‹ Traité de chirurgie publié sous la direction de Simon Duplay [et] Paul Reclus (volume 4)Chapitre 19 sur 143 · UIS AXEVRYSMES EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

UIS AXEVRYSMES EN GÉNÉRAL

L'incision simple du sac a l'inconvénient de laisser le malade exposé aux hémorragies secondaires, à l'inflammation, à la gangrène. — On court en outre le risque de laisser au fond du sac un certain nombre de collatérales sans ligature. — Lorsque le caillot qui obstrue ces artérioles se ramollit, l'hémorragie secondaire survient presque fatalement.

L'incision du sac n'est donc pas un procédé recommandable par lui-même, mais, dans certains cas, l'extirpation de la tumeur peut l'exiger comme manœuvre préliminaire.

l\. — EXTIRPATION DU SAC

Bien autrement radicale et inoins dangereuse est Vextirpation, souvent confondue aujourd'hui avec les méthodes précédentes et désignée par les Allemands sous le nom de méthode ancienne, méthode d'Antyllus avec extirpation.

En France, cette opération est généralement désignée sous le nom de méthode de Purmann.

Sous l'influence du travail de Delbet, l'extirpation a été fort réhabilitée en France par Trélat. D. Molière, Vaslin (d'Angers) et d'autres encore (Congrès de chirurgie, 1879).

Ces auteurs ont démontré que les hémorragies secondaires et la gangrène étaient bien moins à craindre à la suite de l'extirpation qu'après la ligature.

La comparaison des statistiques a donné à Delbet une mortalité brute de 11,52 pour 100, alors que la ligature donnait 18,93 pour 100.

Après l'extirpation, l'inflammation, l'insuccès simple, la récidive ne sont plus à craindre; le malade, débarrassé définitivement de sa tumeur anévrysmale, n'a plus à redouter non plus ces accidents éloignés dus à l'entraînement de filets nerveux par la tumeur anévrysmale se rétractant après la ligature.

L'extirpation réunit donc un grand nombre d'avantages; le seul reproche sérieux qu'on ait pu lui faire est sa difficulté. Cette opération est en effet délicate, difficile, laborieuse; mais avec l'anesthésie, la forcipressure, l'emploi de la bande d'Esmarch et l'antisepsie, il est bien difficile d'admettre qu'un bon chirurgien ne puisse mener à bonne fin une opération qui présente sur les autres l'immense supériorité d'être absolument radicale.

Elle le sera surtout dans les anévrysmes traumatiques, où la lésion artérielle est très limitée: dans les anévrysmes spontanés, il en est souvent ainsi (Berger, Delbet). Lorsque le système artériel est malade tout entier, l'opération est évidemment plus hasardée, mais les autres méthodes ne sont pas alors plus avantageuses.

Enfin, dans les cas désespérés d'ouverture de l'anévrysme, de rupture dans le tissu cellulaire sous-cutané, dans une articulation ou à l'extérieur, l'extirpation antisepticiue seule permettra de conserver au malade, en même temps que la vie, un membre cju'on aurait autrefois immédiatement condamné à l'amputation.

Page 1