‹ Traité de chirurgie publié sous la direction de Simon Duplay [et] Paul Reclus (volume 3)Chapitre 245 sur 260 · LÉSIONS TRAUMATIOUES DU FOIE ET DES VOIES BILIAIRES · texte numérisé non relu

LÉSIONS TRAUMATIOUES DU FOIE ET DES VOIES BILIAIRES

en a pratiqué le tamponnement à la gaze iodoformée et son malade a très bien guéri. Les faits de cette nature sont encourageants et, les progrès de la chirurgie abdominale aidant, l'heure paraît en somme venue de se départir d'une abstention trop systématique en présence des contusions du foie et des voies biliaires.

Je n'entends pas dire par là qu'en présence d'un blessé, chez lequel on soupçonne une déchirure hépatique, il faille toujours pratiquer une laparotomie exploratrice. Cette pratique serait à tous points de vue condamnable. Ainsi Desrosiers (') a pu réunir 25 cas de rupture des voies biliaires dont 12 cas guérirent sans intervention, et Terrier et Auvray rapportent 21 cas de ponction avec 12 guérisons. Roux (-) a publié une observation intéressante dans laquelle un homme de trente-trois ans, à la suite d'une contusion de l'hypocondre droit et d'une chute violente, eut des vomissements puis de l'ictère avec décoloration des selles. Douze jours après l'accident apparut un vaste épanchement intrapéritonéal qui, ponctionné, donna 7 litres de liquide riche en pigment biliaire. Le malade qui, à aucun moment, ne présenta de réaction péritonéale, guérit en deux mois. Par contre, lorsqu'à la suite d'un traumatisme de la région hépatique, on voit survenir des symptômes d'hémorragie abondante ou de péritonite grave, nous n'avons plus le droit de rester inactifs et d'attendre pour intervenir que l'hématome, la péritonite, ou l'épanchement biliaire soient devenus des collections enkystées. Ce qu'il faut, c'est intervenir le plus vite possible par la laparotomie exploratrice en se souvenant que la laparotomie tardive donne 70 pour 100 de mortalité (^). En cas d'erreur de diagnostic, cette incision, à la condition d'être pratiquée suivant les règles de la plus scrupuleuse asepsie, restera sans aucune gravité. Mais s'il y a réellement soit une déchirure du foie, soit une déchirure des voies biliaires, la laparotomie permettra de sauver nombre de blessés que l'expectation aurait tués. Je sais bien que le diagnostic des déchirures du foie et des voies biliaires est souvent rempli d'obscurité et, dans l'état actuel de nos connaissances, les indications de l'intervention sont difficiles à préciser. Toutefois l'apparition brusque des symptômes d'une hémorragie interne grave, l'éclosion soudaine des signes généraux et locaux de la péritonite, la formation rapide dune collection liquide en un point de la cavité abdominale, n'en sont pas moins trois conditions dans lesquelles on devra désormais discuter très sérieusement les indications de la laparotomie exploratrice. Celle-ci pourra conduire suivant les cas à trois variétés d'intervention : la suture à points perdus des déchirures hépatiques, la cholécystorraphie et la cholécystectomie. Au point de vue des indications respectives de ces deux dernières opérations. Calot (^) dit avec raison que deux cas peuvent se présenter : ou bien la plaie de la vésicule est insignifiante et la suture suffit (cholécystorraphie): ou bien la déchirure est large, et il faut faire d'emblée l'ablation de. l'organe (cholécystectomie).

(•) Desrosiers, lof. cit.

(*) J. Roux, Gazette des hôpitaux, 1895, n° 83, p. 827.

(^) F. Terrier et Auvray, Ioc. cit., p. 769.

(*) Calot, De la cholécystectomie. Thèse de Paris, 1890, p. 101.

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