‹ Traité de chirurgie publié sous la direction de Simon Duplay [et] Paul Reclus (volume 4)Chapitre 24 sur 143 · CHAPITRE IV DILATATION SERPENTINE DES ARTÈRES · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV DILATATION SERPENTINE DES ARTÈRES

Cruveilhier a bien distingué les dilatations serpentines des artères des anévrysmes cirsoïdes avec lesquels Breschet et d'autres auteurs les avaient confondues.

[P MICHAUX

m DILATATION SERPENTINE DES ARTÈRES.

Entre ces deux afi'eclions, il y a celte différence que, dans la première, les flexuosités morbides sont la conséquence d'une lésion des parois artérielles, landis que dans la dilatation serpentine des artères, les parois artérielles présentent simplement une légère hypertrophie en rapport avec leur augmentation de volume; elles ont de plus conservé toute leur élasticité.

Cruveilhier les dislingue en dilatations pitysiologiques et dilatations liypertropliiques.

Les dilatations physiologiques sont surtout le résultat du progrès de Fàge; on les observe principalement chez les vieillards.

L'eclasie vasculaire porte généralement alors sur les gros vaisseaux : Taorle abdominale, les artères iliaques primitives, le tronc bi'achio-céphalique, rarlère axillaire, l'humérale et la radiale.

Les dilatations hypertrophiques sont parfois plus considérables encore; elles sont ordinairement la conséquence de roblitération de l'artère principale d'un membre : « on voit alors non seulement les artères collatérales principales, mais encore et essentiellement des arlérioles du plus petit calibre, des artères capillaires, en même temps qu'elles se dilatent d'une manière prodigieuse, décrire des flexuosités à circonvolutions excessivement rapprochées; et une chose bien remarquable, c'est que ces flexuosités sont en général limitées aux artérioles les plus déliées, si bien que les artères dont elles émanent sont à peine dilatées et à peine flexueuses » (Cruveilhier).

J'ai observé, comme prosecteur de la Faculté, une pièce anatomique des plus curieuses, dont je n'ai pas trouvé d'autre exemple : Toutes les artères pariétales du tronc d'un homme d'un certain âge étaient dilatées et flexueuses; cette dilatation portait surtout sur la mammaire interne et épigastrique. De ces deux artères partaient une série de flexuosités occupant toutes leurs anastomoses, artères intercostales, artères thoraciques, scapulaires et lombaires. Ces artères injectées au suif, dessinaient à la surface du thorax une série tout à fait curieuse de courbes serpentines dont je crois avoir trouvé la cause dans une disposition spéciale que présentaient les deux artères sous-clavières : ces deux vaisseaux, après avoir fourni les mammaires internes, traversaient au-dessus de la première côte, dans le tendon du muscle scalène antérieur, une véritable boutonnière, qui avait dû certainement gêner la circulation et provoquer la dilatation collatérale des branches thoraciques cl lombaires anastomosées avec les mammaires internes.

Les dilatations serpentines séniles forment parfois de véritables tumeurs résultant du rapprochement de deux ou trois flexuosités; la poche ainsi formée est animée de battements. On y a entendu des bruits de souffle intermittents et même continus; Broca et Demarquay auraient même senti un véritable frémissement vibratoire.

L'examen de la tumeur, la dilatation des autres grosses artères, l'âge du sujet, permetlcnt en général d'établir le diagnostic.

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