‹ Traité de chirurgie publié sous la direction de Simon Duplay [et] Paul Reclus (volume 3)Chapitre 212 sur 260 · AFFKCTIONS INFLAMMATOIRES DU PANCRÉAS · texte numérisé non relu

AFFKCTIONS INFLAMMATOIRES DU PANCRÉAS

un œiiC; à ces lésions s'ajoutaient des abcès du foie, de la pyléphlébite, de la péritonite localisée. D'autres fois, la poche purulente avait plus d'importance et occupait une grande partie du ventre; c'est alors que le pus aurait fusé dans l'arrièrc-cavilé de Tépiploon; à part cette circonstance et quelques observations où le pancréas cnlier a été entièrement converti en une cavité plus ou moins cloisonnée remplie de pus, il est rare que la pancréalile suppuréc ait donné lieu à une tumeur circonscrite; c'est évidemment là un point des plus importants au poinl de vue du diagnostic.

•La pancréalile gaiigréiieuse est en somme moins une forme distincte qu'un mode de terminaison de la pancréatite ; on l'a vue succéder à une perforation de l'intestin ou des conduits biliaires. Le mode de début et les symptômes abdominaux ressemblent aux précédents : les douleurs paroxystiques ont fait penser dans un cas qu'il s'agissait d'une colique hépatique, la constipation a pu être assez opiniâtre pour faire croire à une occlusion intestinale. La terminaison fatale est le plus souvent arrivée du quatrième au dix-huitième jour, elle a pu être retardée jusqu'à la fin du deuxième mois. 2 malades sur 15 ont guéri par l'élimination d'une escliare à travers l'intestin. En somme, les variétés de pancréatites ont des caractères communs qui peuvent se résumer ainsi : début généralement subit chez des individus bien portants ou atteints déjà d'une maladie gastro-duodénale, par une douleur paroxystique siégeant à l'épigastre, s'accompagnant. de vomissements, de constipation, de phénomènes généraux, parfois de fièvre et d'un gonflement mal limité à la région sus-ombilicale ('). On peut alors hésiter entre un empoisonnement, une perforation du tube gastrointestinal ou des voies biliaires et une obturation de l'intestin. Celle-ci est plutôt rare à l'épigastre, la distinction d'avec une péritonite par perforation nous paraît des plus difficiles au début, mais on pourra songer à une pancréatite lorsque les phénomènes aigus se seront apaisés et que le gonflement sera resté local ; je ne verrai, dans de tels cas et autorisé par la gravité de la situation, aucun inconvénient à suivre le conseil de Senn et à tenter une laparotomie exploratrice : le traitement consisterait évidemment dans la simple incision d'un ou des abcès, dans leur nettoyage et leur drainage.

Traitement. — Les interventions chirurgicales dans les pancréatites sont encore fort peu nombreuses. Pour pancréatite hémorragique avec épanchement sanguin dans l'arrière-cavité des épiploons, Nimier relève 5 laparotomies suivies de fixation du kyste à la peau, avec 4guérisons et 1 mort (Littlewood, J. Lloyd, Newton Pitt et Jacobson, Swain) ; nous n'avons à ajouter que le succès de Brown (-). Quelques cas d'hémorragie intra-pancréatique ou péri-pancréatique ont été traités chirurgicalement par suite d'erreurs de diagnostic (obstruction intestinale, péritonite, etc.); mais on a laissé passer inaperçue la lésion pancréatique. Il faudrait théoriquement, selon Nimier, après évacuation de caillots, se borner à cautériser au thermocautère, tamponner à la gaze iodoformée, la ligature de l'artère splénique étant a priori insuffisante et contre-indiquée pour sauvegarder la rate. Nous ne connaissons qu'une intervention dans un cas de ce genre, c'est celle de Sarfert ("'), qui perdit un malade sur la table d'opération et qui, dans les cas aigus, considère l'opération comme illusoire.

(') Il faut toujours penser à rechercher la glycosurie et la stéarrhée.

(-) Browx, The Lancet, 6 janv. 1894, p. 21. "

(5) Sarfert, Deutsche Zeiïs. fur Chir., t. LXXII, p. 1 et 2, 125, 154.

1)40 PANCREAS.

Les nbrès du pancréas, que Scnn a le picmicr icgardc comme justiciables de la chirurgie, ont déjà une toute petite histoire. Kôrte ('), pour sa part, en opéra 4, dont 2 préalablement diagnosli(piés, furent suivis de succès et '2 autres d'insuccès. Cet auteur rapi)elle que Casperohn, dans un cas antérieur, laissa une opération inachevée et que Pearce (îould, plus heureux, guérit son malade. Walsch (^), pour un abcès du pancréas, fit une cœliotomie.

Une pancréatite gangreneuse fut découverte par Rosenbach ("') au cours d'une laparotomie faite pour obstruction : la poche fut suturée à la paroi; le malade mourut 6 heures après.

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