II. — KYSTES ACQUIS
II n'est question ici d'aucune des tumeurs kystiques qui se développent dans les glandes salivaires, le corps thyroïde, etc.
L'élude plus complète des kystes congénitaux enlève chaque jour quelque élément au chapitre des kystes acquis. La plupart des kystes observés même à l'âge adulte ne paraissent être que des kystes d'origine congénitale à évolution plus ou moins retardée.
Il en est ainsi des kystes multiloculaires quelquefois observés chez l'adulte. Nombre de kystes séreux simples, uniloculaires {hydrocèles du cou), doivent aussi être rattachés à la même origine. Ces kystes siégeant sur les parties latérales du cou, au voisinage des gros vaisseaux, possédant un revêtement épithélial, semblent résulter de l'évolution de débris épithéliaux profonds.
Quant aux ky!<tes sanguins [hématocèles du cou), leur origine est plus obscure. Quelques-uns ont semblé succédera l'enkystement d'un hématome traumatique; d'autres ne sont que des sarcomes avec prédominance d'une poche kystique qui forme à elle seule presque toute la tumeur, dont on ne retrouve les caractères qu'en certains points de la paroi.
Certains kystes sanguins résultent manifestement d'hémorragies dans la cavité de kystes congénitaux. Enfin, nous étudierons plus loin avec les angiomes toute une série de tumeurs sanguines qui ont une communication plus ou moins évidente avec les grosses veines du cou.
(') Buffet (d'EIbeuf), Kyste congénital du cou, extirpation complète, (jucrison. Rapport par Wallher. Soc. de chir., décembre 1897.
(^J Mauny, Kyste conyénital du cou, extirpation, guérison. Congrès français de chir., 1897.
('■) Verchère, Contribution à l'étude du traitement des kystes du cou, à propos d'un kyste séreux congénital chez un enfant d'un an, occupant le cou et le médiastin antérieur. Ablation partielle. Guérison. Rapport par Wallher. Bull, de la Soc. de chir., 1896, p. 711.
(') Kirmisson, Ibidem. Discussion, p. 716.
KYSTES IIYriATlOUES. GÔO
Richard (') cl Muron (-) ont signalé tles kystes développcrt dans lc>i ycoig lions lijinphutiqnes. Celle origine, fort conleslée par bcaiieoiip d'auleurs, semble bien nette dans le cas de Muron.
Les kystes développés dans les bourses séreuses, Itygromas du cou, ont été surtout décrits à la région sous-hyoïdienne, soit en avant du cartilage thyroïde (Duplay), hygroma prélhyroïdien, soit au niveau de l'espace thyro-hyoïdien (Boyer, Malgaignc). Ces kystes se présentent sous l'aspect d'une tumeur médiane, située au-dessous de la base de l'os kyoïde, d'ordinaire peu volumineuse, ne dépassant guère les dimensions d'une petite noix, tumeur arrondie, lisse, tendue et fluctuante, suivant exactement les mouvements du larynx. Le kyste, longtemps indolent, peut s'enflammer et suppurer.
L'incision, pratiquée avant toute poussée inilammatoire, donne issue à un liquide transparent, visqueux, muqueux. « La nature de ce liquide, dit Duplay (^), peut faire soupçonner qu'il ne provient pas d'une séreuse, mais d'une cavité kystique tapissée par une membrane muqueuse, et par conséquent que ces kystes pourraient bien être encore d'origine branchiale. » De plus, introduit dans cette cavité, le stylet s'enfonce profondément derrière l'os hyoïde, jusque vers la base de l'épiglotte. Ces deux caractères avaient conduit Nélaton à placer le siège de ces kystes, non pas dans la bourse thyro-hyoïdienne, mais dans les follicules sous-nnu[ueux placés entre la membrane thyro-hyoïdienne et l'épiglotte.
Sans nier la possibilité de l'existence d'hygromas thyro-hyoïdiens, nous savons aujourd'hui que la plupart des kystes de cette région ne sont que des kystes d'origine branchiale, des kystes mucoïdes (voy. Kystes braurldaiix).