‹ Traité de chirurgie publié sous la direction de Simon Duplay [et] Paul Reclus (volume 5)Chapitre 176 sur 250 · TUMEURS SOLIDES · texte numérisé non relu

TUMEURS SOLIDES

La plupart îles tumeurs solitlcs du cou ont déjà été décrites, tumeurs du corps thyroïde, de la glande sous-maxillaire, des ganglions, etc. Nous ne parlerons pas des tumeurs de la peau, kystes sébacés, molluscums, nrevi, etc., qui ne présentent aucun caractère particulier. Il ne nous reste donc à étudier que quelques tumeurs pouvant se développer dans les couches celluleuses ou aux dépens du squelette de la région.

A. Lipomes. — Les lipomes ne sont pas rares au cou. Ils sont superficiels ou profonds. Superficiels, ils peuvent siéger partout : région sus-hyoïdienne, région sus-claviculaire; mais la nuque est pour eux un siège d'élection. Les frottements répétés, la pression habituelle de lourds fardeaux paraissent ici comme dans les autres régions jouer un rôle important dans leur développement. Verneuil (') a signalé la fréquence des lipomes de la nuque chez les porteurs des halles ; Lardier(*) a vu souvent des lipomes du creux susclaviculaire chez les meuniers qui portent sur l'épaule leurs sacs de farine.

Les lipomes profonds ont été observés au voisinage des gros vaisseaux ( Michaux (^), Nélaton (*)), à la région carotidienne ou au creux sus-claviculaire, ou dans le tissu cellulaire péri-pharyngien (Taylorj(").

Il existe enfin des lipomes congénitaux diffus, parfois adhérents au périoste des os de la région.

Quelles que soient leur origine et leur profondeur, les lipomes du cou peuvent acquérir des proportions considérables, et à mesure qu'ils se développent, leur forme se modifie; tantôt la tumeur, bien limitée, tend à se pédiculiser en grossissant, tantôt, largement étalée, elle arrive à retomber comme une pèlerine sur le dos, sur la poitrine, ou même sur toute la circonférence du thorax.

FiG. U7. — Lipome pédicule.

(D'après Littlewood.)

(') Verneuil, Ttièse de Leclerc, 1883.

(-) Lardier, Revue médic. de l'Est, 1884 (cité par Ouénu, Traité de chir., t. I, p. 434).

(') MiciiAu.x (de Louvain), Bull, de la Stic, de chir., t. III, p. 563.

(*) Nélaton, Journal de méd. et de rliir. pral., juin 1859 (cité par GiIlette, loc. cit., p. 338).

(") Taylor, Med. Times and Gaz., 1876, vol. II, p. 610.

TRAITÉ DE CHIRURGIE, 2' édit. — V.

[C WALTHER

TUMEURS

(iillcllc(') a rassfiiilili- un ccrlaiii nombre il'observalions de ces liponicH dont (in('l(|ucs-uns alleignaicnl le poids de 29 livres.

Les lipomes penvenl être dllFus ou encapsulés, dislinclion imiioilanle ])our

rinlervcnlion cliii iii'i

ak

Les lipomes dilTus s'observent surtout à la nuque et gagnent peu à peu les parties voisines, , jusqu'à faire tout le tour du cou. Bryck {'), Oldmann (') ont rapporté de beaux exem- ])les de ces lipomes dill'us envahissant tout le cou.

Ces tumeurs sont souvent symétriques ^ et, depuis quelques années, on tend à leur

donner une oiùgine névropathique. Israël cl Kiister l'ont soutenu au 59'^ Congrès des médecins et naturalistes allemands, à propos d'une communication de Madelung (*).

Certains faits semblenl plaider en laveur j I de cette théorie (^).

L'extirpation est le seul Irailement des lipomes du cou. L'ablation des lipomes (liU'us présente q\ielquefois de grandes difficultés, déjà signalées par Lisfranc ("); ces tumeurs ne peuvent être enlevées que par une dissection laborieuse et en les morcelant progressivement.

Les contre-indications à l'opération sont tirées de l'âge et de l'état général du sujet, en môme temps que des connexions profondes que peut affecter la tumeur-

Pseudo-lipomes siis-claviculaires. — Verneuil a attiré, depuis 1879, l'attention sur ces tumeurs, observées le plus souvent chez les femmes à partir de quarante ans et dont le développement parait lié à l'arthritisme et au diabète. Ces masses graisseuses, diffuses, font saillie entre le sterno-mastoïdien et le trapèze, déterminent parfois quelque compression sur les branches du plexus brachial ou sur les vaisseaux et peuvent, comme l'a indiqué Potain, se prolonger jusque dans le médiastin. Les accidents de compression seuls peuvent, dans quelques cas exceptionnels, nécessiter une intervention chirurgicale Ç).

FiG. lis. — Lipome énorme du co (D'après Jeannel.)

(') GtLLETTE, loro ritato, p. 558 et suivantes.

(-) Brvck, Arch. fiir kliii. Chir., 1874, t. .WII, fc. iv, p. .')48.

(^) Oldmann, Lancet, 51 mai 1875, t. I, p. 708.

(■') Madelung, Lipomes diffus du cou. 59* Congrès des médecins et naturalisles allemands. Cenlralblalt fiir CInrurgie, 1886, n" 44.

(^) Mac Cormac, Quatre ras de lipomes symétriques de la nuque. St-Thoma's hosp. report, 1885. vol. XIII, p. 287. — Mathieu, Lipomes symétriques d'origine névropathique. Gazette des hôpitaux, 8 juillet 1890.

('') Lisfranc, Gazette des hôpitaux, 14 sept. 18i't.

C) Verneuil, Du pseudo-lipome sus-claviculaire. Gazette liebdum., 1879, p. 74.^), et 1882, p. 702 et 782. — S. Gamgee, Lipome sus-claviculaire. Lancet, 1880, vol. 1. p. 127. — Potain, Œdème rhumatismal et pseudo-lipome sus-claviculaire. Acad. de niéd., séance du 17 oct. 1882, et Gaz. heUlom., 1882, p. 681 et 687. — L.-H. Petit, Ibid. Gaz. hebdom., 1885, p. 4, 57 et 856, et 1884, p. 55. — Laffon, Lipome de la région sus-claviculaire. Journal de méd. de Bordeaux, 25 août 1885. — Dieu, Du pseudo-lipome. Thèse de doct. de Paris, 1885. — Liégeois, Histoire d'un malade atteint de pseudo-lipome. Gaz. Iiebdom., 1886, p. 651. — PoussoN, Pseudo-lipome susclaviculaire. Journal de méd. de Bordeaux, 16 oct. 1887. — Albertin, Du pseudo-lipome du

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