G PÉRITONITE A I'M:UM0C00UES
Il ne me paraît jias douleiix (jue la pluparl des péritonites dites idiopathiques des petites filles, étudiées autrefois par lY'réol et par Gaudcron, ne soient pas des péritonites à pneunioeoques.
Évolution. — Le début de la péritonite à pneumocoques est en général brusque, sans aucun prodrome, par une douleur vive, des vomissements, de la diarriiée, des frissons et un état fébrile très accusé. La douleur est assez souvent localisée dans un point de la région hypogastrique et la confusion avec l'appendicite est possible.
Après ce début bruyant, les phénomènes s'atténuent d'ordinaire. Labattement coïncidant avec de la diarrhée peut faire songer à une fièvre typhoïde ou à une péritonite tuberculeuse. Mais bientôt le ventre augmente de volume et on peut constater la présence d'une certaine quantité de liquide accumulé audessous de l'ombilic, dans les fosses iliaques et prédominant surtout dans la région qui a été le siège de la douleur initiale. Il n'est pas lare de noter un déplissement et une distension de la cicatrice ombilicale et, dans certains cas, l'ouverture spontanée à ce niveau. Je l'ai observée une fois sur mes 5 observations, et un peu plus tard, sur la même fillette (dont l'observation a été pubhée par Pochon), il se fit une seconde évacuation par le vagin. Lenfant guérit sans intervention après avoir présenté encore une otite à pneumocoques.
Comme le fait très justement remarquer Brun, la localisation sous-ombilicale de la péritonite et les modifications du côté de l'ombilic (déplissement ou fistulisation, rencontrées 9 fois sur 14 cas), ont une réelle importance au point de vue du diagnostic.
Les péritonites à pneumocoques réalisent le type des péritonites à grands enkystements. La masse intestinale agglutinée avec le tablier épiploVque forme un gros paquet plus ou moins entouré par le pus qui ne s'insinue pas entre les anses intestinales. Le plus souvent, il n'existe qu'un seul grand foyer sous-ombilical, condition essentiellement favorable au succès de l'intervention. Quelquefois cependant il y a plusieurs collections, comme chez ma première opérée (observation publiée par Gaillard en 1800), chez laquelle, après avoir évacué 5 litres de pus, je laissai deux foyers, l'un derrière le foie, l'autre derrière la rate.
La quantité du pus est en général très considérable : ses caractères sont presque pathognomoniques; il est verdâtre, en général, sans odeur et contient des coagula fibrineux parfois énormes. On n'y trouve, habituellement, qu'un seul microbe, le pneumocoque.
Le pronostic de la péritonite à pneumocoques (je ne parle ici que des péritonites primitives) est loin d'avoir la gravité de celui des autres péritonites. Brun sur 14 cas trouve 5 morts et 11 guérisons, dont une spontanée et 10 après laparotomie. Ses opérations personnelles lui ont donné 4 guérisons sur 5 cas; quant à moi, 4 laparotomies mont donné o guérisons rapides et 1 mort. Dans ce cas (observation publiée par Gaillard), j'avais méconnu deux collections. Une malade (observation de Pochon) a guéri spontanément. Ce qui fait la bénignité relative du pronostic, c'est la tendance de la péritonite pneumococcique à former des adhérences et de grands enkystements purulents. Ce ne sont pas à proprement parler des péritonites généralisées.
Malgré les cas de guérison, après ouverture spontanée, il ne faut pas attendre cette terminaison et la laparotomie aussi précoce que possible, dès que la présence du pus a été reconnue, est le seul traitement rationnel.
im:iut()\iti:s circonscrites. 077