‹ Traité de chirurgie publié sous la direction de Simon Duplay [et] Paul Reclus (volume 3)Chapitre 52 sur 260 · TRAITEMENT DES HERNIES NON COMPLIQUÉES D'ACCIDENTS · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DES HERNIES NON COMPLIQUÉES D'ACCIDENTS

Les hernies sont une infirmité pénible et dangereuse dont on doit chercher à débarrasser les malades : mais leur guérison ne s'obtient le plus souvent que par

une oprration cliirnrf^iralo et collo-ci no pont (Mro exécutée avec sécurité que dans (les eoiiditions (hMenuinéos (|ui ou liiiiileni l'applicalion. Aussi, dans les cas où la cure de la licnii(> iic pciil rirr lriil('-c, a-Ion dû clirrclier dans une exacte couleulion de ctdle-ci le uioviMi d eu pallier les iuconvéuietds cl d'eu prévenir les dau^crs : aujourd'hui nn^uie. «luoique \ix cure radicale lienuci dans la thérapeuti(pu^ des hernies une place de plus en plus large, le traitement palliatif par les l)audaf»es est encore le pins coniniiiuéuienl tMuplové.

A. — TPxAlTEMENT P AU J ATI F. — BANDAGES

On donne le nom de bandar/es aux appareils mécaniques destinés à contenir la hernie, c'est-à-dire à Tempècher de sortir.

Depuis lépoque de Galien, on se servait, dans ce but, de pelotes maintenues en place par une ceinture en toile ou en cuir; mais les bandages étaient certainement en usage dès la plus haute antiquité et d'intéressantes observations faites par F. Poucet (') sur la statuette du dieu Bès, sembleraient indiquer que du xvi« au xni<^ siècle avant l'ère chrétienne, les Phéniciens en connaissaient l'emploi et leur donnaient à peu près la forme qu'ils avaient encore au temps de Galien. Gordon le premier, en 1500), substitua la ceinture en fer, rigide, aux ceintures molles : Marc Gatenaria, cent ans après, puis Fabrice de Hilden reprirent cette idée; ce dernier fabriquait lui-même des bandages en fer très doux et flexible qu'il adaptait sur les contours du bassin; il réglait la pression de la pelote que portait ce bandage, au moyen d'une vis. Le bandage de Fabrice de Hilden a été représenté en 1656 dans l'ouvrage de Malachias Geiger.

Ce fut Nicolas Lequin, celui même qui a nommé par son nom Tétrauglement herniaire, qui en 1665 proposa de substituer l'action élastique du ressort en acier à la pression rigide du fer; trente-sept ans de pratique lui permirent de démontrer la supériorité des bandages à ressort. Cette découverte, l'une des seules que nous ayons à noter dans l'histoire des bandages, et dont le chevalier de Blégny tenta de s'approprier le mérite, fut appliquée par Tiphaine, en 1761, à la construction des bandages doubles pour lesquels, à partir de cette épo»|ue. chaque pelote fut tlxée sur un ressort distinct.

Jusqu'alors, dans toutes les variétés de bandages connus, la pelote avait toujours été fixe sur le ressort, celui-ci prenant son point d'appui sur la demi-circonférence du corps correspondant à la hernie. Salmon, mécanicien anglais, imagina : 1*^ de rendre la pelote mobile sur le ressort, en les rattachant l'un à l'autre par une articulation mobile, à genou ; 2" de placer le ressort de telle sorte qu'il embrassât la demi-circonférence du bassin opposé à la hernie ; 5" de le laisser indépendant du corps sur lequel il ne vint prendre un point d'appui que par ses deux extrémités.

Le bandage anglais de Salmon. importé en France par ^^'ickham, fut adopté et chaleureusement défendu par Malgaigne. Entre le vieux bandage, dit bandage français, et lui, sont venus depuis lors se placer un certain nombre de bandages mixtes qui prétendent réunii- les avantages de l'un et de l'autre. Disons, dès à présent, quil u"est pas dart appliqué à la chirurgie qui ait moins

(,') F. PoNCET. Oi'iyine des haiidages hey^iiaires. Médecine mud., 1" février 1890, p. 75.

fait de proi^rès (|U(' celui de la consiruclion des l^andages, et qu'on pourrait, sans trop (rinjuslic(>. appliquer à toutes les innovations (pii s'y sont produites le mot cruel de Malg'aigne : « En pareille matière, rien de ee (jui esl nouveau n'est bon, rien de ce cpii est bon n'est nouveau. »

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