F. — KYSTES SIMPLES
Dans ce chapitre rentre une série de kystes, très-dissemblables, et dont quelques-uns ne sont que très imparfaitement connus.
Dans un premier groupe, nous trouvons les kystes des maxillaires, qui peuvent être uniloculaires ou mulliloculaires. Ces tumeurs doivent être rattachées au développement des dents ou à l'évolution de débris de l'épithélium paradentaire ; elles constituent un groupe bien séparé, à pathogénie spéciale, nous leur avons assigné une place dans les tumeurs vraies des os. A côté d'elles, doivent aujourd'hui prendre place des tumeurs actinomycosiqiies des mâchoires [actinomycomes néo'plasiques) , qui renferment parfois des kystes, en plus ou moins grand nombre. Nous les avons étudiées dans le chapitre : Actinomycose osseuse et, dans le Lyon médical du 5 juillet 1896, nous avons fait remarquer, à propos d'un actinomycome kystique du maxillaire inférieur, confondu, pendant des
[A. PONGET.-\
années, avec une tumeur maligne que l'histoire des kystes multilocidaires. de la maladie kystique, de l'épithéliome kystique, de Vostéo, du cysto-sar corne, etc., des maxillaires, était à refaire, avec les notions nouvelles fournies par l'étude du champignon rayonné. On a dû, maintes fois, confondre des kystes parasitaires avec des kystes simples, et, au point de vue pathogénique, toute la question des kystes des mâchoires est, avons-nous dit, à reprendre.
Une seconde catégorie de kystes s'observe dans les os ostéomalaciques. Ils ont déjà été étudiés dans ce traité, à l'article Ostéomal.\cie. Xous en avons figuré un exemple remarquable.
La troisième catégorie renferme des kystes uniloculaires ou pluriloculaires, affection très rare, dont la nature n'est point nettement établie. Ils ont été signalés sur le fémur (Nélaton), sur la clavicule (Travers), sur l'humérus (Astley Cooper, Monod), sur le tibia (A. Cooper), sur le cubitus (Carie), sur l'omoplate (Robert).
La nature de ces kystes est discutable, elle a donné lieu à plusieurs théories.
Pour Volkmann, ils résulteraient d'une tumeur, dont les éléments ramollis et dégénérés, ne laisseraient, après leur résorption, qu'un liquide contenu dans des cavités osseuses. Gosselin regarde les kystes des os, comme produits par une sorte d'inflammation chronique, une ostéite kystogéniqiie ; sous son influence, survient une résorption graduelle des lamelles osseuses, des cavités se creusent, que la sérosité distendra bientôt. Connaissant la tz'ansformation kystique des tumeurs érectiles des parties molles, on a pu se demander si les tumeurs polykystiques des os ne seraient pas des tumeurs érectiles, transformées ; Broca a montré combien cette théorie était improbable.
Somme toute, ces dernières théories sont peu satisfaisantes. Faisons remarquer, en terminant, que le cas célèbre de kyste multiloculaire du fémur, représenté par Nélaton, dans ses Éléments de pathologie chirurgicale, l'essemble beaucoup à celui que nous avons observé et que nous avons rattaché à l'ostéomalacie. Quelques-unes des observations citées pourraient bien se rapporter également à des kystes hydatiques, à des kystes parasitaires, dont la nature aurait été méconnue. Dans tous les cas, c'est dans la voie du parasitisme que les recherches doivent être, dorénavant, dirigées.
Les kystes simples des os évoluent avec une remarquable lenteur; ils peuvent présenter de la crépitation parcheminée, et même devenir fluctuants, à une certaine période de leur évolution. Le diagnostic sera fait par élimination; la ponction exploratrice, l'incision seront seules capables de le confirmer. Le traitement doit être semblable à celui des kystes hydatiques.
Citons enfin un intéressant mémoire de MM. L. Bérard et Nové Josserand, sur le Myxome kystique [Rev. de chir., 1895), mémoire dans lequel ces auteurs ont admis 5 variétés de kystes, développés dans le squelette : 1° les kystes hydatiques ; 2° les kystes épithéliaux; 5° les kystes provenant de ramollissement de néoplasmes conjonctifs; 4° les kystes inflammatoires; 5° les dégénérescences kystiques généralisées.
Dans le cours de ces divers chapitres, j'ai, plusieurs fois, cité le nom et les travaux de mon chef de laboratoire le D'' L. Dor. Je tiens à ajouter qu'il a été, pour moi, un collaborateur précieux, dans l'exposé des caractères anatomopathologiques des Tumeurs des os.