‹ Traité de chirurgie publié sous la direction de Simon Duplay [et] Paul Reclus (volume 5)Chapitre 182 sur 250 · TUMEURS SANGUINES. — ANGIOMES, KYSTES SANGUINS · texte numérisé non relu

TUMEURS SANGUINES. — ANGIOMES, KYSTES SANGUINS

Les angiomes superficiels ne présentent au cou rien de particulier.

Les anf/iomes profonds caverneux sont au contraire variables dans leur forme et leur disposition.

Enfin on a confondu sous le nom de ki/stes sanguins des tumeurs fort différentes ('); les unes sont uniquement constituées par un kyste séreux qu'une communication secondaire avec les vaisseaux sanguins a rempli de sang; les autres doivent être rattachées aux angiomes.

Nous avons déjà dit qu'un angiome profond peut coïncider, peut se mélanger, pour ainsi dire, avec un kyste séreux mulliloculaire (Liïcke(^), Virchow("'), Volkmann ('•)). Nous n'avons pas à insister ici sur cette variété qui n'olïre d'intérêt que pour la pathogénie des kystes séreux.

Les cas assez nombreux de kystes séreux à contenu hématique ne nous arrêteront pas non plus.

Les tumeurs sanguines proprement dites présentent elles-mêmes plusieurs

(') Lannelongue et Ménard, Affections congénitales. Paris, 1891, vol. I, p. 648. {*) LÛCKE, Virchow's Archiv, t. XXXIII, p. 536. (') ViRCHOw, Traité des tumeurs, t. IV, p. 76.

(*) Volkmann, Kystes sanç/uins et angiomes caverneux. Archic. fiir ktin. Chir., 1875, vol. XV. fasc, 3, p. 568.

KYSTES SANGUINS. Oil

lypes plus ou moins nottemoiil sf-parés. Kilos oui oU-, il y a quelijucs aniircs, l'objet de travaux nombreux (').

Tantôt elles sont formées par une seule veine volumineuse souvrant direetement dans la jugulaire (Després). Tantôt c'est une poche unique, plus on moins développée, commuinquant avec la veine par une série d'orifices. Tantôt ces orifices de la jugulaire interne donnent accès dans une poche caverneuse, entourée d'une zone plus ou moins larfje d'autres cavités d'angiome (Gastex).

« Le cou est, à ce point de vue, un siège tout spécial, où l'on rencontre beaucoup plus souvent qu'ailleurs des dilatations veineuses ampullaires, formant de vérilaliles <-avilés au milieu <l un lissu éreelile à espaces étroits » (Lannelongue et Ménavd).

Enfin, dans quelques cas, des kystes sanguins complètement isolés et clos ont été trouvés sur le trajet des grosses veines absentes (Hueter, Koch), faits qui ont été attribués à une malformation contemporaine de l'apparition des vaisseaux chez l'embryon. A la place des veines se seraient formés des espaces lacunaires participant au développement ultérieur des sujets.

Toutes les autres variétés que nous avons citées doivent être rapportées soit à des angiomes développés dans les parois mêmes de la jugulaire (Virchow), soit à des malformations, des dilatations veineuses, à des varices de la jugulaire.

Quoi qu'il en soit des intcrprélalions d'une palhogénie fort obscure, les dispositions anatomiques que nous avons signalées sont seules importantes à connaître pour le diagnostic et les indications thérapeutiques.

Les caractères cliniques sont ceux des angiomes caverneux profonds, mais, un caractère important, la brusque et complète réductibilité, témoigne, dans certains cas, d'une large comuiunicalion avec une grosse veine, la jugulaire le plus souvent.

Leur volume est souvent très considérable. Certaines de ces tumeurs occupent toute la hauteur du cou, depuis l'apophyse mastoïde jusqu'à la clavicule. Elles emmagasinent une telle masse de sang qu'on a pu voir une syncope se produire lorsqu'elles sont distendues sous l'influence d'une forte expiration (Peyrot).

Elles apparaissent à tout âge; on li>s renr(jntre parfois au moment de la naissance. Plus souvent elles se manifestent au cours des premières années ou même beaucoup plus tard vers l'âge de vingt ou trente ans.

Le traitement des tumeurs sanguines doit être absolument dilïérent suivant les cas.

Les angiomes superficiels cutanés sont justiciables des procédés d'ordinaire employés pour toules les tumeurs érectiles.

(') llricTEi!, Kijslc xaiiguia de tu i-érjioti. lali-rule du cmi. SixitMiic Congrès (1ns rliinirgiens allemands. licvl. Iclin. Wocli., 1877, ir j'i, p. iWi. — Kocii, Arcliiv fiir l;liii. Cliir.. \i>\. XX, p. 651. — GuNTHER, Deutsclie Zeit. fiir Cliir., 1877, t. VIII, p. 445. — Reclus. Angiome caverneux fommutiiquant direcler.ienl avec la jugulaire interne. Happorl de Farahouf. Société de chir. Paris, 5 mai 1882, et Clinique et critique ctnrurg. Paris, 1884, p. 290. — Pesprés. Ibidem, 7, mai 1882. — Gastex, in Reclus, Clinique et critique rliirurgicates. p. .JO".. — J. ^^'0LI•, Kyste sanguin du cou communiquant avec la jugulaire. Berl. Iclin. Wocit.. lX8i. n" l. p. 01). — Gluck. Ki/ste sanguin de ta région latérale du cou. Bcrl. Iclin. Wocli., 1885, n» 52, p. 8155. — Otto WiJLKKR et FÉLIX Franke, Trois cas d'affections de la région latérale du cou. Deutsclie Zeit. fiir Chic, 1888, t. XXVIII, fasc. i et 5, p. 411. — Mever, Des kystes sanguins du cou. Thèse de doct. do Wiii-tzbonrs;, 1880.

rriviTi': de ciiinURfilE, 2' édil. — \'. 41

[O. WALTHEI^I

Les kystes liénialiiiiies bien développés, à cavilé close, oui pu èlre traités avec succès par les ponctions et même les injections.

Mais (lès que la réductiljilité permet de croire à une «•nniniunicalion vasculairc, la seule intervention possible, en cas d'indication, est l'extirpation.

Hueter a bien réglé la technique de l'opération. Il conseille de mettre à nu la tumeur, de la disséquer soigneusement jusqu'à ses connexions avec les grosses veines, la jugulaire d'ordinaire; de placer alors une série de ligatures en chaîne sur la portion de la poche adhérente à la veine et de réséquer la lumeur. Celte opération a donné de bons résultats et (jliick rapporte six cas dans lesquels elle a été faite avec succès.

Lannelongue a aussi extirpé un angiome à grande cavité kyslique de la r('-gion sus-hyoïdienne, avec un résultat favorable.

L'intervention est donc très légitime et doit être |)rali(juée dans les cas où la tumeur tend à augmenter de volume cl provoque des Irouldes circulatoires sérieux.

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