‹ Traité de chirurgie publié sous la direction de Simon Duplay [et] Paul Reclus (volume 3)Chapitre 242 sur 260 · CONTUSIONS ET DÉCHIRURES DU FOIE ET DES VOIES BILIAIRES · texte numérisé non relu

CONTUSIONS ET DÉCHIRURES DU FOIE ET DES VOIES BILIAIRES

ventre ou clans les coni usions provoquées par un projectile de g-uerre, par un coup quelconque, par le passage d'une roue de voilure, etc. Tantôt, le traumatisme agit à distance, comme dans les chutes sur la tOte, le si(>ge ou les pieds. Dans ces deux (Conditions, le mécanisme tles lésions est très dilïerent. S'il y a choc ou pression violente de la région hépali([ue, la fixité anatomiquedu foie ne lui permet pas de se dérober, il reçoit directement tout reiïort et, suivant la forme et les dimensions de l'agent viilnérant, suivant le degré de violence du choc, on comprend (pie les lésions hépati(pies puissent varier depuis la simple déchirure jusqu'au broiement le plus complexe. En cas de chute sur la tête ou les pieds, les lésions du foie ne sont plus que des lésions par contre-coup dont on explique la production, en admettant que le foie s'écrase lui-même sur le diaphragme, les côtes ou la colonne vertébrale, quand une chute sur la tète lui inqtrime un mouvement de projection vers le thorax; et qu'il se déchire au niveau de ses insertions ligamentaires, lorsqu'une chute sur les pieds tend à le projeter en bas. Comme autre facteur important dans le mécanisme de ces lésions à distance, on doit signaler une sorte de tassement de l'organe avec redressement brusque de ses courbures.

Ces lésions, qu'elles soient directes ou indirectes, auront d'autant plus de chance de se produire que l'organe sera modifié, dans ses dimensions ou sa consistance, par un état pathologique antérieur (hypertrophie, sclérose, tumeurs, calculs, etc.), réflexion qui s'applique surtout à la vésicule biliaire. Parmi les faits nombreux qui en témoignent, chacun cite l'histoire de ce maréchal ferrant qui tua sa femme en lui assénant un coup de poing sur l'hypocondre gauche. A l'autopsie on trouva la vésicule biliaire, remplie de calculs, largement déchirée. Peut-être les dimensions relativement considérables du foie des nouveau-nés agissent-elles dans le même sens, et prédisposent-elles l'organe aux déchirures qu'il subit parfois sous l'influence des manœuvres de l'accouchement. Quant aux ruptures hépatiques produites sous la simple influence de la contraction brusque et violente des muscles de la paroi abdominale, elles sont, malgré l'assertion de Taylor('), plus que contestables.

Anatomie pathologique. — Les lésions de la contusion varient suivant que la capsule de Glisson est intacte ou déchirée. Dans le premier cas, on observe des cccJnjmoses ou des épanchemcnts sanguins qui soulèvent la membrane d'enveloppe sous la forme d'un relief allongé. Dans ses expériences sur le chien, Terrillon a noté que ces ecchymoses ou ces hématomes sous-capsulaires siégaient le plus souvent sur la face inférieure de l'organe. Dans le deuxième cas, de beaucoup le plus fréquent, la capsule de Glisson est déchirée et les solutions de continuité du tissu hépatique se présentent sous des aspects variés suivant qu'elles sont superficielles, profondes ou totales. Les premières sont tantôt des scissures allongées dans le sens antéro-postérieur, tantôt des fissures en étoile, tantôt de véritables craquelures s'entre-croisant sous les angles les plus divers. Les déchirures plus profondes affectent la forme de /e/î^t^s dont les parois anfraclueuses et hautes de plusieurs centimètres sont taillées à pic en plein parenchyme. Ces fentes, parfois traversées par des vaisseaux qui ont résisté à la déchirure, sont en général comblées par un mélange de caillots et de bouillie hépatique. Quant aux décJiirures totales notées par quelques auteurs (Hastier,

(') Taylor, Med. Jurispntd., 1886, p. 440.

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