RÉTRÉCISSEMENTS DU RECTUM
Définition. — On réserve aujourd'hui le nom de rétrécissements du rectum aux diminutions de calibre de ce conduit, résultant d'une altération organique, mais non néoplasique, de ses parois.
Cette définition exclut les compressions du rectum, les rétrécissements périrectaux et les rétrécissements spasmodiques. Elle élimine surtout le cancer du rectum.
Je laisse complètement de côté les rétrécissements spasmodiques ; en dépit des tentatives récentes de Harrison Cripps (') pour les conserver dans le cadre nosologique des sténoses rectales, leur existence n'est rien moins que démontrée. Avec Ouénu et Hartmann (-), j'estime « que le rôle du spasme doit être limité aux cas où celui-ci compliciue un rétrécissement organique ».
Quant aux rétrécissements péri-rectaux, bien qu'ils puissent entramer les mêmes accidents que les rétrécissements proprement dits, ils diffèrent tellement de ces derniers par leur disposition anatomique, leur étiologie et leur traitement, qu'il y a intérêt à les étudier dans un paragraphe distinct.
Division. — Ainsi délimités, les rétrécissements du rectum sont loin, cependant, de constituer une entité nosologique et il est indispensable d'en considérer plusieurs variétés. Tout d'abord, il importe de distinguer les rétrécissements rongénilaux et les rétrécissements acquis. Les premiers rentrent dans les malformations ano-rectales (voy. p. 69 i). Seuls, les seconds seront étudiés ici. Mais ceux-ci comprennent eux-mêmes deux ordres de faits bien distincts : tantôt le rétrécissement succède à la réparation d'une perte de substance de la paroi rectale, c'est un rétrécissement cicatriciel; tantôt il est la conséquence d'une inflammation banale ou spécifique du rectum, c'est un rétrécissement inflammatoire.
(•) Harrison Cr.ipps, On disease.^ nf the rectum and cnurs. London, 2= éd., 1S90, p '2-22. (*) QuÉNC el IIartmaxx. Chiriirtjie du rectum. Paris. 1805, p. 2i5.
IJ.-L. FAVRE et H RIEFFEL.1