‹ Traité de chirurgie publié sous la direction de Simon Duplay [et] Paul Reclus (volume 5)Chapitre 196 sur 250 · PLAIES DE LA POITUIM · texte numérisé non relu

PLAIES DE LA POITUIM

réiluit spoalaïK^mcnl à linspinilion suivante, L, licmic csl iiuVonnuc, ou plulùl elle n'existe point. Il est probable que l'air chasse «v^c force dans le poumon hernie au moment d'un effort, a de la peine à revenir à caixc,. d^ JVHroitessc et peut-être du resserrement des bords de la ]daie. Il faudrait, poui «"nvoyer cet air dans la poitrine, exercer sur la tumeur une compression plus ou moiii., vigoureuse. Dans les premiers moments, la chose est facile, et sous la pression des doigts la petite masse spongieuse se vide aisément de l'air qu'elle contient. Une fois diminuée de volume, elle rentre sans peine dans la poitrine. Mais si elle a été abandonnée quelque temps au dehors, sous l'influence de la compression exercée par les bords de l'ouverture, elle se congestionne, s'œdématie et devient irréductible. Des adhérences s'établissent liientôt au pourtour de la plaie entre la plèvre pariétale et celle qui revèl la partie heruiée. L"irré(luctibilit('', temporaire d'abord, devient définitive.

Le volume de la hernie traumalique du poumon est très variable. On l'a vu dépasser à peine celui d'une noisette; mais ordinairement il est plus considérable. Tulpius note pour le cas qu'il a observé une longueur de trois travers de doigt, et des tumeurs de 10, 12 et IT» centimètres de circonférence ne sont pas rares.

Au moment de l'accident, le poumon hernie présente tous les caractères du poumon normal : coloration, état lisse de la surface, souplesse, etc. Il est sonore à la percussion, et la pression des doigts produit une crépitation fine comme celle de l'emphysème sous-cutané. Dans quelques cas, les mouvements respiratoires y déterminent des alternatives d'ampliation et de diminution très nettes. Lorsque l'étranglement dure depuis un certain temps, la tumeur subit des changements notables. Tout d'abord, la congestion la rend livide, l'œdème la gonfle et la durcit, puis les modifications qui se passent au niveau du pédicule mettant définitivement obstacle à la circulation de l'air et du sang dans les canaux bronchiques et sanguins qui unissent le poumon à la partie herniée, celle-ci se flétrit, se dessèche et prend l'aspect d'un fragment de tissu cellulaire sphacélé. Pendant un certain temps encore, il est possible de voir revivre ces parties mortifiées en apparence; mais bientôt des altérations plus profondes se produisent et un véritable travail de gangrène amène leur séparation. Si la portion herniée contient une bronche d'un certain calibre, on peut voir survenir à la suite de cette mortification une fistule pulmonaire ou fistule aérienne (Kœnig).

Dans un cas de Larrey, peut-être unique, on a vu. après la cicatrisation du poumon sphacélé, se produire lentement une hernie secondaire au niveau du point blessé. Ordinairement le thorax reste fermé par une cicatrice solide au niveau de laquelle paroi et poumon sont intimement unis, ainsi que Tulpius eut l'occasion de le voir chez son blessé en pratiquant son autopsie six ans après l'accident.

Dans les plaies qui nous occupent ici, Vlirinurragic est, par définition pour ainsi dire, le résultat de la section dune artère pariétale, puisque nous supposons que le poumon n'est pas atteint. Elle peut être considérable et mettre la vie du blessé en danger par sa continuité. Elle n'est jamais foudroyante comme certaines hémorragies dues à l'ouverture des gros vaisseaux pulmonaires. Quelle que soit l'artère ouverte, le sang s'écoule en partie au dehors, en partie dans la cavité pleurale. Chaque mouvement respiratoire produit à l'inspiration une sorte de succion en vertu de la(]uelle le sang est introduit dans la plèvre

avec l'air oxtérieur pour être cliassé avec lui au moment de l'expiralioii. Lorsque le malade respire fort, ([u'il tousse, qu'il parle, celte bouche thoracique lance des jets de sang mélangé d'air qui se brisent et érlaboussent le voisinage du blessé. Ce phénomène se produit aussi dans le cas où le sang introduit dans la plèvre provient non plus d'une artère pariétale, mais d'une branche pulmonaire, et c'est un problème parfois assez délicat à résoudre que de découvrir la source de ces hémorragies. Nous reviendrons bientôt sur ce point, h'hémo- Uwrax^ dans les faits que nous considérons, ne se produit qu'à la suite de l'intervention du chirurgien ou des assistants, lorsqu'on a essayé d'obturer la plaie par la suture ou autrement. Dans ce cas, la peau étant supposée réunie seule, une artère intercostale, la mammaire interne, ou même un vaisseau superficiel comme la thoracique longue, la scapulaire inférieure, etc., peuvent fournir une hémorragie qui se fera exclusivement d\\ cùlé de la cavité pleurale.

B. — PLAIES QUI INTliRESSENT LE POUMON

Les phénomènes observés à la suite de ces blessures nous olfrent nécessairement une combinaison des accidents dus à la lésion des parois et à celle de l'organe lui-même. Ils sont un peu différents, selon qu'on a affaire : «, à des blessures étroites; /», à des blessures larges; c. à des blessures par armes à feu.

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