MOYENS D'EXPLORATION DU LARYNX ET DE LA TRACHÉE
Uinsportion cxtrrieure par la vue cl le palpur du cou peuvent r('nscifj;'ner le chirurgien sur les déviations, les dérormatious et le degré de mobilité du conduit laryngo-trachéal. LUtusnillation pratiquée sur le larynx, à l'aide du stéthoscope fournit dans quelques cas (corps étrangers, polypes, etc.), des données utiles au diagnostic; de même le toucher inlra-luripvjien, dans de rares circonstances, permet de reconnaître des lésions de l'oritice supérieur du larynx; mais tous ces modes d'examen ne sont que secondaires et c'est l'examen direct de la cavité du larynx par la larijngo>ic(ipie. qui a permis de réaliser, en une période d'années relativement courte, d'immenses progrès dans l'étude des maladies de cet organe.
C'est en 1858 que Tiirk et Czermak ont imaginé et décrit des moyens pratiques pour arriver à voir l'intérieur du larynx sur le vivant. Jusqu'à ces deux médecins autrichiens, bien des essais infructueu.x avaient été tentés, mais aucune de ces tentatives n'avait donné de résultats suffisants pour encourager leurs auteurs et convaincre les médecins. Levret, en 1745, pensait déjà à éclairer la cavité laryngée pour diagnostiquer siirement les tumeurs et les extirper par les voies naturelles; mais ses recherches isolées n'eurent aucun écho; pas plus d'ailleurs que celles de Bozzini (Francfort, 1825), de Cagniard de la Tour (1825), de Babington (1829). Il faut arriver à Garcia, professeur de chant (1855), pour trouver des résultats pratiques; malheureusement Garcia n'était pas médecin et par cela même ses travaux perdirent le crédit (jue méritait sa perspicacité.
[H HARTMANN
'^ MALADIKS nu I.AHVNX ET DE l.A TliACII^ÉI-
Kii 1S;>7, Tùrk invonlii m iiidos plus a|i|iroron(l
roirs loi-yngoscopiiiucs erses fnriues.
loiivt'aii niiriiir au iiioycii (huiucl (l/.rrniak fil des cl rrôa d'un seul coup loulc la leclini(|ue laryngoscopique telle (pTelle exisie aujourd'hui. Les belles planches du li\ rc de Tùrk monlrent que cet auteur ol)ser\a hcaucoup et bien, et il y a ]ieu de choses à ajouler à bon nombre de ses descriptions.
En tout cas, l'essor était donné; les faits iiouveaux passionnèrent quelques médecins et chacun d'eux imagina de nouveaux appareils d'éclairage qui furent proclamés les meilleurs par leurs auteurs (Tobold, 1860; Servin, 1865; Moura, 1864; Fauvcl, 1865; Mackenzie, i865). Tous avaient leurs avantages et leurs inconvénients, tous ils procédaient des méthodes de Tiirk et Czermak et n'étaient que de.s modifications jihis (Ml moins ingénieuses de leurs appareils.
Nous n'entrerons pas dans leurs détails, renvoyant pour cela aux traités spéciaux et nous contentant ici de décrire le plus simple à employer.
Pour voir dans l'intérieur d'un larynx, il ; le pharynx cl une soiircc Itunineuse
porter le miroir.
l'aiiL un pelit miroir facile à iniroduiri suffisante.
Le miroir laryngien, celui de Tiirk, est composé d'un pelit miroir rond serti dans une capsule mé- p^^
tallique et soudé suivant un angle d'environ 1 10 à 120'degés sur une lige de laiton fixée elle-même à un manche ou poignée facile à tenir entre les doigts. Il y a des miroirs de dilTérenls
diamètres suivant les cas; il faut en avoir au moins trois, variant de 1 cenlimètre à 2 centimètres de diamètre.
Les plus grands sont nécessairement ceux avec lesquels on voit le mieux, aussi est-ce d'abord ceux-là qu'on essaye.
Le choix de la source lumineuse est ce qui a le plus divisé les médecins et ce qui a donné le plus libre jeu à leur imagination. On peut employer pour (■•(•lairer le fond de la gorge soit' la lumière directe (laryngoscope de Fauvel, appareil à lumière oxhydrique de Molteni), soit la lumière réfléchie par un miroir porté par l'observateur (miroir Kramer, lunettes, etc., etc). Nous con-
l-iG. 111. — Biiniicau frontal.
dental de Czermak l)andeau frontal d<