IMPERFOftATlO.yS
L'œsophage peut être complet et simplement fermé par un diaphragme : c'est tout à fait exceptionnel. Il est de même exceptionnel de voir l'œsophage manquer en totalité. A l'ordinaire le conduit n'est absent que dans une étendue variable d'un à plusieurs centimètres.
Le bout supérieur peut manquer complètement, une cloison se formant en arrière du voile du palais (pièce de M. Duval et de Hervé); le plus souvent il existe sous forme de cul-de-sac descendant plus ou moins bas, à i centimètres en moyenne. Suivant les cas, ce cul-de-sac se termine librement, adhère à la trachée ou est uni au bout inférieur par un cordon d'apparence musculaire ou fibreuse, mais dont la nature histologique exacte est encore peu connue. Dans un cas récent, Lefour et Fieux l'ont vu constitué par des fibres conjonctives, des fibres musculaires lisses et des fibres musculaires striées sans épithélium à l'intérieur (').
Le bout inféiieur peut manquer; lorsqu'il existe, il s'ouvre le plus souvent
(') Lefoui! cl FiEux, Inipcrforalion de l'œsophage, large communication trachéo-œsophasiiennc. Gaz. hebd. des se. rnéd. de Bordeaux, 18%, p. ôiO.
Tli.VITÉ DE CHIRURGIE, 2° 6(111. — V. 2i
MALADIES DE L'OESOl'llAC.K.
dans les voies aériennes. Sur 50 cas on noie 44 lois son aIjouciieni(ïnl dans la trachée, généralement au voisinage de la bilurcation des bronches, et 2 fois son __^ abouclienicnt dans la hrunclie
/-^Iv droite.
^' L'orifice de communication
'• ,;:, est parfois très petit, laissant
à [leine passer un stylet ; d'autres fois il est long et de forme variable, ovalaire, sc- T^ nii-lunaire ou fissurai.
L'iiiiperf<iralion de l'œsophage se traduit par deux grands symptômes : les vomi ssemeul s et les accès de sulfoialion. L'enfant prend le sein sans difficulté et tette ; mais au bout d'un instant il se congestionne, abandonne brusquement le sein et vomit le lait qu'il vient de prendre.
Fait particulier, le lait vomi n'est pas caillé ; son vomissement est précédé et suivi il'une émission de mousses unsfiluée par les mucosités I rachéo-bronchiques. Exceptionnellement on a constaté des vomissements de matières muqueuses ou glaireuses accompagnées de dyspnée et résultant du rejet à travers la trachée du contenu slomacal dans des cas où le bout inférieur s'ouvrait largement dans les voies aériennes.
La mort survient rapidement, par inanition, du [iremier au huitième jour.
Le diagnostic est facile pour peu que l'on y songe ; ilj suffit de faire le cathétérisme avec une bougie urétrale.
Le seul traitement est la gaslrostomie qui permettra l'alimenlalion et qui de plus mcllra le chirurgien à même de se rendre un compte exact de l'état des parties, en complétant les données du cathétérisme buccal par celles d'un cathétérisme rétrograde. Nous n'en connaissons (ju'une observation due à un chirurgien anglais, Sleel, et malheureusement suivie de mort(').
JKilf"
ni.ilim, ,1, l,,s„,,hanu. (IViier.)
Le bout supérieur se termine en cul-de-soc. — Le bout inférieur s'abouche dans la trachée, si bien qu'une sonde, pour pénétrer dans Testomac, doit traverser le larynx.
(') Steel, Lnncel, '20 octobre 1888.