III. — KYSTES HYDATIQUES
Ces kystes sont rares, Riedel (') en a réuni lo cas. Vieusse a rapporté à la Société de chirurgie, en 1885, une observation de kyste hydatique de la région parotidienne, mais il s'agissait d'un kyste hydatique développé dans la glande elle-même ; nous n'avons donc pas à nous en occuper ici, non plus que de ceux qu'on a observés dans le corps thyroïde. Nous avons eu nous-même en 1890 l'occasion d'observer un kyste hydatique du creux sus-claviculaire (^). Depuis Gliterbrock a réuni 26 cas de kystes hydatiques de la région cervicale (').
(') RiciiAiiD, Note sur la dissection d'un hijdrocéle du rou. Hull. et mém. de l<t Soc. de cliir., l. III, p. .38.
(■) Muron, Comptes rendtis de la Soc de hinl., h' série, t. II, p. 1 W.
(') Duplay, Patliologie externe, t. V, p. Ih6.
{«) KoENiG et Riedel, Deulsclte CInr., 1882, fasc. ."fi. ji. Ui.
(^) II s'agit d'un malade admis à rHôtel-Dieu, dans le sprviro de notre maître, le professeur Tillaux. La tumeur, soulevant le slerno-mastoïdien gauche, faisait saillie dans le creux sus-claviculaiie et se présentait avec tous les caractères d'une poche tiès tendue, mais manifestement fluctuante. Douleurs très vives spontanées au niveau même de la tumeur avec irradiations dans le bras. Compression de l'artère sous-clavière; absence de pulsations dans la radiale et l'humérale. M. Tillaux pratiqua une ponction exploratrice qui donna issue à un liquide « eau de roche ■■. La poche fut alors complètement vidée. Immédiatement les phénomènes douloureux disparurent, mais l'absence de pouls radial et de pouls humerai persistant encore trois jours après la ponction permit d'affirmer l'oblitération de l'artère sous-clavière.
C) CiLTERunocK, Kystes hydatiques du cou. Ardi. fiir KHn. Cliir. \LV, p. 4.
[C WALTHERi
Ces kysics se (lével<i|i|>cnl le plus souvent au voisinage des gros vaisseaux, sous le sterno-masloïdieu; la tumeur, on grossissant, envahit le creux sus-claviculaire et peut prendre une forme bilobée; souvent elle comprime les vaisseaux et les nerfs. Dixon a observé Toblitération de la sous-claviôre ; elle existait également chez le malade de Tillaux, car le pouls radial n'a pas reparu après l'évacuation de la poche. Dixon a aussi noté l'usure des vertèbres par la tumeur, Cloquet la subluxalion de la clavicule.
La tumeur est, d'ordinaire, arrondie ou ovoïde, régulière, rénilenle, fluctuante, parfois transparente; il est exceplionnel de constater le frémissement hydatique.
Les signes fonclionnels sont entièrement fournis par les accidents de compression, engourdissements, fourmillements, douleurs plus ou moins intenses, irradiées du creux sus-claviculaire au bras correspondant ; enfin diminution ou disparition du pouls radial.
Le diagnostic est parfois impossible et la ponction exploratrice permet seule, en pareil cas, de distinguer le kyste hydatique d'un kyste séreux simple d'un abcès froid, ou môme d'un lipome ou d'un sarcome.
Le pronostic est d'ordinaire bénin. Cependant une érosion artérielle a pu entraîner la mort par hémorragie (Kôrte).
Le traitement comprend 5 méthotics : 1" simple ponction avec ou sans injection; 2" extirpation de la poche; 5" incision large et drainage ou tamponnement.
La ponction exploratrice doit être en même temps évacuatrice, et si la tumeur ne se reproduit, l'incision large avec drainage ou tamponnement nous semble préférable à l'extirpation à cause des adhérences profondes de la poche.