III. — LYMI'HAMjIOME^ IiE la l'AlxOTIDK
Les l;t/xlcs congpiùlaiix ou lijiiiplniiii/ioiricx alfectent quelquefois des rapports intimes avec la parotide; Lannelongue et Achard en ont résumé d'intéressantes observations dans leur traité des kystes congénitaux (^).
Ces kystes, analomiquement constitués comme partout ailleurs ("), forment des cavités très nombreuses et de toutes dimensions. Il s'en trouve dans les interstices des lobules glandulaires (pii sont plus ou moins disséqués par les
(') Voy. DuPLAY (S.), Triiilé de putlmtoyir externe, Paris, 1878, l. \', p. 08.
(-) H.\RTM.\NN, Conlribulion à l'élude dos angiomes do la région ((arotidicnne. Revue de rhir., Paris, 1889, t. IX, p. 750.
(■') Examen de DaHer, observ. Hartmann.
(*) Examen de Charles Jervett, observ. Pilcher {Annalg of llie aunt. itnd surg. Society. Brooklyn, 1879-1880, l. I, p. 111). Celle transformalion caverneuse a élé bien signalée par Eug. Bocckel dans son article Érectile du Diction, de mcd. et de rhir. prnt.
{^) Ijannelongue et AcuAnn, Traité des kystes conyénitaux, Paris, 1880 (pnssim).
(") Voy. des Lymphangiomes, l. I, p. 505.
LViMI'HADK.\()M!:S PAIÎOTIDllùXS.
loges du kyste et qui proéminent dans leur intérieur; quelquefois un lohule glandulaire est isolé dans une cloison intermédiaire à deux loges.
CUitiqiiemeut, la tumeur, observée dans les premiers mois de la vie, occupe la région parolidienne; la peau, à sa surface, est normale mais amincie, elle glisse au-devant d'elle. La consistance de la tumeur est d'une mollesse fluide; on reconnaît au loucher qu'elle est composée d'une série de loges pleines de liquide ; et elle offre même à la vue un aspect demitransparent et une coloration bleuâtre en certains points. Elle ne devient fluctuante que lorsqu'elle est tendue parla pression. Elle est d'ailleurs irréductible, bien qu'on puisse, par la pression, augmenter la tension d'une loge aux dépens de celle des autres. Elle est tout à fait indolente. Elle ne proémine pas du côté de la cavité buccale et.
à la périphérie, elle se confond avec les tissus voisins dont on peut cependant la séparer en cherchant à la soulever, A son pourtour existent quelquefois des veines dilatées, mais, en somme, la tumeur ne présente aucun caractère des tumeurs érectiles.
Le meilleur I raiti/ment esl l'extirpation, que l'on fera avec précautions, évitant de léser le nerf facial et le canal de Slénon.
FlG.
On
ï". — Lyinpliangiotncj du la iioroUdc. (Lannelon^ue et Achard.)
voit, sur cette coupe deu-x grandes cavités kystiques séparées par une cloison qui contient un lobule glandulaire isole.
I\'. — LYMI'IIADÉNOMES PAROTW/ISNS
On peut observer au niveau de la parotide deux sortes de lymphadénomes : les uns ne présentant rien de spécial, lymphadénomes vulgaires développés aux dépens des ganglions de la région, les autres, extrêmement rares, caractérisés par la formation de tissu lymphoïde s'interposant aux éléments glandulaires (').
Les premiers sont constitués quelquefois par des nodosités multiples, souvent pai: une tumeur de forme régulière, tantôt dure et élastique, tantôt fluctuante ;
(') NoTT.\, Tumeur kystique de la parotide. Bull, et mêin. de la Soc. de chir.. Paris, 1880. t. VI, p. Û08. — MoNOD. Examen histologique. Ibid, p. 559.
[H HARTMANN
fi^'énéralcmcnt indolents, ils |)euvonl ilt'lormincr des douleurs névralgiques, des troubles de la déglulilion el de l'audition. Leur développement, d'abord assez lent, devient plus rapide à un moment de leur évolution el fréquemment on les voit se propager aux ganglions voisins de la région sous-maxillaire et caroti-
dienne. Comme tous les lympliadénomes, eeux de la région parotidieniie peuvent se généraliser et s'accompagner de tumeurs analogues de la rate, du l'oie, etc., en même temps cjue de leucocythémie. Leur traitement ne présente rien de spécial ('). Le lympliadénome, non plus des ganglions mais de la parotide même, a été observé par Notta (*).
Il s'agissait, dans son observation, d'une femme de cinquante et un ans porteuse d'une tumeur parotidienne, dont le début remontait à quatre ans. Cette tumeur, du volume d'une demi-orange, était indolente, mollasse, fluctuante, unie, à part une légère lobulation, sans adhérences superficielles ni profondes. Croyant à un lipome, M. Notta fit l'extirpation de la tumeur.
Celle-ci était constituée par une série de kystes, remplis de sang noir, indépendants les uns des autres ; à sa partie inférieure était une masse amorphe grisâtre, creusée de deux petites cavités remplies de sang noir. L'examen histologique, pratiqué par MM. Malassez et Monod, montra qu'il s'agissait d'une tumeur constituée par le développement de tissu lymphoïde qui s'interposait entre les éléments glandulaires. L'aspect kystique et caverneux, que la tumeur présentait à l'œil nu et qui pouvait, au premier abord, en imposer pour un angiome, était dû à la dilatation des canaux excréteurs de la glande.
En présence de ce seul cas, nous ne pouvons tracer l'histoire du lymjihadénome glandulaire de la parotide.
'iG. 7S. — Kvslc sércn:
la rcjiion paroLidieiiuc Achard.)
iiiuUilorulniro (Lannelongue