTIN
ralion, cL le rorps rlran<>or, s'onkyslaiil au cciilrc dos exsudais, dcMueuro ainsi peiulaiit une période })lus ou moins longue; mais un jour vient, où des accidents subaigus se manifesUnil, aboulissanl, comme <lans les cas précédents, à la l'ormalion d\\n abcès. Les (jueltpu's consitléralions (ju(? j'ai exposées plus haut, à proj)os des coi-ps élrangers de l'eslomac, me dispensenl d'cMilrcr dans plus de détails.
Diagnostic. — Les remarques faites à propos du diagnostic des corps étrangers de l'eslomac s'appliquent aux corps élrangers de l'intestin : 1res facile, lorsqu'on a des renseignements précis sur l'inlroduclion, et lorsqu'il existe des symptômes fonctionnels provoqués par la présence du corps étranger, le diagnostic est, au contraire, à peu près impossible, si les commémoraliis font défaut, car les accidents d'entérite et de réaction péritonéalc plus ou moins intense, n'ont rien do palhognomonique. Dans quelques circonstances, cependant, la palpalion peut mettre sur la voie; mais, pour qu'il en soit ainsi, il est nécessaire que le corps étranger réunisse des conditions de volume, de forme et de situation, qui se rencontrent rarement.
Lorsqu'il s'est produit une perforation et une péritonite, ou lorsqu'il s'est formé un abcès, le diagnostic étiologique reste, le plus souvent, très obscur, s'il n'est aidé par les commémoratifs.
Pronostic. — Le pronostic est sans gravité, pour les corps étrangers de petit et de moyen volume, car ils sont, d'ordinaire, expulsés aisément par les voies naturelles. On doit faire quelques réserves si, en raison de leur forme irrégulière ou pointue, ils sont susceptibles de blesser la paroi intestinale.
Les corps étrangers volumineux comportent un pronostic toujours sérieux, car ils peuvent entraîner la mort, de plusieurs manières : par l'affaiblissement progressif, qui est la conséquence des troubles digestifs s'ils ne sont pas évacués ; ou bien, par l'épuisement qui succède à leur expulsion par un abcès, s'il s'établit une fistule stercorale ou un anus contre nature. D'autres fois, les malades sont emportés par une occlusion intestinale. Enfin, et c'est là l'accident le plus redoutable, une péritonite généralisée survient quelquefois, soit primitivement, soit au cours de la période inflammatoire qui précède l'élimination spontanée.
Traitement. — Quand les corps étrangers de l'intestin ont un volume petit ou moyen et une forme régulière, il faut laisser agir la nature. Lorsque leur forme, irrégulière ou pointue, constitue un danger, on doit chercher à favoriser leur progression au moyen d'une alimentation appropriée (voy. plus haut les Corps étrangers de restomac). Les purgatifs seront proscrits.
Lorsqu'un corps étranger, régulier, détermine des accidents d'occlusion, on peut recourir aux purgatifs, ou à l'électricité (voy. Occlusion intestinale): on se condiiira de même, s'il s'agit d'obstruction par amas de matières fécales ou de corps indigestes, tels que des pépins de fruits ou des noyaux.
Lorsque les accidents reconnaissent pour cause un corps étranger trop volumineux pour franchir les points rétrécis, ou trop irrégulier pour cheminer sans péril dans l'intestin, comme les fourchettes, les couteaux, les morceaux de bois allongés et pointus, la laparotomie est indiquée.
A moins d'une indication particulière, telle que la saillie du corps étranger, nettement appréciable, l'incision sera faite sur la ligne médiane. Après avoir
[AD. JALAGUIER
/|SS CORPS KTHANGKRS DK i;i:STOMAC ET DK I.INTFISTIN.
roconnu la silualion el la Corme du corps élran^or, on i)rali<iii('ia à la paroi intestinale une ouverture suffisante pour permettre rexlraclion, puis on suturera cette ouverture par le procédé de Lembert plus ou moins modifié, ainsi que je l'ai indiqué à propos de la taille stomacale. Si Ton trouve des lésions graves de la paroi intestinale, il convient d'élahlir un anus contre nature, à moins qu'on ne se décide pour la résection des parties malades suivie de l'enlérorraphie circulaire.
Les opérations <]c taille intestinale, pour ablation de corps étrangers, ne sont pas nombreuses : Whitc (') a extrait avec succès une cuiller de l'intestin grèlc d'un homme de vingt-six ans. Radestock (=") a publié nue curieuse observation, de Stelzner (de Dresde), d'entérotomie et de gastrotomie pratiquées, dans la même séance, pour enlever des corps étrangers de l'intestin et de l'estomac; il s'agissait d'un détenu qui, dans une tentative de suicide, avait avalé divers corps étrangers; on sentait à l'épigastre des saillies dures et pointues. La laparotomie conduisit, d'abord, sur des corps étrangers de l'intestin grêle, et l'on put retirer deux morceaux de manchette en caoutchouc, et trois morceaux de bois, gros comme le petit doigt et longs de 6 à 7 centimètres. En explorant l'estomac, on reconnut qu'il renfermait, lui aussi, des corps étrangers, et l'incision permit d'extraire cinq autres morceaux de bois, identiques aux premiers. La guérison fut rapide. Après sa sortie de l'hôpital, l'opéré renouvela sa tentative de suicide, et, par une nouvelle opération, trois morceaux de bois, de dimensions un peu plus considérables que les premiers, furent extraits de l'intestin. Guérison.
Enfin Thiriar (de Bruxelles) nous a présenté. Congrès de chirurgie de 1891, une belle observation de taille intestinale, suivie de succès pour une obstruction causée par un calcul biliaire entouré de sels calcaires, et arrêté à la fin de l'intestin grêle; le calcul pesait 14 grammes et mesurait 42 milhmètres 6, dans son plus grand diamètre, et 26 à 28 millimètres dans son plus petit (voy. Occlusion par calculs biliaires).
De nouvelles indications surgissent lorsque des complications sont survenues, par suite du séjour prolongé du corps étranger dans l'intestin, ou par suite des altérations de la paroi intestinale ; par exemple, une péritonite, ou bien des abcès ou des fistules ; dans le premier cas, on ouvrira l'abdomen, pour enlever le corps étranger, laver et drainer le péritoine; dans le second cas, on incisera les abcès, et l'on pourra faire l'extraction du corps étranger.
S'il persiste un anus contre nature ou une fistule stercorale, on devra les traiter plus tard, suivant l'une des méthodes qui seront exposées dans une autre partie de cet ouvrage.
(') WniTE, Amer. Journal of med. sciences, juillet 1876, p. 270. (2) Radestock, Arch. fiir klin. dur., 1887,' t. XXXV, fasc. 255.