FRACTURES ARTICULAIRES
« Astley Cooper, dans son traité des fractures articulaires, a décrit à la fois les solutions de continuité qui pénètrent dans la cavité de la synoviale et celles qui, sans pénétrer dans cette cavité, traversent le tissu spongieux des os au voisinage de l'articulation. Sans doute, au point de vue du diagnostic, il est intéressant de mettre en présence des lésions aussi rapprochées par leur siège, mais au point de vue plus élevé de la physiologie pathologique, les fractures extra-articulaires diffèrent à peine des autres fractures, tandis que les autres fractures, pénétrantes, se comportent tout autrement. » (Jarjavay, Thèse de concours. Paris, 1851.) Nous nous occuperons exclusivement de ces dernières, et encore n'envisagerons-nous que les fractures articulaires fermées, car si la jointure est largement ouverte, ce sont les symptômes d'une arthrite purulente si la plaie a été infectée, d'une arthrite plastique presque inévitable si la plaie a pu être désinfectée suffisamment et en temps opportun, C{ui vont dominer la scène et attirer l'attention du chirurgien.
Les principaux ouvrages à consulter sont les suivants : A. Cooper, Treatise on dislocations and fractures of the joints, London, 1825; R.-W. Smith, Frac^wrcs in vicinity of joints, Dublin, 1847; Rouis, Des fractures des articulations, Thèse de Paris, 1845; Jarjavay, Thèse de concours. Paris, 1851. Gosselin, Richet, Legouest, Trélat, Volkmann ont également étudié les fractures articulaires ; on s'en est occupé plus récemment, mais les derniers travaux publiés visent surtout le traitement de ces lésions.
Division. — Les fractures pénétrantes des articulations comprennent deux variétés : dans l'une se rangent les fractures dont le trait se trouve tout entier dans l'articulation, nous citerons comme exemple : les fractures transversales de la rotule, celles de la base de l'olécrâne ; dans l'autre le trait de la fracture est à la fois intra et extra-articulaire, il s'agit de fractures mixtes, telles celles en T ou en V de l'extrémité inférieure de l'humérus, de l'extrémité supérieure du même os, du col fémoral, etc.
Anatomie pathologique. — Les fractures articulaires sont ordinairement complètes, très rarement incomplètes.
Les fractures incomplètes ne sont autres que des fissures qu'on rencontre, par exemple, dans les fractures verticales de la lète du radius, à la tète humérale; elles ne sont dans quelques cas qu'une complication d'une fracture diaphysaire, c'est ce qu'on observe dans les fractures en V du tiers inférieur du tibia, dans lesquelles un trait spiroïde parti de la solution de continuité diaphysaire pénètre dans l'articulation tibio-tarsienne (fig. 151); dans un grand nombre de fractures par armes à feu siégeant loin des articulations.
Les fractures complètes sont la règle et nous n'avons point à y insister pour le moment; les particularités anatomiques qu'elles présentent seront décrites avec les fractures en particulier. Notons cependant qu'elles s'accompagnent souvent