TROUBLES FONCTIONNELS
Les symptômes fonctionnels et les troubles physiologiques que déterminent les hernies sont des plus variables: ils dépendent du siège, du volume de la hernie, de son contenu, et aussi de la susceptibihté particulière du sujet qui en est atteint.
On voit certaines hernies de petit volume ou de volume moyen passer inaperçues pendant un temps souvent fort long, des mois et des années, en raison de l'absence complète de phénomènes douloureux qu'elles déterminent : ce fait s'observe surtout chez les femmes et pour les hernies crurales, sur l'indolence desquelles Gosselin avait avec raison appelé l'attention.
D'autres hernies, certaines hernies inguinales, par exemple, sont douloureuses, surtout lorsqu'elles sont peu développées, à l'état de pointe, ou qu'elles
[P. BERGER.J
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occupeiil le caïuil : le sujcl (•<! Jilors avcrii dr rinliiiiiitr doiil il csl jiHciiil par une sensalion de doiiloui' (ixc siéii;caMl dans l'aini». douleur (jue la pression avec la main caluie le plus souvent : les incarnes malades peuvent eesser de soull'rir quand la hernie, devenue plus volumineuse, est sortie du eanal elciu'elle vient s'étaler librement dans les bourses.
Il est des hernies très petites, à peine perceptibles à lexamen le plus attentif, qui se révèlent dès labord par des troubles spéciaux : une douleui- gastralgiquc pongitive, s'irradiant à l'épigastre et aux flancs et saccompagnant de phénomènes dyspeptiques, digestions (.louloureuses et pénibles, renvois, nausées et vomissements. Ces caractères se retrouvent dans un grand nombre de hernies épigastriques. de hernies de la ligne blanche et môme de hernies ombilicales.
Quand une hernie est devenue très volumineuse, elle détermine presque toujours des phénomènes qui sont une source de gêne et d'incommodité pour ceux qui la portent ; ce sont une douleur de ventre, une sensation de tiraillement qui se fait sentir à la région épigastrique, aux reins, aux flancs : un sentiment d'afîaiblissement et d'impuissance qui rend les malades incapables de se livrer à un travail de force ou d'accomplir toute espèce d'efTort.
Enfin, on observe des coliques et des troubles divers de la digestion : sensation de plénitude, éructations fréquentes après les repas, malaise physique et intellectuel avec pesanteur du ventre et une certaine paresse de l'esprit. Malgaigne affirme que certains aliments accroissent ces soutïVances et que celles-ci sont étroitement liées à l'état atmosphérique : les hernieux, dit-il, soutirent davantage par les temps humides que par les temps secs ; les hernies sont alors plus difficiles à contenir, et il semblerait même que les accidents d'étranglement soient plus fréquents dans ces conditions. Quoiqu'il y ait un fond de vérité dans cette observation, c'est aller trop loin que de prétendre avec cet auteur que la hernie soit un aussi bon baromètre pour les changements de temps que les rhumatismes.
La plupart des malades ressentent surtout ces incommodités et cessouflVances quand leur hernie est dehors : mais il en est chez lesquels la réduction de celle-ci les provoque et ne peut être supportée pour cette cause : nous reviendrons sur ce point en parlant des hernies qui ont perdu le droit de domicile.
Les différences principales tiennent à la sensibilité très variable des individus; certains sujets, par inconscience ou par dureté, n'accusent presque aucune gêne, et j'ai vu des porteurs à la halle continuer leur pénible métier avec une hernie énorme, mal contenue par un mauvais bandage, tandis que les gens d'une culture supérieure sont en général vivement affectés par les ennuis que leur donne cette infirmité et par les soins qu'elle exige : elle devient parfois chez eux le point de départ d'un véritable état d'hypocondrie.
Les hernies deviennent parfois l'occasion de troubles qui se changent en de véritables complica lions. Qu'une bronchite se déclare, à chaque effort de toux l'intestin sortira et, pour éviter des accidents, le malade sera réduit à porter nuit et jour son bandage qui ne suffira pas toujours à contenir la hernie. Aussi l'existence des hernies comporle-t-elle un pronostic particulièrement sérieux chez les gens atteints d'une affection chronique de l'appareil respiratoire, d'asthme, de bronchite chronique, de tuberculisation pulmonaire et particulièrement d'emphysème.
Les malades qui souffrent dune dysurie, les prostatiques surtout, sont en général fort inconnnodés de leurs hernies, qui sortent dans les efforts <le miction
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cl (lui aiii^iiiciilciil i;t|)i(l(Mn(Mil de volume. Jo ne pailc (jiic, pour mémoire des pliénomèucs pénibles doul l;i couslipîiliou euliaîue lapparitioii du côl6 des hernies; nous a\()iis vu Finllueuce toute pailieulièic cpie cel état avait sur révolution de l'inlirmilé en question.
J. Lucas-(]hanipionnière a insisté sur la fréquence du diabète chez les sujets qui sont porteurs de hernies volumineuses. Il semble (pie la glycosurie soit favorisée par cette infirmité, et il faut toujours en rechercher l'existence chez les sujets sur lesquels on doit pratiquer l'opération de la cure radicale. L'obésité, qui favorise la production et l'accroissement des hernies, est souvent accrue par rinaction et le manque d'exercice auxquels sont condamnés ceux qui les portent.
Entin (piand, poiu' une cause ou pour une autre, un épanchemcnt ascitique se développe, la distension du sac herniaire par la sérosité péritonéale est un des symptômes dont se plaignent le plus les malheureux qui en sont atteints. Nous pourrions multiplier les exemples qui prouvent que dans divers états pathologiques les phénomènes pénibles que déterminent les hernies s'accentuent et peuvent devenir la source de véritables complications.
Il m'a semblé, au contraire, que ces lioubles fonctionnels disparaissaient le plus souvent pendant la grossesse, le développement de l'utérus masquant les orifices herniaires et empêchant souvent l'intestin d'y descendre pendant cette période.