‹ Traité de chirurgie publié sous la direction de Simon Duplay [et] Paul Reclus (volume 5)Chapitre 10 sur 250 · IG ARRKTS \W. OKVELOPPEMENT DE LA FACE ET DU COU · texte numérisé non relu

IG ARRKTS \W. OKVELOPPEMENT DE LA FACE ET DU COU

avec la branche monlaiilp du maxillaire, du contour osseux des fosses nasales. Où donc est, sur la lèvre interne de la fissui'c, sa saillie ascendante? Personne n'en a jamais montré trace. Prenons au contraire des animaux chez lesquels la suture incisive reste normalement visible pendant toute la vie et sur toute son tMendue, et supposons à un de ces animaux un bec-de-Iiôvre : si la théorie est exacte, nous devrons trouver sur la lèvre externe de la fissure, au-dessus de l'incisive latérale, l'apophyse nasale nettement isolée. Or c'est ce qu'Albrechl a vu sur le cheval, sur le veau (ce dernier animal étant, on le sait, privé d'incisives supérieures), et je l'ai vérifié sur le veau, sur le chat. Mieux encore, Albrechta trouvé une pièce humaine où la branche externe de la suture incisive palatine était visible en dehors de la fissure. Peu importe, dès lors, que l'incisive précanine soit ou non gnalhogène, pour emprunter l'expression de Biondi('), c'est-à-dire née dans le corps du maxillaire et non dans l'intermaxillaire : l'examen de l'apophyse montante suffit pour démontrer que la fissure passe à travers l'intermaxilhiire.

Et ici intervient une remarque fort importante de Warynski : la suture incisive interne ne passe pas exactement entre les deux incisives, mais mord sur l'alvéole de l'incisive latérale, et dès lors il est probable que, si elle ne vient pas à coalescence, chaque moitié d'alvéole donne naissance à une dent. Il n'y a pas, dès lors, dent supplémentaire au sens propre du terme, mais division du germe de l'incisive latérale. De là la quasi constance de ces deux dents assez mal formées, déviées, entre lesquelles passe la fissure; il est même fréquent que les alvéoles soient presque exclusivement membraneux et que ces dents rudimentaires tombent fort peu de temps après la naissance.

Cette question ostéologique une fois jugée — et je la tranche délibérément en faveur d'Albrecht — reste l'interprétation embryologique. Ici je dois déclarer que les auteurs les plus récents et les plus compétents soutiennent la doctrine de Coste : le bourgeon nasal externe s'arrête au-dessus de la lèvre supérieure, et dès lors la fissure labio-alvéolaire provient d'un défaut de coalescence entre le nasal interne et le maxillaire supérieur. Le fait est possible, pourvu que l'on accorde que supérieurement, puisque la narine est ouverte, le fente se prolonge entre le nasal interne et le nasal externe. Cela prouve simplement que les limites osseuses marquées par les sutures, par les alvéoles dentaires, ne sont pas superposables aux limites des bourgeons primitifs; que le bourgeon dit incisif ne donne pas tout l'os incisif.

VoiUe palatine. — Une fois parvenue au contact de l'apophyse palatine de l'intermaxillaire, le trou palatin antérieur de son côté une fois traversé, la fissure se redresse : obliijue en dedans et en arrière au rebord alvéolaire, elle devient à la voûte palatine exactement antéro-postérieure.

Cette fissure palatine peut être unilatérale ou bilatérale.

Unilatérale, elle longe le bord correspondant du vomer, ordinairement dévié du côté normal. L'atrophie du massif maxillaire supérieur du côté de la fissure est plus considérable que dans le bec-de-lièvre simple, et de là une saillie souvent très marquée du promontoire constitué par l'intermaxillaire interne sous la lèvre. L'atrophie de la lame palatine qui borde la fissure est souvent très accentuée. D'ailleurs, la lame palatine du maxillaire du côté où le palais est intact est, elle aussi, souvent très étroite, mais une modification singulière du

(») BioNDi, Arch. fiir juUli. Anat. und Plnjsiul., Bei-lin, 1888, t. CXI, p. 125.

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