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•40 à 50 ans -S
rU) à (50 ans •"
(iO à 70 ans 1
-182 cas.
Les chinVos de (î. Arinsli-on£>- (') sont un p(Mi dineronls :
L'analyse de 517 cas d'appiMulicile traités pendant les sept dernières années <lans les hôpitaux de Monlréal montre ([uo la IVéquencc de Tappcndicile va en îuiginentanl justprà l'âge de oi) ans et qu'elle atteint son maximum de 20 à 50 ans.
Peu importent du reste ces légères différences; il est établi que l'appendicite est surtout une maladie de l'enfance et de l'adolescence.
Elle est fort rare dans les premières années de la vie, cependant Balzer a rapporté, d'après Betz, une perforation de l'appendice chez un enfant de 7 mois et Tordeus (de Bruxelles), chez un enfant de 6 mois. Talamon cite une observation de Fenger concernant un enfant de 7 semaines.
Mon plus jeune malade avait o ans.
Sexe. — • Les hommes sont beaucoup plus souvent atteints que les femmes. Talamon trouve la proportion de 79 pour 100 chez les hommes, 21 pour 100 chez les femmes. Fitz 80 pour 100 chez les hommes et 20 pour 100 chez les femmes. Pravaz arrive à des proportions analogues. Il semble, à ne considérer que les appendicites des enfants, que l'écart entre les deux sexes soit un peu moins marqué. Matterstock donne 21 fdles pour 51 garçons; Jacob, 8 filles et 21 garçons; Mlle Gordon, 21 fdles et 58 garçons ; Brun, 19 fdles pour 26 garçons.
Ma statistique, comprenant des sujets de tout âge, indique 70 sujets du sexe féminin et 112 du sexe masculin. Elle concorde sensiblement avec celle d'Armstrong, qui donne environ deux fois plus d'hommes que de femmes.
Race. — Les cas d'appendicite sont beaucoup plus communs en Angleterre, en Ecosse, en Amérique que chez nous; il paraît en être de même en Allemagne et en Suisse, à en juger par le nombre des opérations pratiquées dans ces divers pays. On peut incriminer, à ce point de vue, les habitudes gastronomiques propres à certains peuples : excès de nourriture, alimentation indigeste ou trop épicée, usage habituel des viandes crues, de la charcuterie. Mlle Gordon estime que la grande fréquence de l'appendicite dans la Sibérie orientale, l'Angleterre et surtout l'Ecosse, est impntable à l'usage du pain d'avoine comme aliment ordinaire, et de fait, dans presque toutes les concrétions fécales se trouvent des fibres végétales ayant résisté à l'action des sucs digestifs. Il est bien probable, comme le remarque Talamon, que l'action du régime alimentaire est indirecte, et ne retentit sur l'appendice que par l'intermédiaire de l'irritation chronique du gros intestin.
{') G. AiîMSTRONG, 0Ô« réunion de la Briliah med. Assoc. Montréal, 1897; analysée dans la Presse méd., 4 déc. 1897, n" 101, p. 185.
lAD. JALAGVIER.'i
G.-)8 ÉTlOLOGIi:.
Hérédité. — D'après Roux, riiérédilc cxisicijiil dans 40 poiii- loil dos ras, cl DicuIaCoy, pour oxplicpier ce lail, imoquc rinnuence hérédilaiic di- larlliritismc (jui suscilorail dans une inènic l'aniille, qu'il s'agisse de coliaU'iaux ou de descendants, la lithiase appendicnlaire comme elle suscite les lithiases l>iliaire ou rénale. L'explication est ingénieuse, mais il faudrait établir (pic les appendicites familiales sont des cas d'appendicite calculeusc. Onoi qu'il en soit, qu'il s'agisse d'une diathèse héréditaire ou bien d'une malformation congénitale de l'appendice (Talamon), l'appendicite familiale existe sans conteste. Faisans a communiqué à la Société médicale des hôpitaux (février 1890, p. 229) plusieurs observations très démonstratives, et, à la Société de chirurgie, Berger. Brun, Routier, Ouénu, Tuffier et moi-même avons rapporté des cas semblables.
État défectueux du tube dif/estif. — Très communément, on relève dans les antécédents des sujets atteints d'appendicite des symptômes de fonctionnement «léfectueux de l'estomac et de l'intestin. Bouchard et Le Gendre ont signalé la dilatation de l'estomac, et pour ma part, j'ai, comme Brun, observé maintes fois l'appendicite chez des enfants gros mangeurs et à estomac dilaté; chez eux la constipation est très fréquente, de même que la diarrhée. Il s'agit là sans doute, comme le dit Talamon, d'un trouble fonctionnel de l'intestin qui se rattache à ces états encore mal définis, et connus sous le nom d'atonie intestinale, entérite chronique ou colite muco-membraneuse. Walt lier a rapporté 1 1 cas dans lesquels l'appendicite était survenue au cours d'une entéro-colite chronique: Broca, Reclus et moi, avons également cité un nombre respectable d'observations du même genre. Et je n'hésite pas à affirmer une fois de plus l'influence prédisposante incontestable de tous les états du tube digestif susceptibleg de donner lieu à l'infection de la cavité appendicnlaire: l'influence de l'irritation chronique du gros intestin, en particulier, me paraît absolument certaine. J'ai aussi noté assez souvent dans les antécédents des malades atteints d'appendicite, des crises de coliques hépatiques ou simplement d'ictère, témoignant d'une infection biliaire d'origine intestinale.
Disposiiions anatomiques spéciales. — On a considéré comme une cause prédisposante l'absence ou l'insuffisance de la valvule de Gerlach, petit bourrelet muqueux, mince, inégal, qui détermine un rétrécissement appréciable de l'orifice cœco-appendiculaire. L'existence de cette valvule est niée par Clado, mais Jacob et Mlle Gordon l'ont presque toujours rencontrée chez les enfants. Seulement on n'est pas d'accord sur le rôle qu'il faut lui attribuer dans la pathogénie de l'appendicite : pour les uns, son insuffisance permettrait l'introduction des matières fécales ou des corps étrangers dans la cavité appendicnlaire. Pour d'autres, Matterstock en particulier, sa présence rétiécissant l'orifice cœcal, favoriserait la rétention des mêmes matières à l'intérieur de l'appendice. Il est à supposer que le rôle de cette valvule a une importance bien secondaire. J'en dirai autant des excès de longueur ou des vices de position de l'appendice, à condition toutefois qu'ils ne soient pas la conséquence d'une crise antérieure d'appendicite, car l'existence d'une crise antérieure est l'une des causes prédisposantes les plus nettes et les plus fréquentes.
Rapports de Vappendire avec le muscle psoas. — D'après Byron Robinson ('), Byro.n Robinson, Med. Record. New-York, 50 nov. 1895, p. 757.
KTlOF.OC.Ii:. Gôi)
(jui a ôliidiô ro poiiil daiiMloinii' sur li'S c.Klax rcs. los rapports de rappcndicc avec lo psoas rexposeraicnl à icssciilir l'inniuMicc Iraiimalisaiilc dos conlraclions do l'c mnsolo.
Ainsi s"o.\pli(|uoiait la plus i^raiido IVôipioiico do la[)pon(licilo clioz liiommc que chez la femme; l'aclion du psoas élanl, d'une façon générale, plus souvent et plus énergiquement mise en jeu chez l'homme que chez la femme. La position do l'aiipondico sur lo psoas pourrait donc être considérée comme une cause prédisposanio dune certaine valeur.
G rosscx^e . — La i^rossosse paraît j'oucm- un rùlo dans lo dévoloppemenl do l'appendicite. Dieulafoy (') dit avoir vu plusieurs cas d'appendicite survenir après l'accouchement. Le Gendre (-) a communiqué à la Société médicale des hôpitaux l'observation fort instructive d'une jeune femme atteinte d'appendicite à rechute, et qui avait ou une crise suivie d'avortement à l'occasion de sa première grossesse. A la fin du premier mois d'une deuxième grossesse, elle fut prise d'une crise violente pour laquelle j'eus l'occasion de la voir avec Le Gendre et Walllior. La résection do l'appendice i)ut être pratiquée à froid par ^^'althor; la grossesse suivit régulièrement son cours, et raccouchemont se fit normalement. J'avais observé antérieurement, avec le D'' Leroy, une primipare de 08 ans. qui on était à sa première crise: la crise se termina par résolution, et j'ai su par le D' Leroy que la malade, qui avait quitté Paris, était arrivée au terme de sa grossesse. Chastanet (^), dans une thèse récente, consacre un court chapitre à létude de l'influence réciproque qu'exercent l'une sur l'autre l'appendicite et la grossesse (chap. IIL p. 67); il cite une observation d'appendicite aiguë avec péritonite généralisée chez une femme de 28 ans. La laparotomie pratiquée par Verchère fut suivie de guérison. (Voy. l'importante communication que le professeur Pinard (*) vient de faire sur ce sujet à l'Académie de médecine, :2!2 mars 1898).
Deux cas peuvent se présenter, ou bien l'appendicite se déclare, au cours d'une grossesse, ou bien la grossesse intervient chez une femme ayant déjà subi une ou plusieurs atteintes d'appendicite.
Il paraît difficile d'admettre que, sous la seule influence d'une grossesse, un appendice sain puisse s'enflammer: on conçoit, au contraire, fort bien qu'un appendice déjà touché puisse réagir sous l'influence des congestions actives dont tous les organes du bassin sont le siège à l'occasion d'une grossesse et surtout aux moments qui correspondent à ceux "où les règles devraient se montrer (Jalaguier, Le Gendre). Le fait était très net dans plusieurs observations, notamment chez la jeune femme que j'ai observée avec Le Gendre et Walther. La grossesse est la cause déterminante, et la crise ainsi réveillée est en général beaucoup plus grave que colles dont la femme pouvait avoir souiîert avant l'apparition de la grossesse (Le Gendre).
Quoi qu'il en soit, l'appendicite n'est pas fréquente pendant la grossesse et j'ai la conviction que la grossesse joue beaucoup moins le rôle de cause prédisposante que celui de cause occasionnelle agissant sur un appendice déjà altéré II est, du reste, bien possible que, en dehors des phénomènes de congestion pelvienne correspondant aux règles supprimées, la surcharge sterco-
(') DiECLVFOY. Pathologie interne, t. III. p. .""24.
(-) Le Gendre, Bull, de la Soc. méd. des hùpit., 1897, p. 416.
(^) Ch.vstanet. Quelques recherches sur l'appendicite. Thèse de Paris. "22 juillet 1897, iv 005.
(*j Pinard. Bull, de VAcad. de méd., 22 mars 1898.
ï [AD. JALAGUIER}
V,10 KTIOLOGIE.
raie du cm'cuiu. si ((jiniiHim' pciidanl la i<-rossosso, ne soil pas (''li-ang-ric an développonienl de la poussée appcndiculairo, j)ar le trouble apporté à la ciinilation de l'organe. La malade que jai vue avec le D' Leroy avait le ciecum et le côlon transverse remplis de matières durcies.
Causes occasionnelles. — Dans bien des cireonstances les causes occasionnelles nous échappent ; cependant Tinfluence d'un repas copieux ou indigeste paraît démontrée. L'ingestion de fraises, en particulier, est notée dans plusieurs de mes observations. Il en est de mémo de Fabsorption de boissons glacées.
L'exposition au IVoid. surlowl pciid.nil le li;i\ail de digeslion. paraît avoir été dans nombre de cas la cause de 1 explosion des accidents; je possède i)lusieurs observations concluantes à cet égard. On peut en dire autant du traumatisme, des chocs sur l'abdomen, des exercices violents comme l'action de sauter; Marsh, Mlle (iordon. Brun, Rendu et d'autres ont cité des observations très nettes. Mais, ici encore, il est vraisemblable que ces causes occasionnelles, sans elTet sur un appendice sain, n'ont agi dans ces circonstances que parce que l'organe était déjà malade; qu'il était atteint de folliculite chronique latente; qu'il renfermait un corps étranger ou une concrétion ; ou bien qu'il était altéré dans sa situation et dans ses rapports par les reliquats d'une crise antérieure passée inaperçue, adhérences, coudures, torsion, etc.
La menstruation m'a semblé, chez plusieurs malades, exercer une influence incontestable et Roux, Quénu, Brun ont observé des faits analogues dans lesquels la congestion menstruelle, qui retentit sur tous les organes pelviens, a paru éveiller les symptômes d'appendicite. Mais je fais ici les mêmes réserves relativement aux altérations préexistantes de l'appendice.
Corps étrangers. Concrétions fécules. — L'introduction accidiMilrllc d'un corps étranger véritable, pépin de fiuit, noyau de cerise, fragment d'émail, poil de brosse, épingle, arête de poisson, semble l)ien agir en traumatisant la muqueuse et en ouvrant la porte à l'infection: mais le fait est très exceptionnel.
Quant aux concrétions stercorales qui sont si communes, on tend de plus en plus à admettre, contrairement à Talamon, leur formation sur place, opinion déjà défendue par Favre (thèse de 1S51), reprise par Maurin et dont l'exactitude a été définitivement démontrée par Rochaz. Il est bien probable, comme l'a dit Mathieu, que leur développement résulte d'un vice de sécrétion de la muqueuse appendiculaire enflammée. Leur présence met l'appendice dans une condition défavorable; elle entretient l'inflammation chronique de la muqueuse et favorise l'infection en obturant le canal ; elle est une cause de congestion permai.onte de l'organe et le rend apte à subir rinfluence des causes occasionnelles de toute espèce, traumatiques et autres. Mais la théorie de l'appendicite éclatant à la suite de l'introduction dans l'appendice d'une concrétion stercorale venue du cœcum, théorie si brill.uiiiiicnl défendue par Talamon, n'a plus guère, aujourd'hui, de partisans.
PATIIOGÉNIE. Oil