‹ Traité de chirurgie publié sous la direction de Simon Duplay [et] Paul Reclus (volume 5)Chapitre 209 sur 250 · CHAPITRE PREMIER PHLEGMON DIFFUS DES PAROIS THORACIQUES · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER PHLEGMON DIFFUS DES PAROIS THORACIQUES

Quoique l'infection dilî'use du tissu cellulaire des parois thoraciques ait depuis longtemps frappé les observateurs, elle n'a jamais fait l'objet de descriptions classiques étendues. C'est que, il faut en convenir, elle ne prèle pas à de longs développements. Elle parait se produire dans les mêmes conditions que le phlegmon ditfus des membres ; elle se comporte comme ces derniers, avec cette particularité peut-être que son pronostic est encore plus sérieux.

On pourra consulter à son sujet trois thèses de la Faculté de médecine de Paris, celles de MM. Demartial ('), Serez(2) et Pénot(=).

Le phlegmon dilTus de la paroi Ihoracique est, dans l'immense majorité des cas, un phlegmon unilatéral. Les observateurs notent qu'au milieu d'une fièvre intense, d'un état adynamique plus ou moins marqué qui souvent a fait méconnaître pendant un temps la lésion locale et croire par exemple à la fièvre typhoïde, une tuméfaction se développe sur la partie latérale de la poitrine.

(') Contribution à l'étude des abcès des parois latérales du thorax, 1875.

(*) Quelques considérations sur trois cas de phlegmon diffus des parois du thorax, 1875.

{') Contribution à l'étude du phlegmon diffus de la paroi thoracviue latérale, 1882.

IJ.J. PZYROT ]

T2(i l'III.EdMONS nil'FUS r>ES l'MiOIS TIlOIiACIOL KS.

Cesl iiii omiiàlcniciil dilTiis [iliilùl (lu'uii f^oiitlcnioiil infliiinmaloirc. Il s'cloiifl delà base de l'aisselle à la base ihi thorax; mais il dépasse souvent ees limites, soit en haut, soit en bas, gagnant par exemple répaul(\ ou la partie latérale correspondante de l'abdomen.

Quelquefois, ainsi qu'on le voit en pratiquant les incisions nécessaii-es au traitement, le tissu cellulaire sous-cutané est envahi seul; mais souvent le tissu cellulaire profond sous aponévrotique int(M-musculaire est |)ris en mi'me temps.

L'étiologie tle ce phlegmon dilTus compoile, comme celle du plih^gmon diU'us en général, deux termes ; une; cause prédisposante que nous pouvons caractériser en disant qu'elle prépare le terrain dans lequel évoluera d'une façon désastreuse l'agent infectieux, et une cause locale qui civera la porte d'entrée nécessaire à l'introduction de cet agent.

Les causes prédisposantes n'ont rien de s|iécial. C'est toujours la misère, les mauvaises conditions hygiéniques, les fatigues excessives qu'on peut invoquer. Quelquefois ces conditions manquent absolument.

Localement, quoi qu'en dise Pénot, il est infiniment luoliable ipir le point de départ de l'infection est ordinairement dans l'aisselle. A la vérité, cette région est souvent peu ou point tuméfiée ; mais l'objection a peu d'importance. Il est clair qu'ici l'agent infectieux est doué d'une virulence telle que tout travail de défense de la part du tissu cellulaire est presque impossible. Il peut donc envahir les ganglions axillaires, les traverser et se répandre au loin sans qu'au niveau du point d'entrée nous retrouvions des traces grossières de son passage. Dans quelques cas, d'ailleurs, la participation de la chaîne ganglionnaire est bien évidente. Une observation de Pénot nous fait voir des traînées purulentes le long des vaisseaux remontant jusque dans la région cervicale; une autre de Serez montre le tissu cellulaire de l'aisselle mortifié. Dans un fait que j'ai observé moi-même il existait des lésions des doigts qui avaient pu être le point de départ de l'affection. Mais il ne faut pas s'étonner que cet antécédent si habituel dans les phlegmons aigus du bras ou de l'aisselle manque dans cette infection du tissu cellulaire qu'on appelle improprement le phlegmon diffus ; son absence s'explique par la virulence extrême de l'agent infectant.

Le phlegmon dill'us de la poiti-inese tciinine. comme celui des autres régions, par la mortification el l'élimination des parties atteintes. Des portions de muscles sont quelquefois cnti-aînées avec le tissu cellulaire. Par voisinage la plèvre se prend parfois; des infections secondaires peuvent se produire du coté des viscères ; broncho-pneumonie, péricardite, néphrite, abcès articulaires, etc., c'est l'infection purulente. L'érysipèle peut continuer le phlegmon dilïus et se propager au loin. Il n'est pas étonnant qu'une atTection de cette nature amène souvent la mort. Sur 10 malades dont Pénot a rassemblé les observations. 6 sont morts, 2 ont guéri, 2 étaient en traitement au moment où l'on puljliait leur histoire. L'un d'eux a dû succomber. Plusieurs ont reçu des soins insuffisants ou ont été traités au moyen des cataplasmes. Il est pos.sible qu'un traitement mieux dirigé en eiit sauvé quelques-uns.

Le traitement doit avoir pour objectif la désinfection des jiarties envahies par l'agent morbide, la destruction de cet agent, la mise en état de défense du tissu cellulaire encore vivant. A ces indications correspondent : les larges inci sions étendues par exemple du sommet de l'aisselle à la base de la poilrine,

PHLEGMON SOUS-PLEURAL OU PERII'LEURITE. 727

appuyées, si c'est utile, d'autres incisions parallèles à l'ouverture fondamentale ; les lavages soigneusement faits avec l;i solution de sublimé ; les applications de teinture d'iode portées au moyen d'un pinceau dans lous les recoins qu'on peut découvrir: la cautérisation au moyen du fer rouge, qui paraît agir et par réchauffement du foyer malade et par l'excitation des propriétés utiles du tissu cellulaire avoisinant, comme la phagocytose par exemple. On se trouvera bien d'appliquer sur toute la surface malade des pansements humides fréquemment renouvelés, avec la solution de sublimé. On relèvera les forces el l'on nourrira le malade au moyen du vin et du lait. Ce dernier aura l'avantage de favoriser, avec la fonction urinaire. l'élimination des poisons absorbés par l'économie. On pourra aussi- recourir aux injections inlra-veineuses de sérum artificiel.

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