C.olU'S KTRANGERS DK L'INTKSTIN. i
oxcMiiplc. CruNcilliicr a cilt' un cas où il li(jii\a (»I0 noyitux de cerise. IlabiluellciiuMil, ces amas se produisent dans le £<ros intestin; lorsqu'ils sont anciens, ils sonl ai>-p:!omérés par des substances amorphes, concrètes, qui en fonl uii bloc, d'apparence lu>ni()t,^ène, à j)reniière vue; c'est là une variété d'enlérolilhes formés par apposition de couches calcaires autour de corps étrangers, reconnaissables à la coupe. Dans d'autres circonstances, l'entérolithe est constitué par un noyau central, qui n'est autre chose (pi'une masse fécale durcie, autour de laquelle se sont déposées plusieurs couches concentriques que l'analyse chimique démontre être composées d'o.xalale, de phosphate et de carbonate de chaux. OueU[uel'ois, la masse tout entière est formée par incrustation calcaire de substances vét^élales non digestibles (Laboulbène); d'autres fois, des couches fécales et calcaires alternent autour d'un noyau central.
Vulpian a signalé des cas dans lesquels le noyau central était un calcul biliaire.
Ces entérolithes, lorsqu'ils sont uniques, peuvent acquérir un volume considérable, celui d'une amande, d'une noix; Huss et Mosander ont cité une observation d'entérolilhe qui avait 17 centimètres de long sur G centimètres d'épaisseur. Bien plus souvent, ils sont multiples; ils ressemblent alors à des noyaux de cerise, à des grains de melon, et présentent des facettes par pression réciproque.
La genèse des conc.'rétions intestinales paraît tenir, pour beaucoup, au genre d'alimentation: les entérolithes ne sont pas rares, en particulier, dans les pays où la farine d'avoine constitue la base de l'alimentation, l'Irlande, l'Ecosse, la Bretagne; mais la cause doit en être cherchée surtout dans un trouble des sécrétions intestinales et dans la parésie de l'intestin engendrant la constipation ; en effet, les incrustations se produisent lorsque les matières calcaires, qui entrent dans la composition des matières fécales, sont retenues longtemps dans l'intestin.
Symptomatologie et marche. — Trois cas principaux sont à considérer :
b^ Le corps étranger parcourt, avec les matières, toute la longueur du tube intestinal, sans provoquer autre chose qu'un peu de gêne ou des coliques légères, au moment où il franchit les détroits naturels, la valvule iléo-csecale en particulier. Assez souvent, on note quelques douleurs ou quelques accidents inflammatoires, au moment de la traversée du canal anal.
Les corps étrangers de cette catégorie sont, en général, de petit volume et de forme assez régulière.
2'^ Le corps étranger progresse, mais lentement, par saccades, en subissant des temps d'arrêt, plus ou moins prolongés; à chaque arrêt, correspond une douleur fixe; quelquefois, il y a de violentes coliques, ou même des souffrances telles que le malade tombe en syncope. Les troubles fonctionnels sont, en même temps, très accusés : vomissements, hoquets, constipation ou diarrhée séreuse, sanguinolente, ou purulente. C'est ce qui s'observe, en particulier, pour les corps étrangers volumineux et allongés, tels que couteaux, fourchettes, morceaux de bois. Ce sont des accidents d'entérite aiguë.
Dans certains cas, le péritoine s'enflamme, ses feuillets adhèrent, et l'on voit se développer des accidents phlegmoneux, qui sont, à la vérité, bien plus rares que dans le troisième groupe.
On observe quelquefois, longtemps après l'expulsion du corps étranger, des symptômes de sténose intestinale imputables à la rétraction des cicatrices
[AD. JALAGVIER/l
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formées au niveau des ulcérai ions produites sur la nnuiueuse par la pression des corps étrangers.
0° Le corps étranger s'engage dans Tinteslin, mais il s'arrête en un point, et s'y fixe d'une manière définitive. Si le corps étranger est petit, les accidents sont insignifiants; cependant, s'il est arrêté dans un pli de la muqueuse ou dans un (liverlicule, tel que l'appendice iléo-ca^cal, ou bien s'il est irrégulier, pointu, comme un fragment de verre, une épingle, une arête de poisson, on peut observer l'ulcération et la perforation de la paroi intestinale. En dehors de ces conditions, le corps étranger peut s'enkyster, en quel(]ue sorte, et demeurer inotTensif; d'autres fois, il augmente de volume, par apposition de couches successives, fécales ou calcaires; ou bien encore, il devient un centre d'arrêt pour d'autres corps étrangers; de sorte que, à un moment donné, l'intestin se trouve obstrué.
Lorsque le volume du corps étranger est considérable, comme c'est le cas pour certains calculs biliaires, l'obstruction est complète immédiatement, et l'on voit se dérouler des phénomènes d'occlusion, qui ne tardent pas à amener la mort, s'ils ne cessent pas, grâce à une évacuation spontanée ou grâce à une intervention chirurgicale.
A côté de cette terminaison par occlusion, qui est l'apanage des corps étrangers très volumineux, et qui, somme toute, est assez rare, il faut signaler la terminaison par ulcération et par perforation intestinale, qui est bien plus commune. La perforation peut être rapide, immédiate pour ainsi dire; par exemple, lorsqu'il s'agit de corps pointus à l'une de leurs extrémités, aiguilles, épingles, fragments de verre ou de bois, etc.; en effet, les adhérences péritonéales et les exsudats protecteurs n'ayant pas le temps de s'organiser, le contenu de l'intestin s'épanche dans le péritoine, ou bien des matières septiques y sont inoculées par le corps étranger lui-même; dans ces deux hypothèses, une péritonite suraiguë emporte le patient.
Dans d'autres circonstances, la perforation se fait, lentement, par ulcération progressive ou par gangrène : ici encore, il est possible que les adhérences fassent défaut, au moment où la perforation se complète, et la conséquence nécessaire est encore une péritonite généralisée; mais, plus souvent, l'irritation chronique qui accompagne le processus ulcératif ou nécrosique, provoque la formation d'adhérences et d'exsudats, en sorte que, au moment où la paroi intestinale cède et où le corps étranger s'échappe de l'intestin, la cavité péritonéale est à l'abri des agents infectieux ; il se forme alors un abcès enkysté, et l'élimination du corps étranger devient possible, soit spontanément, soit après incision. Ces exemples abondent dans la science, et l'on en trouve de très curieux dans le célèbre mémoire d'Hévin.
En 1892, à l'hôpital Trousseau, je trouvai^ dans un abcès pré-ctecal que j'attribuais à une appendicite, une épingle à cheveux avalée un an auparavant.
Après l'ouverture de l'abcès et l'élimination du corps étranger, on peut observer, suivant les dimensions de la perforation intestinale, soit une fistule stercorale, soit un véritable anus contre nature.
Ce n'est pas toujours vers la peau que se dirige l'abcès; quelquefois, en elTet, le corps étranger s'échappe par la vessie ou par le vagin. ïlévin a rapporté plusieurs faits de ce genre.
Ordinairement, l'évolution delà péritonite circonscrite, qui prépare l'issue des corps étrangers, est aiguë; cependant, elle peut être chronique et sans suppu-