CIIAIMTRK 1I[ FRACTURES ET LUXATIONS DU STERNUM ET DES COTES
Le sternum est composé de trois pièces reliées par des articulations qui varient, suivant Fâge et les sujets, du type amphiarthro-diarthrose jusqu'au type synchondrose en passant par l'amphiarthrose pure. Physiologiquement, cet ensemble se comporte comme s'il constituait un os unique. Aussi les chirurgiens, le considérant comme tel, ont-ils méconnu assez longtemps les luxations. Aurran (de Rouen), en 1771, en avait publié une observation qui passa à peu près inaperçue. On ne décrivait que des fractures lorsque parut, en 1842, le Mémoire de Maisonneuve, qui traça le premier l'histoire des luxations. Malgaigne bientôt reprit cette étude avec 12 observations. La thèse de Raguet (Paris, 1880) porte à 25 les observations publiées.
Les fractures, de leur côté, étaient connues depuis longtemps. C.else les a signalées, et elles ont été décrites ensuite par Paul d'Égine, A. Paré,. I.-L. Petit, Sai)atier, pour ne citer que les princi]iaux auteurs. En 1862, Gurlt, qui en fit un historique complet, en réunit 75 cas. Sutherland, à Paris, en a fait le sujet de sa thèse inaugurale en 1887.
La distinction entre la fracture et la luxation des diverses pièces du sternum les unes sur les autres est devenue classique. La plupart des traités consacrent un article distinct à chacune de ces lésions. Peut-être est-on allé trop loin dans cette voie. Étant donné le peu de mobilité et l'imperfection des articulations sternates, on peut considérer au point de vue chirurgical la luxation comme une fracture avec déplacement, sans esquilles. A part cette notion anatomique d'une dislocation articulaire, tout est commun aux deux genres de lésion : étiologie, mécanisme, symptômes, traitement. Nous les décrirons ensemble pour éviter des répétitions inutiles.