‹ Traité de chirurgie publié sous la direction de Simon Duplay [et] Paul Reclus (volume 3)Chapitre 53 sur 260 · DES DIVERSES ESPECES DE BANDAGES · texte numérisé non relu

DES DIVERSES ESPECES DE BANDAGES

a. Dandagr françrùx. — Il se compose d'un ressort en acier, embrassant la demi-circonférence du corps correspondant à la bernie, s'appuyant par toute sa surface concave sur cette demi-circonférence doni il é|)ouse les contours, et supportant la pelote qu'il maintient appliquée sur l'oritice lierniaire par son élasticité. La pelote fait corps avec le ressort et ne jouit d'aucune mobilité. Pelote et ressort sont d'ailleurs enveloppés d'une garniture pour diminuer les inconvénients de leur contact avec la peau. L'extrémité postérieure du corps vient se rattacher à la pelote de manière à prévenir ses déplacements; on cherche également à empêcher ceux-ci par l'adaptation de moyens de contention accessoires, entre autres de sous-cuisses. Telles sont les parties dont se compose un bandage français, dont le bandage inguinal simple peut servir de type.

1" La pe/o^c est formée d'une substance molle, non élastique, supportée par Vécusson, plaque métallique sur laquelle est rivée l'extrémité du ressort; c'est à la bourre de laine ou de crin, mieux encore à des rondelles superposées de molleton alternant avec des couches de laine cardée, qu'il faut donner la préférence; le tout est convenablement tassé, piqué et entouré d'une enveloppe en toile solide qu'on recouvre de peau chamoiséeou glacée Les pelotes constituées de la sorte offrent une mollesse suffisante combinée avec la résistance nécessaire ; mais avec le temps elles se déforment et s'altèrent au contact de la sueur; pour éviter cet inconvénient, on se servait autrefois de pelotes dures, pelotes en buis, en caoutchouc durci, en ivoire, en aluminium, en celluloïd, mais celles-ci exercent sur la peau une pression difficile à supporter; on n'y a guère recours en France, et cependant nous voyons, en Angleterre, John Wood préconiser encore l'usage de pelotes en vulcanite. Quoi qu'il en soit, lorsqu'on veut se servir de pelotes dures, il faut les façonner très exactement sur la région, de manière à prévenir la compression douloureuse de certains organes ou des saillies osseuses.

Pour avoir une action élastique, souple et continue, on a eu recours à des pelotes en caoutchouc remplies d'air. Les reproches adressés autrefois aux bandages de Cresson et Sanson, peuvent encore s'appliquer aux derniers modèles fabriqués avec ce type de pelote par un constructeur de Lyon: \e^ pelotes à insufflation sont exposées à se perforer et dès lors le bandage est hors d'usage ; d'ailleurs la pression qu'elles exercent est trop incertaine pour s'opposer à l'issue de hernies un peu difficiles à contenir.

FiG. 31. — Bandage inguinal droit à pelote ovalairc — Mécanisme permettant de modifier à volonté l'inclinaison de la pelote sur le ressort.

Ou a aussi pivcouisr ivccuuuoul à rélrauj:;('r des pelotes formées d'uu sac de caoulclujue (') renipli de i^lyeérine ; sous la pressiou d'uu ressorl spécial qui appuie sur celle pelole, elles se mouleraieul plus exaclemeni sur le Irajcl herluaiiv» (pu^ les peIol(>s or^Iiuaires el ié|)ai-liraienl |)lus é<^aleuMMd sur lui la pressiou. l^]lles comporleni les uièuu>s ohjeclidns (pu- les peloles à iusid'Ilaliou, et si elles |)euveut couv(Miir dans cerlaius cas parliculicrs. leur eni|»loi ue <;inrail être généralisé.

Nous meidiouiuM'ous à peiue les peloles ;i 'Hspositifs complexes ou [nAoic^ h soul'nel, dans lesipudles des ressorts courbes, disposés à la façon de ressorts d(> voilure, entre deux ou ]ilusieurs })laques niélallicpies dont se compose la pel()l(>, lui donneul une élaslicilé propre; ceux où uu ressort en spirale, porté par Pécusson, sup[)orte lui-nuMue un boulon iuétalli([iK' cpii appuie sur rorifice herniaire: le bandage rénixigrade, de Jalade-Lafond, dont la pelote est formée de lames élastiques convexes; tous ces mécanismes coûteux, fragiles, sont d'une utilité très contestable. A plus forte raison il n'y a rien à dire des pelotes soi-disant médicamenteuses, des pelotes dites électri([ues au moyen desquelles certains charlatans prétendent exercer une action curative sur la hernie.

La forme de la pelote varie suivant l'espèce de la hernie et suivant les indications de chaque cas en particulier; généralement elles sont elliptiques ou ovalaires, mais il en est de circulaires, de triangulaires. Ces dernières présentent souvent un prolongement en bec de corbin, destiné à arrêter la hernie lorsqu'elle s'est échappée sous le bandage ; d'autres pelotes sont pourvues d'un mécanisme intérieur qui permet, au moyen d'une crémaillère, de couder plus ou moins leur extrémité inférieure sur leur partie supérieure, afin d'en assurer l'adaptation plus étroite au contour de l'orifice herniaire.

Les conditions auxquelles doivent répondre la forme et la dimension des pelotes sont les suivantes : la pelote doit recouvrir la totalité de l'orifice herniaire et dépasser ses bords en tous sens ; quand la hernie est obli([ue, elle doit en même temps exercer sa pression sur toute l'étendue du trajet herniaire; mais il est faux de dire, avec Malgaigne, qu'il suffise, pour bien contenir une hernie, que le trajet herniaire soit comprimé par la pelote, la pression de cette dernière pouvant être annulée par la contraction musculaire de la paroi de l'abdomen; il faut de toute nécessité que l'orifice herniaire soit aussi recouvert par la pelote.

Certaines pelotes sont échancrées en croissant ou en for à cheval, pour épargner quelque organe important voisin de la hernie, le testicule en ectopie, par exemple. Wood conseille de creuser tous les bandages inguinaux d'une rainure destinée à loger le cordon spermatique.

Enfin, pour répondre à certains cas de contention difficile, on a pourvu parfois la pelote de prolongements digitiformes ou de pièces distinctes, invaginatoires, s'introduisant dans le trajet herniaire et maintenus dans cette situation par la pression du bandage. Cette variété de pelotes, difficile à supporter et qui a l'inconvénient de dilater le trajet herniaire, doit être réservée pour des cas tout à fait exceptionnels.

'L'épaisseur de la pelote doit être telle qu'en s'enfonçant dans les parties

(') A. Landerer. Bmclibander mit Glycerin gefullten Pelollen. Cenlralblalt fiir Chir., I89i, n° 41, p. 969. — H. Loewy, Ibid.., 1897, n" 9, p 'iOr^.

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molles elle présente encore un relief suOisaiil |>our que la partie du icssort qui s'y rattache (collet) ne repose pas sur les téii^uments. Une pelote très épaisse augmente la force de pression du ressort, mais elle fait une saillie liop visible sous les vêtements i dailleurs elle se déforme plus rapidement à l'usage (pi'une pelote mince. Il ne faut pas non plus que la pelote soit trop convexe, de peur que sa pression n'atrophie les parties qu'elle comprime. (|u'elle ne dissocie et ne relâche les plans tibreux.

En général les pelotes un peu larges, peu épaisses, peu convexes et bien souples sont d'un meilleur usage et plus efficaces que les pelotes petites, très saillantes et dures.

2° Le ressort français est formé d'une lame d'acier trempé, arrondie en demicercle. Son extrémité postérieure ou queue, aplatie, prend point d'appui sur la région rachidienne ; son extrémité antérieure, ou collet, vient se river sur l'écusson de la pelote. Le collet doit être la partie la plus solide du ressort ; pour l'inspecter plus aisément on le laisse souvent à découvert; parfois il est constitué par une tige d'acier cylindrique {ressort à collet rond), disposition qui lui donne encore plus de résistance. Rien n'est plus difficile d'ailleurs que de connaître le degré de trempe qu'il faut donner à un ressort ; si elle est insuffisante, le bandage se déforme ; si elle est trop dure, il casse.

Dans la plupart des bandages (inguinaux et cruraux) le point d'appui de la queue sur la région dorsale étant situé dans un plan notablement plus élevé que le point d'application de la pelote, le ressort doit présenter une disposition en spirale et offrir par conséquent non seulement une courbure suivant ses faces, mais une courbure suivant ses bords; de plus, comme la pression de la pelote doit s'effectuer normalement par rapport au plan de l'orifice herniaire, c'est-à-dire en arrière et en haut, il faut donner au collet une courbure de torsion grâce à laquelle le bord inférieur de la pelote soit porté plus en arrière que son bord supérieur: c'est ce qu'on appelle faire pincer la pelote. Ces courbures seront calculées pour chaque cas particulier, suivant l'obliquité du bassin, la flirection du trajet, la situation de l'orifice herniaire ; il en sera de même pour la courbure et l'amplitude plus ou moins grandes du ressort.

En règle générale, la longueur du ressort ne doit pas dépasser celle de la demi-circonférence du corps correspondante à la hernie. Pour obtenir une action plus puissante, certains constructeurs ont augmenté hors de toute proportion ces dimensions et leur ont assigné les trois quarts, les cinq dixièmes et jusqu'aux trente et un trente-deuxièmes de la circonférence totale du corps (bandage Camper) : celte disposition n'est guère usitée en France : elle est néanmoins recommandée par les chirurgiens anglais, notamment par Macready. et il faut reconnaître que l'augmentation de la longueur du ressort donn<' au bandage une plus grande stabilité.

Une condition essentielle est que le ressort épouse très exactement le périmètre du bassin et qu'il soit en contact par toute sa face concave, avec les contours de celui-ci. Quand un bandage est bien moulé sur la ceinture pelvienne, il n'est pas nécessaire d'exagérer sa courbure pour (pi'il contienne bien la hernie.

On a cherché (Benno Schmidt) à donner une évaluation mathématique de la pression que le bandage doit exercer; on a môme construit des instruments (Wood) pour la mesurer: ces tentatives ne paraissent pas destinées à entrer dans la jiratique, la bonne contention d'une hernie étant plutôt une afl'aire de

BANDACES.

bonne adaptation tic la (•(Muliirc au tronc de bonne direction cl de forme convenable données à la pelote. t|ue (\v |Miissance niceani(|ne à développer.

Un point plus important est de décider à quel niveau le ressort doit s"unir à l'écusson de la pelote : il conviendrait de Tv river au niveau du centre de résistance, c'est-à-dire au niveau du poinl où un seul doit;!. ap|)li(pi('' sui- la |)elol<\ suffit à la maintenir en place (.Malij;aii^ne) et à empêcher la hernie de sortir (piand le malade fait etTort. Cette règle n'est prestpie jamais suivie dans la j)rali(pie et l'on lixe à tort le collet du ressort beaucoup plus près du bord supérieur (pie du bord inférieur de l'écusson. Les bandag-es tjui présentent ce défaut ont une certaine tendance à basculer et à laisser filer la hernie au-dessous d'eux.

5" Accessoires. — Le ressort est entouré d'une garniture en peau; il se continue avec une patte percée de trous par lesquels celle-ci vient se fixer à un boulon situé sur la pelote. Cette patte de même que les sous-cuisses qui se portent de la pelote à la partie postérieure du bandag'e, en passant dans le pli génito-crural, ne sont que des moyens de contention accessoires, destinés à empêcher le bandage de se déplacer dans les mouvements extrêmes, mais nullement à renforcer sa pression. Le sous-cuisse, nécessaire surtout pour empêcher le bandage de remonter chez les gens qui ont le ventre plat, peut être parfois supprimé chez les sujets qui ont un ventre saillant, surtout lorsque la pelote a fait son nid, c'est-à-dire lorsqu'elle vient d'elle-même se placer au point où elle s'est creusé une sorte de dépression dans les parties molles. Pour certaines variétés de hernies difficiles à contenir, on adapte à la pelote, en général de forme triangulaire (pelote à bec de corbin, pelote anatomique), un sous-cuisse fixe, bien rembourré qui, partant de la pointe que, présente la pelote, croise obliquement la ligne médiane au périnée pour venir se rattacher sur le côté opposé du bandage : nous reviendrons sur cette variété de bandages et sur son efficacité en parlant des hernies inguinales.

Chez les gens qui ont les fesses aplaties, le bassin relevé en avant, les trochanters peu saillants, surtout chez les cyphotiques, pour empêcher le bandage de tomber, il est souvent nécessaire de le maintenir avec des bretelles ou avec une ceinture.

Il est bon enfin d'entourer la pelote du bandage de Jiousses en toile ou en calicot, qu'on peut changer à volonté ; on retarde par ce moyen Faltération trop rapide de la garniture par la sueur.

-4° Bandages imperméables. — Chez les jeunes enfants qui se mouillent sans cesse, il faut entourer le bandage, pelote et ressort, avec une enveloppe imperméable en taffetas ciré ou en caoutchouc; on a recouvert également les bandages avec un tissu imbibé d'huile siccative analogue à celui qui sert à construire les instruments dits en gomme: cette sorte de bandages imperméables m'a paru s'altérer plus vite que les précédents.

5° Bandages doubles. — Le bandage français pour les hernies doubles est

constitué suivant les mêmes principes que le bandage simple; il se compose de deux pelotes supportées par deux ressorts qui viennent aboutir à un coussin

FiG. ô'2

Bandaiîe inçriiinal double.

[P. BSRGERi

dorsal sur lequel reposent leurs exlréinilés postérieures réunies par une patte. Dans la construction des bandages doubles on se conformera aux règles

suivantes :

a. Jamais les deux pelotes ne doivent être supportées par un même ressort faisant le tour entier du tronc; certains bandagisles pèchent encore contre ce principe ;

h. Les pelotes doivent être choisies séparément pour chaque hernie, exactement comme s'il s'agissait de hernies appartenant à des sujets dillerents;

c. Il en sera de même de la force des ressorts, une hernie double étant souvent facile à contenir d'un côté, difficile de l'autre;

d. L'action des deux moitiés <\\\ bandage devra toujours être indépendante: on ne prendra jamais un })oint d'appui sur une des pelotes pour tirer, au moyen de courroies ou autrement, sur la pelote opposée;

e. Les bandages doubles peuvent en général se passer de sous-cuisses plus aisément que les simples; un seul sous-cuisse est presque toujours suffisant pour les deux moitiés du ])andage.

b. Bandage anglais. — Dans le bandage anglais le ressort embrasse la demi-circonférence du corps opposée au côté où siège la hernie; son extrémité antérieure dépasse la ligne médiane du tronc (en avant du pubis) pour supporter la pelote qui repose sur l'orifice herniaire; son extrémité postérieure prend son point d'appui sur la région vertébrale au moyen d'une autre pelote sur laquelle elle se fixe. Les deux pelotes sont mobiles sur les extrémités du ressort qui, dans l'intervalle, ne prend aucun point d'appui sur la surface du corps et qui n'est même pas en contact avec elle.

Le bandage anglais agit donc à la façon d'une pince ou d'un arc métallique dont les deux extrémités seules représentent les points d'application de la puissance et de la résistance. Le ressort lui-même est absolument libre; comme il est mobile sur les pelotes qui garnissent ses extrémités, il peut se déplacer dans les inflexions du tronc sans c|ue les pelotes suivent ce déplacement ou que la pression soit modifiée; il ne présente qu'une courbure suivant ses faces, car il va directement d'une pelote à l'autre, et il n'a pas besoin d'être modelé sur les contours du bassin.

Inutile d'insister sur les détails de construction du bandage anglais, sur l'articulation qui unifies pelotes, la pelote antérieure surtout, au ressort; articulation dont le mode varie suivant les constructeurs et les appareils.

Les avantages théoriques du bandage anglais sur le français sont les suivants : 1° il expose à moins de déperditions de force; 5» la pelote n'est pas

FiG.

Bandage anglais (inguinal) appliqué, antérieure et postérieure.

Extrémités

exposée à se (Irplaccr sous riiidiiciicc des inllcxions lalrralcs du coi-jjs; ,> il fatigiio moins la peau (pic le haiidai^c IVanijais; mais, partisan convaincu du l)andanc anglais, Mali^aii'iic a l'ail Noir (pic sa sii|)ci'ioi"ilc rccllc no tenait <pi"à la (pialilc meilleure <le l'acier doni était ralnM(pié le i-cssorl ; elle n'est donc pas propre au système de l)audat;(\ mais à sa lahricalioii. cl elle est compensée par de réels désavantages. Le handaii^e aiii^'lais exige un soin et une attention toute particulière au moment de son a[)[)licalion: il ne se place pas de lui-même comme le bandage français. La pelote se dérange moins aisément que dans le bandage français, mais, déplacée, elle n'a nulle tendance à reprendre sa place; il est d'une construction plus compli(piéc et plus coûteuse.

Somme toute, la préférence qu'on donne à l'un ou à l'autre de ces bandages est plutôt une affaire d'habitude; nous verrons cependant, en étudiant les hernies en particulier, quelles sont les espèces qui s'accommodent mieux de telle ou telle espèce de bandage.

Le principe du bandage anglais n'est plus complètement applicable aux bandages doubles; deux ressorts latéraux supportent chacun une pelote, mobile sur son extrémité antérieure, pelote qu'on applique du coté correspondant sur l'orifice herniaire; en arrière, les deux ressorts viennent s'appuyer sur une pelote dorsale. Chacun de ces ressorts, moins long que celui du bandage simple qui embrasse plus que la demi-circonférence du corps, est également moins puissant et moins efficace ; aussi pour les hernies doubles le bandage français reprend-il manifestement l'avantage.

Un mode particulier de bandage anglais est celui dans lequel une seule pelote est actionnée par deux ressorts latéraux; c'est le principe du bandage Drapier, sur lequel nous reviendrons en parlant des hernies ombilicales.

c. Bandages mixtes. — On a cherché à réunir les avantages principaux des deux modes de bandages dans un même appareil, mais, ainsi que la fait observer Malgaigne, les bandages mixtes, construits de la sorte, n'ont eu le plus souvent que les inconvénients de l'un et l'autre système.

Le bandage à ressort brisé ou ressort Burat, du nom de son inventeur, est un bandage anglais dont le ressort est coudé à quelques centimètres de son extrémité antérieure, pour permettre à celle-ci de s'abaisser vers les régions inguinale et crurale; il en est de ce bandage comme d'une pincette dont les extrémités ont été tordues: il porte à faux et ne peut rien contenir efficacement.

Rejeté pour les bandages anglais, le ressort brisé a été conservé pour certains bandages français; ce ressort, composé de deux pièces réunies par des vis, permet de donner au collet une inclinaison variable suivant les besoins.

On laisse souvent, même dans le bandage français, un certain degré de mobilité à la pelote; cette disposition diminue les frottements que subissent les téguments, rend les déplacements de la pelote moins faciles, mais elle donne à celle-ci moins de fixité, on ne peut lui imprimer une torsion déterminée sur le collet du ressort ni la faire pincer.

Différentes dispositions ont été imaginées pour faire varier à volonté l'inclinaison de la pelote sur le ressort : articulations à crémaillère, glissières fixées par la pression d'une vis (voy. fig. 51), trous creusés dans Técusson et où l'on arrête l'extrémité du ressort avec des chevilles après avoir donné à la pelote la situation voulue; ces mécanismes intéressent plus le constructeur que le chirurgien.

[P. BERGER.-i

Les art iriilal ions à cliarnière, pourvues d'une crémaillère destinée à régler la pression de la pelote, que Ton cherche à remettre en honneur ('), ont le grand inconvénient de porter leur action sur le ressort autant que sur la pelote et de compromettre la stabilité du premier. On peut dire qu'en général tous les dispositifs compliqués doivent être écartés de la construction des bandages ou réservés pour des cas spéciaux.

Enfin les bandages français eux-mêmes reposent assez souvent. j)ar leur extrémité postérieure, sur une petite pelote dorsale qui élargit les contacts et diminue les frottements que subit la peau.

d. Bandof/es à pression rigide. — Ils sont destinés à contenir des hernies qui forcent le passage quelle que soit la puissance du ressort qu'on leur oppose; le bandage Dupré en est le type. Celui-ci se compose essentiellement d'un arc métallique, formé d'une tige de fer forgé qui s'adapte exactement à la partie antérieure du bassin; à cet arc son! fixées des pelotes qui correspondent aux orifices herniaires et qui sont maintenues en place par des vis; toute cette armature métallique est assujettie au tronc par une sangle qui embrasse la partie postérieure du bassin, et qui, prenant un point d'appui sur deux tiges perpendiculaires situées aux extrémités de l'arc métallique, tend à faire basculer en avant tout le système, lorsqu'on la serre avec force, et à appliquer plus intimement les pelotes sur les régions qu'elles doivent protéger.

Dans d'autres bandages de même ordre, l'adaptation des pelotes est réglée par des vis de pression.

e. Bandages non métalliques à pression molle, ceintures. — Certaines hernies faciles à contenir, chez des nouveau-nés, se maintiennent encore avec une ceinture en caoutchouc supportant une ou deux pelotes insufflées d'air; ces appareils sont d'une efficacité contestable.

Certaines personnes, à ventre très volumineux, qui sont atteintes de hernies ombilicales, ont coutume de maintenir leur hernie avec une ceinture abdominale élastique pourvue d'une plaque ou d'une pelote correspondant à la région ombilicale: ce mode de contention est toujours défectueux, pourtant bien des médecins le prescrivent.

On a tenté de substituer aux bandages métalliques un caleçon en tissu élastique, fait sur mesure et sous lequel on fixe, en regard des orifices herniaires, des pelotes insufflées d'air; pour être construits avec beaucoup d'ingéniosité, ces appareils n'en sont pas moins toujours insuffisants.

On ne saurait trop insister sur ce fait : la pression d'un ressort seule peut développer sur un point donné une force capable de s'opposer à l'issue de la hernie dans un effort. Tous les moyens contentifs reposant sur un autre principe doivent être rejetés ou ne peuvent convenir qu'à des cas exceptionnels.

f. De ce nombre sont les hernies incoercibles ou incomplètement réductibles. On trouvera dans le chapitre consacré aux hernies inguinales et ombilicales quelques détails sur les bandages qui conviennent aux cas de ce genre.

hes hernies partiellement irréductibles sont en général contenues au moyen de bandages dont la pelote présente une concavité calculée sur le volume de la partie irréductible : ces pelotes, capitonnées avec soin, sont maintenues soif par un ressort puissant (hernies inguinales et crurales), soit par une ceinture élastique (hernies ombilicales). L'action des bandages à pelote concave est très

(') A HoFKA, Zitr Brucliliandj'racje. CentraWlaH jiir Cliir., l.S'.tfi, iv '20. p. i".".

in(id('k', |)i'('S(|m' loiijoiiis ils l;tiss(Mil (Mlia|)])<'r lii hernie (jui n une tendance conslanle à augmenter de volume.

Les hernies réellemcMil ineo(>rcil)les, celles qui ont perdu droit de domicile, ne peuvent \)\ns être ])()rlées cpie dans des suspensoii-x, dans des sacs en tissu rigide ou élasticpu', solidement lixés à une ceinture bien ajustée et renforcée elle-même souvent j)ar des bretelles, des sous-cuisses, des sous-ventrières. Le sac en question peut être resserré au moyen d'un lacet ou de boucles qui permettent d'exercer sur la hernie un certain degré de compression.

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