‹ Traité de chirurgie publié sous la direction de Simon Duplay [et] Paul Reclus (volume 4)Chapitre 42 sur 143 · SUITES ÉLOIGNÉES DES FRACTURES SANS COMPLICATIONS · texte numérisé non relu

SUITES ÉLOIGNÉES DES FRACTURES SANS COMPLICATIONS

jointure ou leur perte est presque certaine et pour qu'on n'en étende les indications que lorsque des faits probants, publiés en nombre suffisant, auront permis de juger la valeur de l'opération par ses résultats. »

Dans l'immense majorité des cas, l'ouverture du foyer de la fracture est suivie de la suture. Les procédés de suture osseuse sont nombreux; nous en parlerons dans le traitement des pseudarthroses et nous renvoj'ons à ce chapitre pour ne pas nous exposer à des redites inutiles.

Traitement général. — Ce traitement est le plus souvent nul. Il ne comporte en effet aucune indication particulière lorsqu'il s'agit d'une fracture simple, chez un homme en bonne santé. Mais si ce blessé présente quelque diatlièse, il est bon de lui donner ses soins. Il n'est plus besoin de démontrer l'influence du traumatisme sur les diathèses. Les écrits de Verneuil et de ses élèves ont fixé la science sur ce point. Aussi, sera-t-il prudent, chez un syphilitique atteint de fracture, d'administrer le mercure et l'iodure de potassium, chez un paludique, de recourir à la médication quinique et arsenicale, etc.

Mais c'est l'alcoolique qui réclame les plus grands soins. Les traumatismes en général, et les traumatismes osseux en particulier, ont un fâcheux retentissement sur l'organisme des alcooliques, et l'on sait combien sont fréquentes chez eux les insomnies, les contractures, les spasmes musculaires dans le membre blessé et même le delirium tremens. Dans ces cas, la médication opiacée (vin laudanisé, extrait d'opium à haute dose), triomphent le plus souvent de ces complications. Après quelques jours, il est possible de diminuer progressivement les doses d'opium, puis de les supprimer.

Enfin, chez les débilités, on instituera un régime tonique; on a prescrit le phosphate de chaux plutôt théoriquement que d'après des faits probants. On veillera, en un mot, à toutes les indications fournies par l'état général.

Page 1