DILATATION SERPENTINE DES ARTÈRES
2" La deslruclion de la masse se fait par cautérisation ou par excision.
La cautérisation au fer rouge ne convient qu'aux tumeurs de très petit volume ; on peut encore l'utiliser comme adjuvant, quand on comljine plusieurs méthodes.
L'excision est la méthode qui a donné le plus de succès: la forcipressure rend pour celte opération les plus grands services, et évite les dangers d'une hémorragie, qui serait sans elle rapidement mortelle. Les vaisseaux sectionnés sont fort nombreux et, dans une opération de ce genre, Bryant dut lier vingt vaisseaux de fort calibre sans dépasser les bords de l'anévrysme. Cette méthode toutefois ne convient qu'aux tumeurs de moyennes dimensions.
ô° Pour coaguler le sang dans la tumeur, on a recours à Vélectropunclurc ou aux injections coagulantes. On a aussi employé le séton fdiforme simple ou caustique. Vélectropuncture a réussi quelquefois: on lui reproche d'exposer aux hémorragies.
Les injections coagulantes, de ]jerchloru re de fer, de liqueur de Piazza, ont été maintes fois employées. On injecte seulement quelques gouttes dans différents points de la tumeur : il faut autant que possible la circonscrire avec un anneau compresseur, qui oppose un obstacle à la mobilisation du caillot. Cette méthode est préconisée par Gosselin, Broca, Polaillon; Berger en a rapporté un bel exemple à la Société de chirurgie en 1884 ; cependant elle est quelquefois inefficace; elle a déterminé des accidents, des phlébites, des embolies, des eschares, des gangrènes.
4" Reste la méthode mixte, C[ui comprend la combinaison de plusieurs procédés, ligature et compression, excision et ligature : on commence par la ligature des principales branches, il en résulte une diminution de l'afflux sanguin ; la compression, la cautérisation, les injections font le reste.
L'excision doit être considérée comme la méthode de choix, toutes les fois f[uc les dimensions de la tumeur la rendent possible.
Lorsque la tumeur est trop volumineuse, on aura recours à la méthode mixte, en procédant par segments et avec beaucoup de lenteur et de persévérance.
Ces différentes méthodes, d'ailleurs, dont nous venons de voir les avantages et les inconvénients, trouvent dans les dimensions mêmes de la tumeur des indications spéciales à chacune d'elles et qui se résument dans les conclusions suivantes :
En principe, il faul agir sur la tumeur même, et ne pas agir sur ses branches.
Le professeur Trélat a formulé, d'une manière plus concise encore, à la Société de chirurgie (décembre 1889), les règles du traitement des anévrysmes cirsoïdes :
1" Pas de ligature;
2" Excision, si elle est possible;
5° Dans le cas contraire, amputation.