IV. — indications; choix de la méthode et du procédé
L'opération de la cure radicale, malgré les précautions dont on l'entoure, présente encore trop de risques et trop d'incertitude dans ses résultats pour qu'on puisse l'appliq'-.cr indistinctement à toutes les hernies réductibles et la
sultsIiliuM' (ruiic maiiirrc ^riK-rali* aux; handa^-cs dans le Irailcmciil de (•elle iiiliriuité. Elle reconnaît d(tnc des iiulicatiuin^ précises qni, pour les hernies non étranglées et réduclibles, peuvent se ramener à deux ordres de laits :
I" Ceux dans Icsr/uels on est en droit (Vattendvc da ropcralion la (juérison définitive de la lun-nie. — De ce nombre sont les hernies chez les enfants et les adolescents, lorsque l'application métliodicpie des bandages, prati(iuée et surveillée avec soin et pendant un temps suffisant, n'en a pas amené la guérison.
Il faut y comprendre égalemenl les hernies de lorce récentes chez les adultes jeunes, hernies ipii ne iieuvenl le plus souvent guérir par les bandages. Les hernies de ce genre doivcMil guérir avec certitude par l'opération, ,et celle-ci s'accompagne de dangers moindres ([ue ceux auxcjuels la persistance de la hernie expose celui cpii la porte. L'opération doit donc être conseillée dans ces conditions, ;\ moins ([uunc des contre-indications (jue nous allons spécifier ne s'y oppose.
!2° Les cas da)is lesquels la guérison définitive est moins probable et où r opéralion a surtout pour but de diminuer les inconvénients qui résultent de la hernie. — L'opération peut et doit être proposée :
a. Quand une hernie maintenue par un bandage présente un accroissement graduel qui tend à rendre sa contention plus difficile ;
b. Quand elle s'échappe fréquemment sous la pelole, malgré les soins qu'on donne au choix et à l'application du bandage ;
c. Quand une hernie, malgré le bandage, donne ou a donné lieu à des accidents, même passagers, d'irréductibilité, d'inflammation, ou surtout d'étranglement :
(/. Enfin, dans les cas où il y a une intolérance absolue du sujet pour les bandages.
Trélat a résumé ces indications dans une formule élégante et concise en disant que : « toute hernie qui n'est pas complètement, constamment, facilement contenue par un bandage, doit être traitée par la cure radicale ».
Les co)itre-indications générales tiennent : à l'état du sujet; à la coïncidence d'autres affections graves, lésions de l'appareil respiratoire, atïections cardiaques, maladies organiques, diabète, diathèses, dyscrasies, cachexies diverses; à son âge — car on ne doit opérer qu'avec beaucoup de réserve les enfants en bas âge (jusqu'à la cinquième année) et les vieillards qui ont dépassé la soixantaine : ce sont là les contre-indications générales de toutes les opérations qui ne sont pas des opérations d'urgence.
On considérera comme une contre-indication tirée de l'état local, la faiblesse de la paroi abdominale, la grande dilatation des anneaux, le développement très rapide de la hernie et l'apparition presque simultanée d'autres hernies, circonstances qui caractérisent les hernies de faiblesse et qui doivent faire craindre que l'opération ne puisse être suivie d'une guérison définitive ou même d'une amélioration durable.
Pour ce qui est du choix de la méthode et du procédé opératoire, nous avons fait valoir les raisons qui doivent faire préférer ropération par Vexcision du sac et rocclusion du trajet herniaire par la suture, aux injections interstitielles périherniaires ou aux procédés de suture sous-cutanée du trajet et du collet du sac. La détermination du procédé à suivre dépendant essentiellement de la variété de hernie à laquelle on a atYaire, c'est à l'occasion de chacune d'elles en particulier qu'il en sera question.
TR.A.ITÉ DE CHIRURGIE, "2= édit. — VI. , ^'
[P. BERGER
TRAITEMENT DES HERNIES IRRÉDUCTIBLES